Marion Le Pen insultée : que font les féministes ?

Journaliste
 

Pour des caquètements, l’Assemblée a rugi de colère. Le député UMP transformé en gallinacé était soudain voué aux gémonies, c’était prétendument le retour de la beauferie à l’ancienne, du genre pastaga, grosses moustaches et marcel. La députée bobo lui a volé dans les plumes et fut accueillie la séance suivante en véritable Jean Mouline (du vent). On s’attendait donc, devant ce haut-le-cœur républicain, à une saine réaction, au moins du même acabit, quand Marion Maréchal-Le Pen fut gravement insultée. Les Femen, les Fourest, les féministes allaient-elle se mobiliser comme un seul homme ? Cela aurait été cohérent, non ?

En effet, le tweet de Jean Bourdeau est à peine digne d’une sortie de collège : « Marion Maréchal Le Pen est une #conne et une #salope ! »

On savait que la gauche n’avait plus aucun argument, qualifiant Marine Le Pen de « semi-démente » (Mélenchon) ou le FN de « national-fasciste » (Thierry Mandon). Mais avec Bourdeau, on lèche le fond de la cuvette…

Le sénateur socialiste Jean-Pierre Michel, pour qui Bourdeau travaille en tant qu’assistant, soutient pourtant son poulain : « Chacun est libre de #tweeter comme il veut, on peut espère (sic) que même le #FN comprend l’humour. »

Interrogé par Bourdin sur RMC, l’assistant parlementaire a beau jeu de se réclamer de l’esprit de Hara Kiri, le canard chlorhydrique des seventies. Quand on lui dit que Marion Le Pen va déposer plainte, après avoir écrit une lettre ouverte à Harlem Désir, le lourdeau répond à la Chirac : « Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. » Un homme de grande classe, décidément !

L’élégance française est peut-être inaccessible à certains… On se souvient de l’attitude pitoyable du goujat Jean-François Copé, qui n’avait pas daigné serrer la main de la benjamine de l’Assemblée, lors de la session inaugurale. Cela en disait long sur le personnage, mais ne nous étonnait pas, au final. Néanmoins, certains savent encore être dignes : pour Jean-Vincent Placé, le Vert qui se fait souvent traiter de « jaune », l’insulte envers le député FN « est inacceptable venant d’un républicain ». Jean-Louis Borloo a, quant à lui, affirmé son soutien à la jeune Marion.

De nos jours, insulter les Le Pen ou les électeurs du Front, cette répugnante populace, est désormais le meilleur moyen de se faire connaître. Pour tous les obscurs du système, les Sophia Aram, les Bourdeau et autres chroniqueurs éphémères, l’opération est sans risque, et assure invitations à gogo sur tous les plateaux. De quoi (tenter de) lancer une carrière. Parfois, l’insulte permet aussi de survivre, quand on est un has-been en phase de putréfaction, genre Guy Bedos, qui traite lui aussi de « salope » Nadine Morano.

Dans les années 1880, Jules Ferry se faisait traiter de « détritus » par la presse d’extrême gauche qui attendait « qu’une balle » lui règle son compte ! Mais à l’époque, on était entre hommes, et ça se terminait parfois dans un pré à six heures du matin.

Envie que vos amis découvrent cet article ?
Partagez-le !

Recevez gratuitement nos articles !


AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.