Présidentielles : vrais et faux candidats

Consultant
 

Imaginez-vous, un instant, dans un stade municipal un jour de fête. On vous annonce la finale du 400 mètres et, déjà, les deux champions se calent dans les starting-blocks. Coup de feu, c’est parti, nos deux sprinteurs jaillissent. Mais tandis que l’un fonce tout droit, l’autre – surprise – se rue sur un grand sac posé près de la piste, se jette dedans et continue la course… en sautant ! Grosse rigolade ; des plaisantins crient « remboursez ». L’organisateur de la rencontre se confond en excuses pour cette erreur de programme.  
 
Imaginez-vous, maintenant, devant votre télé en avril 2017, prêt à écouter les finalistes du deuxième tour des présidentielles. D’un côté Marine ; de l’autre, disons, LRPS. Vous pensez que les concurrents postulent pour le même poste, mais il n’en est rien. Incroyable mais vrai, Messieurs-Dames : à aucun moment de la campagne, ni maintenant ni jamais, ne sera précisé en quoi consiste le job de président, et la finale du tournoi va effectivement avoir lieu, alors que les deux adversaires ne postulent pas du tout pour le même poste !
 
LRPS, en effet, brigue un modeste poste de proconsul de l’Union européenne. Probablement énarque, il aura toutes les compétences requises – surtout s’il est chauve et bordelais – pour mettre en œuvre les directives de Bruxelles, expliquer au peuple les contraintes économiques générées par la monnaie commune, adapter l’industrie et le paysannat aux normes européennes, gérer les flux migratoires imposés par Schengen et concevoir des règles adaptées au corpus législatif européen.
 
Au contraire, Marine, souverainiste, postule pour un vrai poste de chef d’État. Elle veut récupérer les pouvoirs régaliens, le droit de battre monnaie, de contrôler les frontières, à la tête d’un peuple libre pouvant voter ses lois, sans possibilité d’être censuré par les instances européennes.
 
Course d’un côté, course en sac de l’autre ! Comment un tel malentendu est-il possible ? Parce que le titre n’a pas changé, alors que la fonction s’est rétrécie au rythme des avancées de l’Union européenne, selon un délitement programmé qui faisait dire à François Mitterrand : « Je suis le dernier président de la République. »
 
Le roi est nu !
 
La fraude sur la marchandise pourra-t-elle se perpétuer jusqu’en 2017 ? Certes, le groupe dirigeant tient à maintenir la confusion, trop conscient de ce que serait le choix des Français si on leur mettait le vrai marché en main. Mais il n’est pas certain qu’il y parvienne car les élections régionales, en confirmant la première place du FN, obligent maintenant les autres forces à s’unir, pas seulement au deuxième tour, en catastrophe, mais de façon systématique et préméditée.

Or, pendant ce long travail de « recomposition », le public ne se contentera pas forcément de l’hystérie « antifasciste » du « barrage républicain », très efficace électoralement pendant la durée d’un entre-deux-tours, mais trop déphasée de la réalité pour tenir 18 mois. En outre, les acteurs LR et PS pourraient se trouver dans l’obligation, vis-à-vis de leurs propres troupes, de préciser ce qui les rapproche, à savoir une adhésion profonde à une Europe fédérale, quel qu’en soit le prix à payer pour la « région » française.
 
Si le débat se recentre sur les vrais enjeux des présidentielles, si les électeurs réalisent qu’ils ont le choix entre un vrai Président et un inaugurateur de chrysanthèmes pour victimes du terrorisme, alors le candidat LRPS a du souci à se faire parce que tout le monde verra qu’il est nu.

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