Pas de souveraineté nationale sans souveraineté monétaire !

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Les économistes sont pires que les sociologues ; comme ces derniers, ils ne peuvent admettre que leurs dires ne sont qu’une description, partiale et parcellaire, d’un futur envisagé… sous l’angle de leurs lubies. Mais les sociologues gardent un avantage : il n’existe pas de thermomètre mesurant la globalité des pratiques sociales, alors que les instruments comptables démontrent sans cesse l’inanité de toute théorie économique appliquée a priori. Voltaire disait qu’il n’y avait rien de plus ridicule qu’un médecin mourant de maladie ; pourquoi donc, Messieurs les économistes, ne vit-on pas dans un monde uniformément et continûment prospère ?

L’âge de la retraite a sonné pour les idées thatchériennes et leurs thuriféraires ! L’auteur d’un article, récemment publié ici-même, ne voit pas que le monde dans lequel il administra ses certitudes n’est pas celui d’aujourd’hui, et encore moins celui de demain ; Léonid Brejnev (Леони́д Бре́жнев) faillit déclencher la Troisième Guerre mondiale par une cécité du même ordre.

Ainsi, le retour à l’Empire carolingien serait notre avenir, alors laissons faire les Allemands et transférons Bruxelles à Aix-la-Chapelle – pardon : Aachen – mais, toutefois, ignorons Verdun et traçons une frontière Nantes – Parme – Vilnius ; ainsi, ceux d’en haut (Herrenvolk oblige) pourront dominer tout à leur haine de la latinité civilisatrice. Au diable nos résistances, nos résurgences de 1870, 1914, 1939, 2001, et je vous fais grâce des siècles précédents pour ne pas vous infliger leur projet hanséatique et leurs rêves de chevaliers teutoniques. Bref, die große Europa comme avenir indépassable.

Et, pour nous vendre le machin, voilà qu’on s’appuie sur les peurs, les affirmations péremptoires, petites dissimulations et fortes menteries, tout comme un vulgaire papier des Échos ; le grand n’importe quoi macroniste, en somme… c’est la lutte finale ; libéraux-rentiers de tous pays, groupez-vous et, demain, la mondialisation tuera le genre humain.

Dévaluation du franc de 25 %, Ah bon ! Ce n’est pas 37,846 % tout de suite ? Curieux, ce chiffre symbolique d’un quart que l’on ne trouve dans aucune étude, pas même celles tentant d’empêcher tout débat sur le sujet ; vraie raison du résultat d’un opportun sondage, paru dans l’organe officiel de l’égoïsme de classe.

« Les retraités et les détenteurs de patrimoines financiers seront ruinés » : combien de retraités disposent d’un patrimoine financier ? Très peu. En vérité, il s’agit d’effrayer car les retraites seront identiques en francs ou en euros, et l’inflation sera contenue par la relance économique. Restent les « détenteurs de patrimoines financiers » : il s’agirait de préciser de quoi nous parlons, cela permettrait de situer la réponse sur le plan économique ou sur celui de la moralité.

Plus loin dans le tract, on ressort les vieilleries, Mitterrand-la-Francisque, lequel, peut-être, n’a pas commis d’erreur avec l’euro mais, au contraire, suivi le plan des « élites » françaises depuis 1934. Étrange défaite, aujourd’hui, d’une économie française mal commandée et désarmée ; trahie par une néo-aristocratie sans noblesse, mondialiste et sans âme.

Ce qui se joue, en France, le mois prochain ne réside pas dans le choix d’une politique économique mais dans le choix d’avoir ou pas le choix de choisir une politique économique ! Liberté ou servitude, souveraineté ou dépendance, vie ou mort.

Notre souveraineté est comme notre République : une et indivisible. Pas de souveraineté populaire sans souveraineté nationale, pas de souveraineté nationale sans souveraineté monétaire.

L’oublier, c’est faillir.

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