Visite de François Hollande en Égypte : droits de l’homme en Rafale

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Pour sa première visite officielle en Égypte, après le Liban et dans le cadre d’une tournée qui l’a conduit ensuite en Jordanie, François Hollande a fait preuve d’une folle audace !

Ainsi, le 17 avril au Caire, lors de sa rencontre avec le maréchal Sissi, notre Président, toujours donneur de leçons, la cravate toujours de travers, a expliqué les droits de l’homme aux Égyptiens. Après avoir refusé aux Russes nos Mistral, (surtout ne pas agacer les intérêts américains) mais vendu à l’Égypte nos Rafale, c’était bien le moins qu’il puisse faire.

Sissi a joué le jeu, faisant semblant de s’offusquer et de faire comme si la question n’avait pas été préparée, mais qu’en est-il réellement ?

Les États islamiques écartelés entre charia et droit international se contorsionnent depuis cinquante ans pour concilier les deux et s’accommoder de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Une première tentative de Déclaration islamique universelle des droits de l’homme du Conseil islamique d’Europe, le 19 septembre 1981 à l’UNESCO, commence par : “Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux” et continue : “Ce manifeste-ci est une déclaration adressée aux hommes pour servir de guide et de pieuse exhortation à tous les hommes pieux.” Quid des autres ?

Nouvelle tentative à Decca en 1983. Neuf paragraphes demandent d’abolir “la discrimination et la haine du cœur des hommes”. Mais la charia reste le fondement. Pas question de tolérer la liberté de croyance ou l’athéisme. Sur l’égalité entre homme et femme, le texte mentionne bien une égalité, mais en dignité (?) non en droit.

Troisième tentative : la Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en islam adoptée le 2 août 1990.

Là encore, les droits fondamentaux font partie “de la foi islamique”, car ce sont les droits et les libertés dictés par Dieu “dans ses Livres révélés”.

Si l’égalité est bien affirmée – “Tous les hommes, sans distinction de race, de couleur, de langue, de religion, de sexe, d’appartenance politique, de situation sociale ou de toute autre considération, sont égaux en dignité et en responsabilité” -, on reste sur la dignité, pas explicitement en droit. Quant à ceux des femmes, ils sont spécifiques et traités à part. Les articles 24 et 25 font de la charia “l’unique référence pour l’explication ou l’interprétation de l’un des quelconques articles”.

Aucune référence à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et pour cause : affirmer que tous sont nés libres et égaux en droit est incompatible avec la charia, qui les pose différents entre hommes et femmes, comme entre musulmans et non-musulmans. L’islam n’ayant toujours pas aboli l’esclavage, il est difficile d’écrire que tous les hommes sont libres. La Déclaration précise également : “La vie est un don de Dieu, garanti à tout homme. Il est défendu d’ôter la vie sans motif légitime.” On pourrait s’en satisfaire si “le motif légitime” se cantonnait à la seule légitime défense. Mais c’est plus large. Beaucoup plus large !

Ainsi, dans le manuel de la charia “Reliance of the Traveller”, approuvé par l’université Al-Azhar du Caire, ces motifs sont énumérés :

Pour quelqu’un qui a tué un musulman
Comme peine pour apostasie à l’islam
Comme peine pour avoir offensé Mahomet ou Allah
Comme peine pour avoir offensé l’islam
Comme peine pour adultère par une personne mariée
Comme peine pour un acte homosexuel
Comme peine pour un non-musulman capturé durant le djihad ou qui n’est ni chrétien ni juif et refuse de se convertir à l’islam

Bref, ce n’est pas gagné ! Heureusement, notre Président, plus heureux avec les synthèses qu’avec ses cravates, saura sûrement trouver celle qui convient (la synthèse !).

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