Viktor Orbán réélu : la mise à mort de TINA

TINA : There Is No Alternative, soit, en bon anglois, “il n’y a pas d’autre choix”. C’est le dogme du néolibéralisme anglo-saxon, destiné à dominer le monde et imposer la marche inéluctable du progrès ; comprendre : éclatement des nations, destruction des religions, démembrement des familles, dissolution des individus. La fin de l’Histoire et le règne d’une tyrannique société de consommation.

Mais si Poutine apparaît comme un possible opposant à cette vision du monde terrifiante pour quiconque aime l’humain pour ce qu’il est, la Russie reste dans beaucoup d’esprits un ogre effroyable, trop différent de l’Europe, avec qui pactiser n’est pas possible. Et puis, la Russie, certes bien moins impérialiste que les États-Unis, n’est pas toujours commode avec son entourage proche – et c’est peu dire.

Et si le changement venait d’un petit pays au cœur de l’Europe ? Qui plus est, au sein de l’Union européenne ? Et si la Hongrie, une fois de plus, après octobre 1956, et les pique-niques de Sopron, devenait le foyer du feu à venir, celui qui renversera les technocrates engoncés dans une tour d’ivoire métallique et d’un mauvais goût reflétant si bien leur vision triste et froide du monde ?

Dimanche 8 avril 2018, le parti de Viktor Orbán, le Fidesz, gagne pour la troisième fois consécutive les élections. Et pas qu’un peu : majorité des deux tiers, après huit ans d’exercice du pouvoir et toute la presse internationale contre lui ! Cet ancien parti libéral anticommuniste devenu parti national-conservateur à l’épreuve du temps et des désenchantements dus à la prédation occidentale – moins violente, mais plus pernicieuse que l’orientale – est un exemple parfait du basculement en cours en Europe centrale, cette Europe oubliée au cœur du continent, rongée par les Ottomans, dominée par les Germains, trahie à Yalta et vendue à Berlin. Un basculement politique qui procède d’une prise de conscience quant aux intentions de forces extérieures, qu’elles soient politiques, morales ou financières.

L’Europe centrale réalise, à travers la nouvelle fronde – Viktor Orbán a été le premier à demander en place publique le départ des troupes soviétiques – de l’homme fort de Budapest, qu’on peut dire non, qu’il n’y a pas de fatalité en politique et que le courage paye, pour peu qu’on ait des alliés fiables. Et quel meilleur allié qu’un peuple qui ne veut pas disparaître ?

La mise à mort de TINA n’est pas événement physique bien arrêté dans un temps court, comme la chute du mur de Berlin, mais ce processus est en cours, il est bien avancé et, aujourd’hui, chaque Européen conscient a le devoir d’y prendre part. Il y a une alternative. Elle existe. Elle est plébiscitée là où elle est en place. Une autre Europe est possible, oui. Une Europe des peuples, des nations, des traditions et de l’entente volontaire, loin des délires mondialistes d’une caste étrangère aux intérêts européens.

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