[GRANDE ENQUÊTE] CVEC : quand l’argent des étudiants, grâce aux CROUS, est capté par la gauche

La contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC) est grandement détournée de son usage supposé.
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Dans moins d'un mois, les élèves de terminale passeront leur bac, puis une bonne partie s'inscrira en fac. Chacun d'entre eux devra s'acquitter de la contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC). Instaurée en 2018, cette taxe, d'un montant de 105 euros par an, arrive dans les caisses des CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires) et permet de financer d'innombrables projets destinés à la vie étudiante. Au total, 67 % des étudiants la paient (deux étudiants sur trois). Mais combien savent vraiment à quoi servira cet argent ?

Car les intitulés, d’apparence rassurants - festival culturel, journée de sensibilisation ou encore spectacle étudiant -, cachent souvent une programmation politiquement très orientée, toujours du même côté. C'est simple : les CROUS, chargés donc de distribuer ces crédits, financent, avec l’argent des étudiants et une remarquable constance, des événements qui servent de tribune à la gauche. Exemples.

Le Cop1 Festival, vitrine d'un militantisme assumé

Financé par les CROUS de Paris, Lyon, Nantes-Pays de la Loire et Aix-Marseille, le Cop1 Festival se présente comme un grand rendez-vous culturel étudiant : site professionnel, grands artistes et sponsors. Mais voilà, en 2023, ce festival a accueilli les rappeurs Rim’k et Soso Maness, deux artistes « antifascistes », qui ont participé au projet « NO PASARÁN - 20 rappeurs en 9'43 contre les fachos », sorti avant le scrutin des élections législatives de 2024, le 1er juillet 2024. Le texte n’appelle pas seulement au barrage mais bien au meurtre de l’adversaire. Dans ce clip, des paroles comme « Jordan t’est mort » ou « Le doigt en l’air pour les cistes-ra, CNEWS dans l’angle mort ».

Un an plus tard, lors de l’édition 2024, le Cop1 Festival met en scène d’autres rappeurs. Parmi eux, S. Pri Noir et Prince Wally. L’un s’attaque à l’actuelle présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale dans son clip Nyméria, sorti en 2018, en écrivant : « Marine Le Pen est une raciste, elle ne peut pas faire semblant. » L’autre participe, aux côtés des candidats du NFP, au rassemblement « contre l’extrême droite » du 3 juillet 2024, place de la République à Paris. Il s’exclame notamment, drapeau français à la main : « Il est à nous, ce drapeau, on ne va pas le laisser aux fachos ! »

 

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Le Cop1 Festival ne se limite pas aux artistes. Il offre aussi une tribune à des personnalités... très militantes. En 2024, Salomé Saqué, journaliste pour le média d’extrême gauche Blast et auteur d’un ouvrage paru après les scrutins électoraux de 2024, intitulé Résister (Payot) – comprendre : résister à l'extrême droite, bien sûr –, y prend la parole. Comme Jean Massiet, streamer politique, habitué de la Fête de L’Humanité et favorable au port du voile à l’université. Il avait notamment déclaré en 2024, sur la radio publique Mouv’, que le RN « avait déjà collaboré avec le régime nazi entre 1940 et 1944 ».

 

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La dernière intervenante se prénomme Imane Bounouh. Habituée des plateaux télé du service public, elle est assistante parlementaire de la députée écologiste Léa Balage El Mariky et conseillère municipale d’opposition au Mans. Le 14 avril dernier, après la diffusion d’un reportage sur la section RN de la Sarthe, sur France 5, elle déclarait, sur le plateau de C ce soir, que le parti de Jordan Bardella est le parti du « cynisme et de la terreur » (à 45 secondes).

 

Il faut dire que le Cop1 Festival a profité du partenariat du Planning familial en 2024 et de la présence de SOS Racisme en 2023, deux associations connues pour leur opposition aux idées de droite. L’une fait de l’antiracisme à géométrie variable quand l’autre promeut des idées toujours plus woke avec, par exemple, le fameux « homme enceint ».

Source : cop1festival.fr

 

Tout ce gratin très homogène est donc en partie financé par les cotisations d’étudiants qui ne sont, bien sûr, jamais consultés. En 2024, le CROUS de Paris a ainsi subventionné le festival à hauteur de 50.000 euros venus des cotisations CVEC. Le CROUS Nantes-Pays de la Loire y déverse, lui, 30.000 euros.

Source : CROUS Paris (2025). Projets CVEC présentés lors de la commission du 5 mars 2025. https://www.crous-paris.fr/wp-content/uploads/sites/23/2025/03/CrousParis-CA-20250311-3.2-Presentation-des-projets-a-la-commission-CVEC-du-11-03-2025-1.pdf

 

Source : CROUS Nantes-Pays de la Loire (2024). Compte rendu commission CVEC Crous 6 février 2024. https://www.crous-nantes.fr/wp-content/uploads/sites/19/2024/02/CR-06-02-2024.pdf

 

Bordeaux, capitale de la dépense

Si le Cop1 Festival mobilise cinq CROUS à la fois, celui de Bordeaux-Aquitaine mérite, lui, une mention particulière.

En 2024, il a financé à lui seul pas moins de quatre événements aux profils similaires, pour des montants cumulés qui donnent le vertige. Pour le Mayday Student Music Festival, le CROUS a engagé 52.000 euros issus de la contribution étudiante.

Source : Université de Bordeaux (2024). La CVEC en 50 projets. https://www.u-bordeaux.fr/application/files/3717/5282/6590/250606_CVEC_projets_compressed_2.pdf

Au programme, le groupe O Fantasme, trio d’artistes transgenres et queers, militants de la cause LGBTQIA+ préoccupés par la « montée mondiale du fascisme ». La question de l’identité de genre n’est pas ici abordée comme un sujet de société à débattre, elle est promue, célébrée et imposée comme horizon culturel non discutable à des étudiants. Nous trouvons également Jaïa Rose, une autre artiste, notamment intervenue dans Grünt, média musical d’extrême gauche qui a organisé, en ce début d’année 2026, une tournée municipale « contre l’extrême droite ».

 

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Enfin, pour terminer ce beau programme, une table ronde mobilisait notamment Timothée Duverger, ingénieur de recherche à Sciences Po Bordeaux, qui déclarait, sur Alternatives économiques, le 18 juin 2024, que le RN est une « menace pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire ».

Le deuxième événement bordelais, à destination de tous les étudiants, est le festival Bascule(s). Financé à hauteur de 24.632 euros en 2024 par les mêmes fonds, il se présente comme un événement consacré à la transition écologique, appuyé sur de multiples tables rondes.

Source : Université de Bordeaux (2024). La CVEC en 50 projets. https://www.u-bordeaux.fr/application/files/3717/5282/6590/250606_CVEC_projets_compressed_2.pdf

Cette même année, Camille Étienne, figure du militantisme écologiste, aux nombreuses sorties « anti extrême droite » et au parcours très élitiste, y intervenait aux côtés d’Anne-Sophie Novel, journaliste fondatrice du média Ismée, proche des rédactions de StreetPress et de Basta!, deux organes notoirement identifiés à l’extrême gauche.

@camille.etienne

On a 4 jours. 4 jours pour réagir. 4 jours pour faire campagne. 4 jours pour tout changer. Car on est pas condamné à ce que le RN ait une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Même si le risque est réel. Que vous ayez une minute, une heure ou une journée, on a réuni sur un site toutes les initiatives créées ces dernières semaines pour agir concrètement et faire basculer cette élection. Le lien est dans la bio 🔗 On compte sur vous !!! Et n’oubliez pas : chaque député qu’on enverra à l’Assemblée sera une épine dans le pied du RN !!!

♬ son original - Camille Étienne

Enfin, le Feel Good Campus (du 8 au 15 octobre 2024), avec 4.183 euros puisés dans la CVEC, est présenté comme un événement dédié à la santé mentale des étudiants, mais il accueillait l’humoriste Mamari, artiste pansexuelle, elle aussi militante de la cause LGBTQIA+ et intervenante régulière sur Radio Nova, propriété de Matthieu Pigasse, le milliardaire d’extrême gauche.

Source : Université de Bordeaux (2024). La CVEC en 50 projets. https://www.u-bordeaux.fr/application/files/3717/5282/6590/250606_CVEC_projets_compressed_2.pdf

 

Matthieu Pigasse a déclaré sa volonté de « peser » contre le Rassemblement national à la prochaine élection présidentielle. Sur ses réseaux, cette artiste, surnommée « l’épouvantail à fachos » par la radio du milliardaire, s’est notamment moquée, comme tant d’autres à gauche, de la mort de Jean-Marie Le Pen, en janvier 2025. Elle était également présente à la manifestation du 3 juillet 2024, là où s’était produit Prince Wally.

 

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Enfin, la Campagne contre les discriminations, appuyée sur un versement de 12.720 euros pris sur la CVEC, incluait des contenus documentés sur les réseaux sociaux faisant la promotion du port du voile islamique et remettant explicitement en cause la virilité masculine. Quatre événements, une seule et même boussole. Et un seul CROUS qui signe les chèques.

Source : Université Bordeaux (2024). La CVEC en 50 projets. https://www.u-bordeaux.fr/application/files/3717/5282/6590/250606_CVEC_projets_compressed_2.pdf

Source : Tony Pittaro [@tonypittaro]. (2026, 11 janvier). Instagram. https://www.instagram.com/p/DTXb-0WDUuy/

Une dérive nationale

Bordeaux n'est pas un cas isolé. Au Mans, La Nébuleuse, festival de musique, bénéficiait, en 2025, de 1.500 euros issus de la contribution étudiante (CVEC) pour proposer un spectacle théâtral sur l'histoire des free parties - sujet qui continue de faire débat.

Source : CROUS Nantes-Pays de la Loire (2024). Commission CVEC Crous 7 février 2025. https://www.crous-nantes.fr/wp-content/uploads/sites/19/2025/02/CR-07-02-2025.pdf

 

L'une de ses intervenantes, Suzanne Emery, publiait en juin 2024, sur Instagram, un appel explicite à voter « non à l'extrême droite ».

 

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En Bourgogne-Franche-Comté, le CROUS a franchi un cap supplémentaire. La Nuit des étudiants, financée à hauteur de 1.000 euros, en 2025, par les fonds collectés via la contribution étudiante, accueillait un drag show à caractère sexuel organisé par le collectif queer Gang Reine.

Source : CROUS Bourgogne Franche Comté (2025). Décision d'attribution de subventions - Commission culture ActionS. https://www.crous-bfc.fr/wp-content/uploads/sites/7/2026/02/Decision-dattribution-Culture-ActionS-CVEC-decembre-2025.pdf

 

 

Plus surprenant, encore, la Journée culturelle et de commémoration de l'indépendance du Togo recevait, elle, aussi un financement public !

Source : CROUS Bourgogne Franche Comté (2025). Décision d'attribution de subventions - Commission culture ActionS. https://www.crous-bfc.fr/wp-content/uploads/sites/7/2026/02/Decision-dattribution-Culture-ActionS-CVEC-decembre-2025.pdf

 

La contribution étudiante étant légalement réservée à la vie étudiante sur le territoire français, on attend toujours l'explication juridique de cette dépense. Contacté, le CROUS Bourgogne-Franche-Comté n'a pas donné suite.

Ces exemples, pris ensemble, ne sont pas anecdotiques. Ils révèlent une dérive de fond : celle d'établissements publics qui, faute de contrôle sérieux, ont progressivement transformé une contribution étudiante en instrument idéologique. Des dizaines de milliers d'euros prélevés sur des jeunes aux convictions politiques diverses ont ainsi financé artistes, militants et journalistes partageant tous la même vision du monde et s'exprimant publiquement contre une force politique qui représente, aujourd'hui, près d'un tiers de l'électorat français.

Or, dans les textes, la CVEC a un cadre précis : ses fonds doivent servir à « l’amélioration de l’accueil et à l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants ». En théorie, donc, cette taxe est au service de tous les étudiants, pas seulement au service des militants de l'ultra-gauche.

Que ces artistes aient le droit de s'exprimer n'est contesté par personne. Mais peuvent-ils le faire avec l'argent de ceux qu'ils combattent ? Les CROUS, placés sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, n'ont jusqu'ici rendu de comptes à personne. Il serait temps que cela change.

Contactés, seul le CROUS Nantes-Pays de la Loire a accepté de nous donner les procès-verbaux des décisions de subventions CVEC.

Picture of Baptiste Mousseaux
Baptiste Mousseaux
Journaliste à Boulevard Voltaire

Vos commentaires

18 commentaires

  1. On parle beaucoup de la misère des étudiants. Qu’ils commencent à ne plus financer le CROUS. Cà leur fera 104 euros de plus pour manger. La France est gangrenée de l’intérieur. Le fruit est pourri. Pas étonnant qu’on en arrive à de telles dérives.

  2. Les CROUS sont un repère d’incompétents aux mains d’étudiants en voie de gauchisation. Malheureusement on doit passer par eux pour la validation des bourses, de l’attribution des chambres étudiants etc. Le système qu’on nous propose est opaque, dysfonctionne une fois sur deux et n’offre aucun recourt. Bref, un système soviétique.

  3. Spécialistes du détournement, de financement évidemment, mais de la réalité. La brave dame dans l’interview explique que tout le monde aime son père, et donc finalement il n’y a aucun problèmes avec l’immigration. Non, juste 250 morts, donc beaucoup égorgés, plus de 1500 victimes, des émeutes avec plus d’un milliards d’euros payés par les français, le trafic de drogue, l’insécurité, mais tout va bien vu que tout le monde aime son père. Il faut vraiment que ces gens sortent de chez eux pour voir la situation réelle. S’il y a une extrême droite en France, anti républicaine, antisémite, misogyne, homophone, c’est l’islam, pas autre chose. Toute personne qui se veut anti raciste, contre l’antisémitisme, pour le mariage pour tous doit absolument lutter contre l’implantation de l’islam en France. Ces gens ont des œillères et en plus pas de cerveau.

  4. C’est une grande force de la gauche, dans tous les lieux de propagande et tous les lieux ou l’argent public public coule à flot. Même s’ils ne représentait que 10% de la population, ils continueraient à diriger ce pays.

  5. Qui pourra réitérer à l’université, le cinquième travail d’Hercule qui a su nettoyer les écuries d’Augias en un jour ? Qui sera capable de décrasser l’université de ses limons d’extrême gauche qu’on a laissé se déposer en couches épaisses depuis 50 ans ?

  6. La gauche tient tout en France (justice, éducation, médias, santé…) absolument tout. Et la droite de ne pas s’y opposer ; elle veut juste prendre un peu sa part. D’ailleurs, le RN lui aussi veut juste sa part puisque qu’au parlement européen et à l’assemblée nationale il votent dans le même sens que le pouvoir gauchiste sur les privations de liberté, la censure, les milliards pour l’Ukraine etc. Quant aux électeurs, ils élisent tout ce beau monde, pro UE et qui parle de république mais jamais de France. On est très loin de la sortie du tunnel…en fait personne ne veut en sortir.

  7. S’infliger la lecture du clip No pasaran est douloureux pour les yeux et les oreilles mais a le mérite de nous éclairer sur cette contre-société parallèle. Et dire que les jeunes sont taxés pour financer cette daube militante anti-France, c’est lamentable.

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