[ENTRETIEN] « Macron, une sorte de petit Turreau en Playmobil, et Mélenchon, le Robespierre en keffieh »

À l'occasion d'un prochain colloque, Philippe de Villiers érige Charette en modèle pour nos dirigeants actuels.
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À quelques jours du colloque consacré à François Athanase Charette de la Contrie au logis de Fonteclose en Vendée, Philippe de Villiers nous a accordé un entretien. Entre souvenirs personnels et analyses politiques, l’ancien ministre souligne le panache légendaire de cette figure héroïque dont nos dirigeants pourraient bien s’inspirer. Si Charette revenait aujourd’hui ? « Il se battrait pour la matrice anthropologique de la chrétienté finissante, pour que la France retrouve ses racines, son identité et surtout sa souveraineté. »

Fidèle à son art du récit, le fondateur du Puy du Fou prouve combien le général vendéen n’a rien perdu de son actualité. Aujourd’hui, souligne-t-il, « il nous manque Charette et sa devise : "Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais". »

 

Iris Bridier. Pourriez-vous nous présenter le logis de Fonteclose ?

Philippe de Villiers. Je suis très ému à l'idée d'aller parler dans l'enceinte de ce logis. C'est la première fois, grâce à la famille Baudry d’Asson. Et cette émotion vient du fait que c'est là que tout a commencé et qu'une partie de ma vie a basculé - la partie la plus importante.

C'est là que l'histoire de la Vendée insurgée a vraiment commencé. C'est le lieu allégorique du soulèvement des Vendéens. C'est là qu'en pleine nuit, les paysans du Marais, de La Garnache et des alentours, et de tout le pays de Retz, sont venus en brandissant leurs fourches, leurs râteaux et quelques fusils de chasse, en criant sous les fenêtres, volets fermés, de l'ancien officier de marine retraité qui ne voulait pas reprendre du service parce qu'il était conscient, plus que tous ses paysans, de l'impossibilité de l'emporter sur les troupes de la République.

C'est là qu'a eu lieu cet épisode fameux où un paysan monte dans la chambre, découvre Charette sous son lit, tire la botte et la brandit à la fenêtre en criant : « J'ai la botte, j'ai la botte ! » Et la foule de reprendre : « C'est pas la botte qu'on veut, c'est pas une botte qu'on veut, c'est une tête ! »

Finalement, François Athanase se laisse fléchir par sa sœur Marie-Anne et confectionne à la hâte un drapeau blanc avec un drap de son lit et une flèche de coudrier. Et c'est là qu'il va s'adresser à tous les paysans, à l’endroit même où se tiendra le colloque, en leur disant : « Je ne reviendrai ici que mort ou victorieux. » C'est le début d'une épopée qui est arrivée jusqu'à nous.

 

I. B. Quelle est la qualité de Charette qui manque le plus à nos dirigeants, selon vous ?

P. V. Je la tiens dans la phrase qu'il adresse à Bénigne de Monsorbier, un mois avant sa mort, et qui se trouve aujourd'hui au logis de la Béllière. Cette phrase, je l'ai méditée, lue et relue. Elle est écrite de la plume de celui qui signe « Le Chevalier de Charette » et elle dit ceci : « Nous verserons pour la Cause, jusqu'à la dernière goutte de notre sang. »

Aujourd'hui, les hommes politiques ne sont pas prêts à verser leur sang pour la France. Il n'y a plus de cause. Et comme l'a dit Soljenitsyne, lorsqu'il est venu le 25 septembre 1993 aux Lucs-sur-Boulogne, le courage français s'est enfui. Ce n'est pas un hasard si le Puy du Fou a mis au cœur de son grand livre d'Histoire vivante à ciel ouvert celui que l'Histoire retient comme « Le Dernier Panache ».

 

I. B. Quel souvenir de Charette vous relie le plus personnellement à lui ? En quoi a-t-il influencé votre combat politique et culturel ?

P. V. Quand j'étais petit, j'allais à vélo avec mon frère Bertrand à la Croix de Charette, à la Chabotterie. Et un jour, j'ai découvert cette phrase qu'il a prononcée au général Travot, au moment où Travot lui dit, en le prenant par les épaules : « Tant d'héroïsme perdu. » Il répond : « Rien ne se perd jamais, Monsieur. »

Cette phrase est une devise. Je suis remonté sur mon vélo et je répétais, j'ai répété des dizaines, des centaines de fois : « Rien ne se perd jamais, Monsieur. » Comment je peux faire en sorte que rien ne se perde jamais ? Et là est née en moi, dans mon for intérieur, l'idée d'une grande fresque. « Rien ne se perd jamais, Monsieur. » C'est le Puy du Fou.

 

I. B. Si Charette revenait aujourd'hui, quelle cause défendrait-il ?

P. V. Je pense que Charette se battrait pour un retour de la civilisation, aujourd'hui en perdition. Il reprendrait la définition du combat vendéen : « Utrique fidelis » (« Fidèles à l'un et à l'autre »). Il se battrait pour la matrice anthropologique de la chrétienté finissante et il se battrait pour que la France retrouve ses racines, son identité et surtout sa souveraineté. Charette s'est battu pour le souverain, c'est-à-dire qu'il s'est battu pour une France souveraine.

Aujourd'hui, le chef des Bleus, c'est von der Leyen. Nous avons face à nous Macron, une sorte de petit Turreau en Playmobil, et Mélenchon, le Robespierre en keffieh. Toute la panoplie est là. Il nous manque Charette et sa devise : « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais. »

 

 

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Iris Bridier
Journaliste

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2 commentaires

  1. « Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos mères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre foi, notre terre, notre roi. Leur patrie à eux (NDLR, les guillotineurs), qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors qu’est-ce que cette patrie narguante du passé, sans fidélité et sans amour. Cette patrie de billebaude et d’irreligion ? Beau discours, n’est-ce pas ? Pour eux la patrie semble n’être qu’une idée : pour nous, elle est une terre… Ils l’ont dans le cerveau, nous nous l’avons sous les pieds : c’est plus solide. Et il est vieux comme le diable leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder en l’absence de Dieu… Vieux comme le diable… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions… Faut rire. Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, nous sommes une jeunesse. Messieurs, nous sommes la jeunesse de Dieu, la jeunesse de fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… » (Charette de la Contrie)
     » Macron, une sorte de petit Turreau en Playmobil, et Mélenchon, le Robespierre en keffieh » C’est tout à fait cela.

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