Alors que la cote de tous les ministres, à commencer par le premier d’entre eux, s’effrite, alors que celle du président de la République continue de se déliter, l’indice de popularité de ne cesse de grimper.

La pente, comme disait Jean-Pierre Raffarin, est pourtant particulièrement raide par les temps qui courent, et le poste a priori ingrat, surtout quand il est tenu par un socialiste.

Or, c’est avec une aisance insolente, tel un Lance Armstrong de la politique dopé par les sondages, que le ministre de l’Intérieur double sans forcer tous ses concurrents, amis comme adversaires, qu’ils portent comme lui le maillot rose ou qu’ils arborent les couleurs de l’opposition.

Une première explication tient tout simplement à ce que nul ne conteste la compétence du nouveau locataire de la place Beauvau et sa parfaite adéquation à des fonctions auxquelles il aspirait de longue date, sans se soucier le moins du monde de ce qu’en pensaient et en disaient ses petits camarades. Manuel Valls aime et sait visiblement ce qu’il fait.

Ses incessants déplacements sur les lieux des divers délits et crimes qui défraient la chronique, s’ils rappellent évidemment, à première vue, ceux de Nicolas Sarkozy, du temps où celui-ci n’était pas encore un président agité, sont moins faits pour la galerie que d’une part pour répondre aux inquiétudes de la population, d’autre part pour remédier aux lacunes et pointer les erreurs des différents dispositifs sécuritaires. Ces incursions sur le terrain, pleinement justifiées par l’emploi confié au ministre, renvoient à leur vanité et à leur vacuité les gesticulations d’un chef de l’État qui se trompe de registre et de rôle en imitant les poses théâtrales et en reproduisant les promesses creuses de son prédécesseur.

On a particulièrement apprécié que, confronté à la plaie honteuse d’une marseillaise profondément gangrenée avec la complicité molle, lâche ou active d’une partie des élus locaux, vraisemblablement de tous bords, le ministre n’ait pas hésité à y porter le fer et à crever l’abcès.

Au-delà de ces premières indications factuelles, il est patent que, dans l’esprit de Manuel Valls, l’ordre et la sécurité, le maintien de l’ordre et la garantie de la échappent à toute référence politique et constituent la première obligation de la puissance publique envers les citoyens.

L’ancien député d’Évry n’est pas ministre socialiste de l’Intérieur, il est socialiste, au moins de formation et d’affiliation, et d’autre part ministre de l’Intérieur. Ce n’est pas de son parti et pas davantage des soixante engagements de François Hollande qu’il se réclame mais de l’État.

Ainsi ce Français de fraîche date, cet immigré fils d’immigrés, aussi français que n’importe lequel d’entre nous, plus profondément français que certains de ses amis ou alliés politiques, s’inscrit-il dans la tradition de Georges Clemenceau, de Jules Moch, de et plus généralement de ces hommes rares, de gauche ou de droite, qui ne sacrifient pas à une carrière médiocre au sein d’un parti l’amour et la de la République.

D’où cette popularité.

13 octobre 2012

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