Editoriaux - Presse - Société - 27 juin 2015

Taxis, agriculteurs : le corporatisme, meilleur allié de la survie de l’État

Les violences corporatistes font l’actualité ces derniers jours avec la révolte d’une partie des chauffeurs de taxi contre l’application américaine « UberPOP », qui ferait de la concurrence déloyale.

Plutôt que de s’en prendre directement aux responsables de la société américaine, ou à l’État français qui les asphyxie sous des monticules de charges et de dossiers administratifs, les « courageux » chauffeurs attaquent des particuliers, en lynchent certains, et cassent des voitures. Tout un programme, validé en moins de 24 h par le gouvernement qui vient de demander la « dissolution » d’UberPOP (comme si on pouvait dissoudre une entreprise étrangère) et son interdiction en France (comme si un ministre était qualifié pour décider de ce qui est économiquement légal ou pas dans ce pays).

Un programme validé également par Marine Le Pen, qui, jamais à une démagogie près, a déclaré “comprendre” la colère des taxis .

Une première explication rapide à la prise de position du gouvernement en faveur des taxis pourrait être électorale et communautaire, au vu de la forte communauté issue de l’immigration qui officie, à Paris, à Lyon, à Marseille, comme le prouvent tous les articles de presse qui ont abordé la question.

La deuxième explication est presque ancrée dans l’ADN de la France : le mythe du fonctionnariat qui fait qu’y compris dans le privé, les grosses corporations se comportent en attendant tout de l’État ; plutôt qu’en se révoltant contre lui.

Ainsi, les syndicats agriculteurs qui – avant d’abandonner les Bonnets rouges et plutôt que de se mettre en grève de l’impôt pour paralyser l’État ou réfléchir à un nouveau modèle agricole – brûlent et cassent symboliquement des biens publics financés par le contribuable, tout en stoppant tout mouvement de protestation dès qu’un ministre sort son chéquier. Cela s’appelle de la capitulation, pas du progrès social.

Ainsi, ces chauffeurs de taxi, qui ne remettent pas en cause les montants exorbitants qu’ils doivent dépenser pour acquérir une licence – au sein d’un système presque mafieux – et qui ne remettent pas non plus en cause les charges sociales qu’ils payent jusqu’à plus soif à l’État.

L’État français ne tient aujourd’hui que grâce à ses corporatismes et à ses lobbys qu’il sait habilement manipuler. Donner de l’argent (subventions, exonérations, obtenir de l’aide de l’Europe), permettre uniquement la survie sous perfusion de ces professions (et non pas le dynamisme) – tout comme il maintient encore un semblant d’ordre social via le RSA – et, au final , diviser pour mieux régner, pour mieux asseoir l’emprise étatique.

Car imaginez ce que pourrait donner la colère mélangée des taxis, des agriculteurs, des policiers, des étudiants, des professeurs, des infirmiers, des médecins, des chômeurs, des RMIstes, des pompiers ? Et puis, pourquoi pas, de la Manif pour tous, le jour où ses responsables auront compris que même à un million dans la rue, le gouvernement ne les écoute pas car ils sont trop gentils…

Le corporatisme assure la survie actuelle de l’État que par ailleurs beaucoup contestent.

Briser le corporatisme et unir les individus autour d’un projet de société qui force à prendre da la hauteur et à ne pas penser qu’à son métier, c’est construire la révolution de demain.

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