On s’en doutait un peu mais on espérait, Manif pour tous aidant, que les pleutres finiraient par s’enfuir devant la masse des jeunes marcheurs de 2013 et Evangelium vitae de saint Jean-Paul II.

Rien n’y fait. Un livret consacré à l’éducation sexuelle, édité depuis dix ans par la communauté des Béatitudes – Pour réussir ta vie sentimentale et sexuelle, du père Casterman -, a fait son entrée dans le susdit établissement boboïsé de Neuilly. Horresco referens, l’homosexualité n’y est pas présentée comme une option libérée de tout aspect néfaste, elle n’est pas “une option de sexualité à l’égal des autres”. Mais dans un établissement censément catholique, on ne peut plus éduquer benoîtement selon l’enseignement de l’Église : la brochure est retirée.

Citations choisies des brochures à brûler : “Personne ne choisit une tendance homosexuelle, et on n’en est pas spécialement heureux. Les personnes homosexuelles méritent toute notre considération… Pourtant, l’épanouissement sexuel n’est totalement possible que dans l’altérité homme/femme. Cette diversité est une richesse […]”.

Oh, mon Dieu ! Que c’est vilain ! En sus, on conseille aux jeunes filles de ne pas recourir à l’IVG : “Si tu es enceinte, ne reste pas seule. La solitude ou la panique te pousseront à l’irréparable, que tu regretteras toute ta vie.” Lequel avortement est présenté comme un péché : “Si tu as avorté, et si tu es croyante, reçois le pardon du Seigneur.” Le crime était commis. On n’a pas dit du bien de l’avortement ! Pensez donc, avec le délit d’entrave, faut s’méfier ! De surcroît, le livret est promu par “VigiGender – une émanation (sic) de LMPT” : quelle aubaine…

L’enseignement catholique diffusant lui aussi une brochure [PDF] qui rappelle, à la page 19, ce que dit le catéchisme, à savoir que “les actes homosexuels [sont] toujours objectivement désordonnés” (mais qui les distingue des personnes “qui doivent être accueilli[e]s avec respect, compassion et délicatesse”), il serait assez cocasse de critiquer le fond. D’autant plus que la Banque mondiale a soutenu le projet du père Casterman, ainsi que l’indique le site des éditions.

Alerté par quelques élèves et parents, le chef d’établissement, “au nom de toute l’équipe éducative et pastorale”, a donc présenté ses “plus vifs regrets à ceux qui se sont sentis offensés ou qui ont été choqués”. Toute ? Aux dernières nouvelles, la responsable de la formation n’a pas été brûlée vive mais on attend le verdict.

N’aurait-on pas dû rappeler aux personnes “blessées” par le livret le projet éducatif qu’elles ont signé, lequel prévoit de “révéler Jésus-Christ [aux] jeunes […] en lien étroit avec l’Église – [et les rendre] capables de s’insérer socialement et professionnellement au travers d’une découverte progressive des valeurs humaines et évangéliques” ? Quoi qu’en dise honteusement le communiqué du directeur de l’établissement, qui préfère voir une éducation “au vivre ensemble et à la relation à l’autre dans toutes ses richesses et différences”.

Lamentable affaire ! On croit bâtir des hommes – on en fait des coquilles vides.

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