« Tu payes peut-être pour les autres, mais c'est un parti pris politique. » Ce sont les mots qu’aurait prononcés la députée Insoumise Clémentine Autain lors de son entretien avec l’ex-candidat Insoumis Taha Bouhafs, poussé à la démission en raison d’accusations de harcèlement et de comportement sexuel « problématique », comme ils disent. Dans un communiqué de six pages, Bouhafs sort du silence pour enfoncer ses anciens camarades et réclamer justice. Une prise de parole qui intervient alors qu’un des mentors du jeune homme, le député et nouveau président de la commission des finances, est dans la tourmente. Les Insoumis n’en sortent donc plus. Les cris poussés pour exiger les départs de Gérald Darmanin et Damien Abad, accusés de violences sexuelles, ne masquent plus les turpitudes du parti de Jean-Luc Mélenchon.

L’affaire Bouhafs

Après un bras de fer avec le PCF dans le cadre des accords ayant accouché de la NUPES, Taha Bouhafs a été officiellement désigné candidat dans la circonscription de Vénissieux. Quelques jours plus tard, des révélations pour le moins salées ont poussé le militant à retirer sa candidature devant la pression médiatique mais aussi venant de son propre parti. En effet, le Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles aurait reçu un courrier l’accusant de violences sexuelles. Désirant circonscrire l’incendie, les Insoumis ont tout fait en interne pour éviter les plaintes en justice et précipitamment exfiltré l'encombrant Taha Bouhafs. Si on résume la situation : le 7 mai, annonce avoir reçu un témoignage contre Taha Bouhafs, ce dernier est auditionné le 9 par Clémentine Autain notamment. Le 10 mai, Taha Bouhafs publie un communiqué annonçant le retrait de sa candidature en raison de la multiplication des attaques le concernant. Dans la foulée, Clémentine Autain apporte sur Twitter son soutien à Taha Bouhafs, dénonçant les « attaques racistes de l’extrême droite relayées ad nauseam par les médias ». Pas un mot sur les véritables raisons qui ont poussé LFI, notamment Autain, à écarter le jeune militant. Or, dans son communiqué daté du 5 juillet, Bouhafs affirme que Autain l’a incité à publier un communiqué annonçant son retrait en échange du soutien de cette version par cette dernière et par LFI. En bref, Autain et auraient sciemment menti de bout en bout. De surcroît, le jour de l’annonce du retrait de la candidature de Bouhafs, tous les cadres de La France insoumise, Mélenchon et Quattenens compris, ont repris la version officielle liant le retrait de Bouhafs aux déferlements « racistes ». Il est ainsi permis de penser que tout le monde savait mais que personne n’a remis en cause la version officielle.

Entrave à la Justice ?

L’affaire est d’importance. En forçant Bouhafs à se retirer et en empêchant toute plainte, La France insoumise a clairement condamné le militant politique à demeurer un éternel coupable. Si piétiner la présomption d’innocence est une seconde nature pour cette gauche mâtinée de à tout vent, elle piétine aussi le droit des victimes à être considérées comme telles. Coutumière du fait, cette gauche se prend donc les pieds dans un tapis qu’elle a elle-même déployé. Au fond, on pourrait finir par penser que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles n’est pour eux qu’une arme politique destinée à abattre l’adversaire et à éliminer des alliés. À l’image de la députée Sandrine Rousseau exigeant à cor et à cri les démissions d’Abad et Darmanin pour, ensuite, appeler à la prudence concernant les accusations qui pèsent sur Éric Coquerel. Une tartufferie, c’est certain. Comme le disait Dominique Strauss-Kahn, « un piège, c’est possible. Un complot ? Nous verrons ! »

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5 juillet 2022

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17 commentaires

  1. Aujourd’hui, on ferait plus vite à compter ceux qui ne sont pas incriminés .A croire que la politique donne des pulsions ….mais pas les bonnes …

  2. quelle jubilation , on assiste « aux feux du désamour » Taha accuse Clémentine , pendant que Rokhaya balance Eric .Jean-Luc aurait voulu éviter cela . Eric poursuit son chemin (jusqu’où ? ) Damien n’a pas eu cette chance , heureux d’avoir gagné aux législatives , (au grand dam d’Elisabeth et Emmanuel ) Damien se pensait protégé .Christophe et Richard vont devoir être replacer (un poste honorifique ,bien rémunéré ) sans que ça se voit ..

  3. Il y a comme un relent de gestion stalinienne dans certains partis, et cela même en France … et au 21 siècle !

  4. Le problème ne se poserait pas si les binationaux étaient inéligibles (sauf à renoncer officiellement et publiquement à leur autre nationalité). Plus de 10% des députés « français » sont binationaux. Les clés de l’avenir du pays (l’Education nationale) ont été remises à un binational qui par dessus le marché communie avec l’idéologie mortifère des campus américains. C’est une récidive, il y a eu avant Pap Ndiaye, Najat Belkacem. Et l’effondrement de l’institution se poursuit.

  5. Pour ceux qui auraient pu encore douter, LFI dévoile enfin sa vraie nature faite de mensonges , de dissimulations et de manipulations.

  6. Spectacle lamentable mais attendu. Remaniement cosmétique de provocation. Avec cette NUPSE Macron va solidifier sa position mais pas seulement car ils feront aussi passer le message du blocage permanent des réformes. Rien ne prouve néanmoins que cette association de guignols fera barrage aux réformes à venir.

  7. Il me semble que madame Autain a oublié qu’en droit, connaitre un crime ou un délit et ne pas le dénoncer est passible de poursuite, y aurait il une loi spéciale pour l’extrême gauche l’autorisant à être juge et partie?

  8. V’la qu’ils se bouffent le nez entre eux maintenant ! la belle entente de la nupes n’a pas duré longtemps… je ne peux qu’applaudir !

  9. Ouf ! J’ai eu peur.
    On aurait pu croire que la jolie Clémentine en voulait à la vertu (en a-t-il une ?) de Bouhafs.
    Cela aurait été une faute de goût.
    L’honneur est sauf.
    Elle a eu raison de se débarrasser de cet infâme individu.

  10. Manipulation, propagande, mensonge, rétorsion, intimidation. Les piliers du fonctionnement du cancer rouge.

  11. Quoi, comment, que se passe-t-il, les insoumis seraient des branquignoles de bas étage.
    La NUPES une association de comiques troupiers. Rions, gaussons nous des électeurs de ses pantins qi ne se préoccupent nullement de la France mais de leur égo

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