Narcotrafic : et maintenant, une première dose offerte pour appâter le chaland

Née à Lyon, cette nouvelle pratique pourrait s’étendre à toutes les autres places fortes du deal.
Capture d'écran France info
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Il fut un temps où les distributions d'échantillons étaient monnaie courante. Régulièrement, dans les secteurs à fort trafic piétonnier, à la sortie du métro, sur les parvis des facultés, dans les rues commerçantes, des personnes portant des paniers en osier garnis proposaient aux passants un nouveau yaourt à boire, la dernière saveur de chips de telle marque et bien d’autres nouveautés. Cette pratique, dite « opération de sampling » en marketing, a pour but de faire découvrir un produit et, in fine, de déclencher un achat.

Depuis les années 2010, elle est beaucoup moins courante, excepté à Lyon, dans le quartier de Gerland, et plus précisément au cœur de la Cité Jardin. Ici, pas de petits paquets de céréales, de mini-canettes ou de compotes à boire, mais de la drogue, comme expliqué par Grégory Doucet, le maire de la ville, à l’occasion d’une conférence de presse de rentrée : « La réalité, c’est qu’à la Cité Jardin, les trafiquants distribuent gratuitement les premières doses pour appâter, créer des phénomènes d’addiction. » Il poursuit : « Quand le premier cachet ne coûte rien, il n’est pas difficile, à 14 ans, de dire "oui". »

Cadeau empoisonné

À l’adolescence, âge des expériences et des interdits, il ne serait en effet pas étonnant que quelques jeunes se laissent convaincre par un test gratuit. Essayer ne veut évidemment pas dire recommencer, mais essayer, c’est tout de même prendre le risque de recommencer. L'OMS indique : « La consommation précoce de substances psychoactives est associée à des risques plus élevés de développer une dépendance et d'autres problèmes à l'âge adulte, et les jeunes sont touchés de manière disproportionnée par la consommation de substances psychoactives par rapport aux personnes âgées. »

Les narcotrafiquants l’ont compris : plus la consommation commence tôt, plus le risque de dépendance est important. Rudy Manna, délégué national UNSA Police, est écœuré par la pratique : « Le but, c'est de faire sombrer des gamins de manière à ce qu'ils deviennent des vrais clients. C'est hyper malsain, c'est abject. » Selon lui, des sanctions particulières devraient être appliquées aux dealers qui font de tels cadeaux : « Je trouve que ça doit être une circonstance aggravante si on interpelle un mec dont on sait qu'il a offert la première dose. » Encore faut-il mettre la main dessus et, il le dit, « c’est extrêmement compliqué parce qu'il faut que le client potentiel témoigne ».

Traquenard organisé

Autre conséquence possible de cette première prise : l’entrée dans le trafic. À cause des dettes contractées auprès de leurs dealers ou pour financer leur propre consommation, il n’est pas rare de voir des jeunes gens prendre une part active dans le trafic (cf. le rapport annuel de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse, p. 34). Rudy Manna rappelle que les narcotrafiquants « ont du mal à recruter » et que cette première dose peut être une façon de le faire, de trouver une main-d'œuvre jeune, dévouée, pas toujours consciente du danger, mais surtout avec qui la Justice est plus clémente.

Pour faire prospérer leur business, les narcotrafiquants ne reculent devant rien. Tous les moyens sont bons, même les plus méprisables. La jeunesse française est en danger : qu’attendent les pouvoirs publics pour réagir ?

Vos commentaires

34 commentaires

  1. Les « pouvoirs publics » attendent d’avoir retrouvé le pouvoir (peut-être). Sauf qu’avec les veaux français qui élisent les députés et la magistrature dont le rouge se fonce jour après jour, le pouvoir n’est pas près de se retrouver!

  2. « Nous sommes en guerre !  » Ce n’est moi qui l’ai dit mais le président. Nous sommes en guerre contre le trafic de la drogue et nous ne combattons pas à armes égales. Le ministre de l’intérieur s’y refuse sous la houlette du président. Tout le problème est là ! Les groupes de narcotrafic s’entretuent et nous les regardons faire, sans agir parce que les ordres ne parviennent pas à ceux qui pourraient agir !! Tout est là ! Une guerre, ça se fait avec des armes, à égalité avec celles que possède l’ennemi. Seule la volonté d’agir nous manque et c’est au niveau politique de prendre les bonnes décisions. Rien ne changera, et même tout s’envenimera tant que les décideurs politiques ne décideront rien. Le citoyen n’a pas d’autre choix que de subir et la justice est là pour l’empêcher d’agir. Cherchez les erreurs !!! Si les deelers offrent gratuitement les 1ères doses, comment se fait-il que les parents l’ignorent ? Seraient-ils inconscients à ce point ou se fichent-ils pas des fréquentations de leur progéniture ? Cherchez l’erreur !

  3. Lebarcotrafic ne ourra disparaitre que lrsqu’il n’y aura pus de cnsommateurs c’est pas compliqué… Il faut chasser là où sont les vrais coupables ils era facile d’inetrpeller les trafiquants…Mais siça arrive les partis de gauche sont ruinés.

  4. Lutter contre la drogue supposerait un contrôle général de la population ce qu’aucun de nos gouvernants ne fera car il serait trop révélateur de la situation réelle et pourtant…

    • Le contrôle de la population ?? S’il n’y avait que ça, ce serait fait depuis longtemps avec nos dirigeants qui ne rêvent que de ça !

  5. Sauf respect, il me semble que ce n’est pas nouveau ( il y a longtemps que j’ai entendu parler de cela _ pas beaucoup, certes _ dans divers médias ). Triste que tout cela.

  6. Ils ont tout compris au markéting et au commerce, et savent très bien compter de tête, ce sont bien des richesses pour la France
    Tout cela est bien sur de l’ironie grinçante
    Ca va encore faire frémir les parents, beaucoup travaillent et ne peuvent pas venir chercher leurs ados au collège, personne n’est à l’abri à part la prévention à ces ados, leur expliquer ce qu’est la drogue, ses ravages
    Je me souviens avoir lu « moi Christiane F droguée, prostituée », c’était très dur comme livre à lire au point de vue émotionnel
    Et aucune drogue n’est inoffensive , commencer c’est mettre le doigt dans un engrenage où beaucoup n’en sortent pas, et décèdent jeunes d’ailleurs
    Les drogues comme le crack ou l’extasy sont addictives dès la première prise
    Au lieu de faire leurs programmes EVARS ou leur apprendre l’écologie, la prévention et l’information contre la drogue seraient plus utiles, mais le veulent ils vraiment ?

    • Quant on sait déjà la difficulté de se débarrasser du tabac, on imagine ce que doit être abandonner ces poisons.

  7. Mais qui fait prospérer le trafic de drogue si ce n’est le consommateur. Supprimez le consommateur en l’emprisonnant immédiatement sans possibilité des sortie rapide et le problème sera réglé. Mais pas un gouvernement n’aura le courage de le faire, car cela sous-entendrait de construire des lieux de retenue que beaucoup appelleraient rapidement camps de concentration. Pourtant des exemples existent en Amérique du Sud : 90% de la criminalité en moins !

    • Et quand on sait que des « consommateurs » on en trouve en très haut de l’état….on comprend qu’ils ne fassent rien

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