Ingérences étrangères : la complainte de Gabriel Attal
Article mis à jour, le 8 août à 13H20.
La pause politique estivale n’aura été que de courte durée. Elle est en tout cas perturbée par quelques escarmouches ici et là comme la polémique sur le magnifique projet architectural qui fera entrer de son vivant Yaël Braun-Pivet dans le panthéon des grands bâtisseurs et bâtisseuses de notre Histoire nationale, ou encore les mâles déclarations de Gabriel Attal sur les occupations sauvages de propriétés privées par les gens du voyage, mais aussi sur les ingérences étrangères qui menacent la campagne présidentielle, campagne qui a d’ores et déjà commencé. Visé par une ingérence numérique russe cherchant à le déstabiliser, l’ancien Premier ministre et pour l’instant candidat à l’élection présidentielle a déclaré, le 6 août sur RTL : « Si on ne fait rien, l’élection peut être faussée ». Sauf à ce qu’on parte de l’hypothèse peu probable que le patron du parti Renaissance maîtrise mal la langue française, sa déclaration signifie donc que rien ne serait fait pour lutter contre les ingérences étrangères. Et que, donc, il faut faire.
« Quand ça patine, il y a Poutine »
Or, ce n’est pas le cas. Preuve en est que le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a informé le candidat macroniste, ainsi que l’autre candidat macroniste Édouard Philippe mais aussi Raphaël Glucksmann, de cette tentative d'ingérence. Le SGDSN, autrefois SGDN, est cette vieille institution, « placée au cœur de l’exécutif », puisque directement rattachée au Premier ministre, et dont « le champ d’intervention couvre l’ensemble des questions stratégiques de défense et de sécurité… » On imagine que durant son petit stage semestriel à Matignon, Gabriel Attal n’a pas pu passer à côté de ce service essentiel au Premier ministre pour exercer ses responsabilités en matière de Défense nationale, si l’on en croit notre Constitution… Depuis 2021, il existe d'ailleurs un service appelé « VIGINUM » en charge de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères.
La mission de VIGINUM, essentiellement défensive, consiste à « détecter et caractériser les opérations d'ingérences numériques étrangères qui ciblent la France, afin de protéger le débat public numérique. » Or, en ce qui concerne la tentative de déstabilisation du candidat Attal, Le Monde relativise en quelque sorte les choses en rapportant que « cette opération est restée ‘‘peu visible’’, avec quelques milliers de vues, selon une source sécuritaire ». En revanche, l’entourage de Gabriel Attal s’est empressé d’en faire des caisses : « Nous avons été informés par le secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale d’ingérences extérieures provenant de Russie et d’organes liés au pouvoir central russe, à l’encontre de Gabriel Attal. » Ce qui n’a pas manqué de faire réagir Marion Maréchal sur X dans un post assez long titré « Quand ça patine, il y a Poutine ». On vous laisse le découvrir. Comme le fait remarquer la députée au Parlement européen, « quand on fouille, on se rend compte que les attaques sont réelles mais extrêmement limitées en impact. Comme le soulignait un spécialiste : qui les a vues dans son fil ? »
QUAND ÇA PATINE, IL Y A POUTINE !
La ficelle était si grosse.
À ce sujet — Palais Bourbon : des élus RN demandent le réexamen du projet de pavillon d’accueil à 50 millions d’euros
L’entourage d’Attal nous révèle qu’il est victime d’une « ingérence étrangère ».
Quand on fouille, on se rend compte que les attaques sont réelles mais extrêmement limitées en impact. Comme le soulignait un… https://t.co/c0VRCrGbZS
— Marion Maréchal (@MarionMarechal) August 6, 2026
Ingérences numériques étrangères : « sans effets significatifs sur l’élection »
Bien évidemment, il n’est pas question de nier l’existence de ces ingérences numériques étrangères (INE), et, à ce titre, il n’est pas inutile de parcourir le rapport très officiel, publié le 11 juin dernier, par VIGINUM, sur la « protection du débat public contre les ingérences numériques étrangères durant les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 », ainsi que les dix bulletins d'information hebdomadaires publiés durant la campagne des municipales. En effet, durant cette période où le Réseau de coordination et de protection des élections (RCPE) a été mis en place, seulement « quatre ingérences numériques étrangères (INE) ont spécifiquement visé les élections municipales de mars 2026 ». L’une a notamment été conduite par des modes opératoires informationnels (MOI) russes, « sans effets significatifs sur l’élection » ; l’autre par un acteur non étatique basé en Israël et a « ciblé des candidats du parti La France insoumise (LFI), notamment avec des accusations de viol ou de pédophilie, pour un impact limité ».
Même le RN et Reconquête !
Dans ce rapport, sont évoquées aussi des ingérences numériques étrangères à finalité lucrative (ce dont, du reste, on ne parle quasiment jamais). Et là, le rapport nous apprend quelque chose de particulièrement intéressant : « Entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, VIGINUM a plus particulièrement identifié 173 publications diffusées par les pages Facebook francophones du MOI faisant référence aux élections municipales de mars 2026, dans lesquelles plusieurs candidates et candidats de différents partis politiques ont été ciblés au moins une fois (La France Insoumise, Les Écologistes, Le Parti Socialiste, Les Républicains, Le Rassemblement National, Reconquête). »
« Visibilité limitée »
L’appréciation de la menace par les spécialistes de VIGINUM, à l’occasion de ces élections municipales, mérite d’être citée : « Se fondant sur l’analyse des données collectées et en prenant en compte les précautions mentionnées supra, les membres du RCPE estiment que les différentes opérations détectées et caractérisées n’ont eu qu’une visibilité limitée, ainsi qu’un impact qualifié de faible sur le débat public numérique national durant la campagne électorale. Ceci s’explique notamment, d’une part, par le fait que la plupart de ces opérations ne sont pas parvenues de manière organique à sortir de leur réseau inauthentique d’origine, et, d’autre part, par l’efficacité des mesures d’atténuation mises en place par le RCPE. » Visiblement, on n’a pas attendu Gabriel Attal pour agir…
Gabriel Attal a déposé plainte, vendredi 7 août, « pour une ingérence numérique extérieure ». L'ancien Premier ministre accuse la Russie de « manipulation de l'information » et de « fabrication de contenus truqués » afin de peser sur la prochaine élection présidentielle.
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149 commentaires
Alors pour lui, si les Français ne veulent plus de lui et du marcronisme, c’est forcément la faute des Russes!
Lamentable ce parti et ses politiciens…
Qu’ils médite sur les terribles INCENDIES MEURTRIERS faute de Canadairs …
comme si les ukrainiens n’étaient pas capables de se faire passer pour des russes??? Attal se pose en victime pour que personne ne parle d ela misère politique dont il est confondu en permanence…..mais qui peut encore croiere qu’il pèse sur le paysage a ce point d’en faire un élément majeur ? s’il fait 2% ,il pourra aller bruler un cierge a Lourdes………Il ne souvient donc pas de sa prestation sur un ballot de paille pour faire croire qu’il maitrisait la situation !au final les agriculteurs se sont fait roulés dans la farine!
Ne serait-ce pas là les prémisses de ce qui s’est passé en ROUMANIE ????
Si je ne gagne pas, l’élection peut être faussée (c’est sûr)
Bonjour PaulusLaius. Je dirais même plus : For sure ! Cdlt.
Ce type a fini par comprendre qu il a l envergure d un perdant…………..!!!
» Moins ils ont de talent , plus ils ont d’orgueil , de vanité , d’arrogance . Tous ces fous trouvent cependant d’autres fous qui les applaudissent » ( Erasme ; éloge de la folie ,1509 )
En tout cas, rien de nouveau sous le soleil… Ce qui l’est peut-être ce sont les nouveaux moyens technologiques dont les politiques disposent aujourd’hui pour nous abuser. Mais à part ça, « l’ingérence » qu’elle soit interne ou externe existe depuis la nuit des temps…
Il a raison Gabriel, il faut faire taire toute opposition pour que l’élection ne soit pas « faussée ». Comme en Chine, il faut revenir au parti unique, voire même supprimer l’élection. Comme ça, pas de gens qui votent mal et pas d’élections faussées…
Serait-ce un scénario à la roumaine qui se profile pour 2027 ?