[POINT DE VUE] Éducation sexuelle, comptines pas-touche-pipi : peut-on encore être un enfant ?

Oui, bien sûr, il est indispensable d'apprendre aux enfants à se protéger des prédateurs.
©caleb-woods-VZILDYoqn_U-unsplash
©caleb-woods-VZILDYoqn_U-unsplash

C’est une blonde jeune femme à la crinière léonine qui publie sur Instagram sous le pseudo Sarahait. Elle déborde de bons sentiments qu’elle met en paroles et musique. Exactement, elle a commencé par « revisiter les comptines » puis, devant le succès, a décidé d’en créer elle-même dans un souci éducatif. C’est plutôt bien fait. Après la lutte contre le harcèlement, l’apprentissage de la géographie, des planètes du système solaire ou des numéros d’urgence, elle propose aujourd’hui une comptine sur « les parties intimes » : un domaine strictement réservé.

Focus sur les effets plutôt que les causes

Lundi dernier arrivait sur le pupitre des députés la proposition de « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles. Va débuter l’examen des 69 articles résultant de propositions formulées par la réunion d’associations féministes et de défense des droits des enfants. Qualifiée d’intégrale, cette loi se propose de « couvrir toute la chaîne des violences : de la prévention au repérage des victimes jusqu’au jugement des auteurs », entraînant possiblement, de ce fait, la modification des Codes civil, pénal ou encore de la sécurité intérieure.

L’examen de cette loi arrive dans un contexte particulièrement tendu, à la fois en raison des révélations consécutives au meurtre de la petite Lyhanna, des scandales du périscolaire parisien et de l’ASE dont on sait maintenant qu’elle livre nombre d’enfants qu’elle devrait protéger à la prostitution.

Le tableau est effarant, les chiffres font frémir. Comme le rappelait ici Marc Baudriller, en juin dernier, selon l’Office mineurs (OFMIN) de la police judiciaire, on a recensé en France, en 2025, 180.000 enfants « filmés, photographiés, traqués, abusés ». Soit « 493 par jour. Un enfant toutes les trois minutes. » Alors, oui, il est indispensable de leur apprendre à se protéger des prédateurs. Pas sûr, toutefois, que l’éducation à la sexualité dès la maternelle ou les comptines de Sarahait soient efficaces.

Qui pourra encore donner le bain à son enfant ?

La dernière comptine de Sarahait, nous dit-on, fait un tabac sur les réseaux. C’est à qui postera la plus jolie mise en scène de son enfant dans cette récitation, certes propre à prouver qu’il est un bon parent mais lançant les images dans un circuit que personne ne maîtrise. Autres temps, autres mœurs : autrefois, on ânonnait les tables de multiplication ; aujourd’hui, on chante : « Ce sont mes parties intimes, parties intimes, parties intimes, il ne faut pas y toucher, personne ne doit y toucher ! » Et pour bien savoir où sont les zones interdites, on se touche la poitrine, le pubis et les fesses.

Portée par le succès, Sarahait a ajouté un deuxième couplet : « Que ce soit un bon ami, un voisin gentil ou ma famille chérie,/C’est mon corps, c’est interdit, il ne faut pas y toucher, personne ne doit y toucher. » Et, bien sûr, si quelqu’un s’avise d’y porter la main, des représailles sont à prévoir : « Si tu touches mes parties intimes, parties intimes, parties intimes, je le dirai à ma mère, je le dirai à mon père, je le dirai à la maîtresse et j’appellerai la police.»

Tout cela est assurément plein de bonnes intentions, mais tout aussi certainement porteur d’effets pervers. Les données officielles nous apprennent en effet que « dans la majorité des situations, les violences sexuelles sont perpétrées par une connaissance, un proche, voire un membre de la famille, c’est ce qui explique le silence de l’enfant. Ne pas rompre le lien est pour lui le plus important, c’est même le levier sur lequel jouent les agresseurs. Et s’il ne dit rien en famille, il ne dira évidemment rien à la maîtresse, et moins encore à la police.

On se demande aussi quel parent, une fois la comptine bien apprise, pourra encore jouer dans la baignoire avec son enfant, l’accompagner aux toilettes ou pratiquer n’importe quel geste intime parfois nécessaire. Pourra-t-il encore veiller à l’hygiène de son enfant sans qu’il considère cela comme une agression ?

Enfin, souligne une militante « féministe et enfantiste » (sic) auprès du HuffPost : cette méthode de la comptine met « extrêmement mal à l’aise », notamment parce que les parents qui prétendent éduquer leur enfant au consentement publient leurs vidéos sans précaution. Or, dit-elle, « un enfant n’a aucune idée de ce que ça signifie d’être vu par des milliers, voire des millions de personnes ». Surtout malintentionnées.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

42 commentaires

  1. Je n’ai pas entendu cette chanson, mais, à priori, si cela s’adresse à des enfants de maternelle, je trouve cela pervers. Un enfant en bas âge ne se laissera pas toucher par un étranger (c’est mon humble avis!). Lui apprendre de telles choses, c’est lui suggérer que certaines parties de son corps sont en quelque sorte malsaines.

  2. je trouve que tout cela tient plus du conditionnement que de l’intention louable.
    La perversité de la chose tient dans le fait qu’à travers ces comptines destinées aux enfant , on massifie le problème, mais on le banalise d’autant !
    On dit implicitement aux enfants : « habituez vous à vivre dans une société des pédophiles rois , c’est comme cela, et il faut faire avec, donc prudence ! » En dehors même du traumatisme que l’on fait à des tout jeunes de leur apprendre des choses qui ne sont pas encore assimilables pour eux , on absout ceux là ,même des adultes, de ne pas avoir pris leurs propres responsabilités alors qu’ils ont autorité à le faire et accessoirement qu’ils sont payés ou élus pour cela .
    Qui est chargé de prendre en charge l’ASE dans les départements ?Qui accueillent des centres d’hébergements et des foyers ? Les Présidents de Départements! Pour le périscolaire , c’est la mairie ,et le responsable de sa collectivité territoriale , pour la petite Lyhanna , ce sont les juges qui ont été en faute, sur le coup, en laissant un tel prédateur dans la nature .
    Et les principaux responsables doivent êtres les parents qui sont chargés de protéger l’intégrité physique et morale de leurs enfants, hors on n’apprend pas le rôle de parents aux géniteurs .
    Les enfants n’appartiennent pas aux parents ils s’appartiennent à eux mêmes , ce ne sont pas les poupées de parents qui eux mêmes ne sont pas toujours matures.
    Ceux là doivent accompagner l’évolution physiologique de leur progéniture mais ne pas anticipé sous prétexte par exemple qu’un enfant serait plus précoce qu’un autre , ou à l’inverse le laisser végéter si il est en retard. C’est une façon de le pousser à être adulte avant l’âge et donc de présumer de sa capacité à assumer ce qui ne peut l’être .
    Dans tous les cas , il n’est pas sain pour une société de rendre responsables les enfants de leur propre intégrité morale ou physique, quelle image auront ils des adultes et de la société ? Est il bon dès le plus jeune âge, de rendre l’enfant suspicieux de l’autre, surtout celui qui est censé le protéger ?
    Mais cela ne participe-t-il pas plus généralement à diviser au maximum la société, tels que le font les woke et mondialistes , pour en rendre plus vulnérables ses individus?

  3. Protéger ses enfants, c’est protéger leur innocence. Ce n’est pas grâce à des comptines inappropriées que l’on viendra à bout de la pedocriminalité. Ces comptines ont quelque chose de dérangeant tant pour les enfants qui les entendent, que pour les adultes qui les enseignent. Il est bon d’avertir les enfants qu’il y a des interdits, et, je crois que ce sont les parents qui peuvent trouver les mots, dans la discrétion.

  4. L’éducation sexuelle semble être l’apprenissage du touche-pipi… Le touche -pipi o l’apprend tout seul à la puberté alors… Par contre cette forme déducation à la mode semble expliquer aux enfants que la pédophilie est normale….

  5. Tout pédophile condamné définitivement devrait, outre la peine de prison et l’amende, être castré chimiquement sans possibilité de refus.
    Comme ça on serait quitte d’apprendre des contines ridicules aux enfants.
    Ce pays est maboule en apprenant aux enfants des trucs ridicules au lieu de s’attaquer aux criminels. C’est symptomatique de cette idéologie gauchiste qui veut que le criminel soit une victime.

  6. Nous somme vraiment dans une société de dégénérés où le bien et le mal ne font plus qu’un… avec un avantage pour le mal.

  7. Laissez les enfants grandir à leur rythme , arrêter de vouloir des Petits « adultes » , arrêtez de faire des enfants « roi » vous n’obtenez que des tyrans domestiques où les adultes se plient à tous leurs désirs et ces petits tyrans deviennent des délinquants lorsqu’ils sont ados car il n’acceptent pas la contradiction !
    l’ Enfant doit rester un enfant , il doit jouer ( ce que les parents leur interdisent à partir de 7/8 , ! Ces parents les prennent pour des génies et ne cessent de leur dire tu est trop grande pour jouer à la poupée , tu est trop grand pour jouer avec le train ou les petites voitures !
    Ces enfants ne lisent pas , les parents n’ont jamais pris le temps de prendre un livre de contes pour enfants , de leur lire et d’expliquer ! Ho non ils sont trop grand !!! ils préfèrent leur parler d’agressions sexuelles , de leur inculquer la peur de l’adulte , au lieu de leur apprendre le respect , l’obéissance et de répondre aux questions des petits par des mots qu’ils peuvent comprendre !
    Ne pas éduquer correctement ses enfants devrait être considéré comme de la maltraitance car leur avenir se profile compliqué !!!

  8. Dans quelle société sommes nous ? Je suis loin d’être une « sainte » mais là ça me choque vraiment :
    Entre les programmes douteux EVARS et ça , tout est fait pour salir l’innocence des enfants
    C’est aux parents d’éduquer leurs enfants d’éduquer leurs enfants sur la « question intime », et de surveiller deux fois plus que d’habitude ce qu’ils écoutent ou voient à la tv

    • Je me souviens en 1988 j’avais fait une formation pédagogique (après concours et j’ai vite abandonné l’EN ensuite) où on apprenait aux futurs profs « enseigner c’est d’abord désapprendre »…ça parle.

Les commentaires sont fermés.

Les fautes sur les pancartes résument tout l’échec de l’Éducation nationale