[REPORTAGE] Nous avons testé pour vous : une semaine en immersion… à Bobigny !

À Bobigny, l’argent public finance une ville où communautarisme et islam semblent prospérer.
Bobigny

C’est le genre de vacances que l’on n’oublie pas. Cet été, alors que les incendies ravageaient le Sud-Ouest, il nous a fallu quitter précipitamment la région. Direction la région parisienne, où un ami a proposé de nous accueillir quelques jours. Nous voilà donc partis pour un séjour d’immersion à Bobigny, loin des plages, des terrasses ensoleillées et des belles destinations estivales. Une semaine riche en découvertes… et en surprises.

Une ville où coule l’argent public

À peine sorti du métro Pablo-Picasso, une chose saute aux yeux : Bobigny est tout sauf une ville délaissée. La rénovation des alentours est visiblement très récente. Autour de la station, le nouveau Cœur de ville a fait surgir logements, voiries et équipements, tandis que les chantiers se multiplient dans plusieurs quartiers. La municipalité revendique d’ailleurs un « très haut niveau d’investissement ». En 2025, son budget prévoyait ainsi 92,5 millions d’euros d’investissements, sur un budget total de 238 millions. Une enveloppe conséquente qui permet de financer une succession de projets : nouveau pôle maternel Maximilien-Robespierre, groupe scolaire du Pont-de-Pierre, rénovation de la Maison de quartier de l’Étoile, nouveaux locaux pour la prévention et la tranquillité publique, transformation d’un terrain en square boisé ou encore réaménagement des quartiers Paul-Éluard, Chemin-Vert et Abreuvoir.

@BV

D’où vient tout cet argent ? De partout, ou presque. La ville de Bobigny n’est pas seule à mettre la main au portefeuille : département, région, Est Ensemble, Métropole du Grand Paris et bailleurs sociaux participent, à des degrés divers, à la transformation de la commune. À cela s’ajoutent les divers mécanismes de l’État destinés aux communes jugées défavorisées. En 2025, Bobigny a ainsi bénéficié de 24 millions d’euros de dotation globale de fonctionnement (DGF), dont près de 19,5 millions au titre de la dotation de solidarité urbaine (DSU), ainsi que de 6,1 millions d’euros du Fonds de solidarité des communes de la région d’Île-de-France (FSRIF). Surtout, la ville compte 44.479 habitants, soit 81 % de sa population, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Elle bénéficie donc à plein des dispositifs destinés aux territoires dits « populaires ». À cela s’ajoute le gigantesque programme de renouvellement urbain de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), dont le montant atteint 168,67 millions d’euros de concours financiers prévisionnels pour Bobigny…

Des dizaines d’agents RATP à l’utilité mystérieuse

En bas des bâtiments flambant neufs, les différentes lignes de transports publics s’entrecroisent. Bus, métro, tram… la population locale bénéficie de moyens de locomotion aussi nombreux que récents. Et ce n’est pas fini : la ville sera prochainement desservie par la toute nouvelle ligne 15 du Grand Paris Express. Deux gares sont actuellement en construction et leur ouverture est prévue en 2031.

En attendant l’inauguration de cette nouvelle ligne express, les Balbyniens composent avec le réseau déjà existant. La station Pablo-Picasso fait figure de pôle de transports majeur à Bobigny. En y passant, on ne peut manquer de noter la présence de nombreux agents RATP vêtus de gilets verts. Officiellement, leur mission est d’informer les voyageurs, les orienter, les assister en cas de perturbation, gérer les flux ou encore veiller au bon fonctionnement de la station. Des agents recrutés en CDI, au salaire fixe de 27.000 euros bruts annuels sur treize mois, hors primes. Mais lors de nos différents passages à Pablo-Picasso, à des heures et des jours différents, c’est surtout leur oisiveté apparente qui nous a frappés : des individus assis, parfois par groupe de six ou sept, discutant entre eux, sans jamais aucun voyageur à renseigner ni flux particulier à gérer. De quoi s’interroger sur leur utilité réelle, mais aussi sur la politique de recrutement de la RATP et sa volonté affichée de s'appuyer sur « le réseau des grands frères pour recruter des personnes issues de la diversité et des quartiers ».

@BV

S’agit-il d’un réel recrutement au mérite ? Ou d’emplois visant aussi à maintenir un semblant de paix civile et à éloigner certains jeunes des trafics et autres activités illicites ? Mystère. Il n’en reste pas moins que ces jobs à l’utilité très relative sont financés sur des deniers publics…

Un remplacement et ses conséquences

L’autre évidence qui crève les yeux de tout visiteur concerne le profil des habitants de Bobigny. En quelques décennies, le peuple historique y a presque totalement disparu. « Les Français de souche n’existent pas », martèlent Pigasse ou Bagayoko, et, en marchant dans les rues de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, on pourrait presque les croire. Il faut dire que la multiplication des logements sociaux n’est sans doute pas pour rien dans ce que certains nomment le « white flight » [fuite des Blancs, NDLR]. Tout comme, par ailleurs, l’insécurité : à Bobigny, le taux de violence hors cadre familial est deux fois plus élevé que la moyenne nationale.

Mais face à ces mouvements de population massifs et rapides, la municipalité n’est pas restée inactive. Elle s’est manifestement adaptée. La toponymie de Bobigny en porte une trace assez spectaculaire. Il suffit de lever les yeux et de lire les plaques signalétiques pour se sentir dépaysé : rue Mouss-Diouf, du nom de l’acteur franco-sénégalais vu dans la série Julie Lescault ; place Rosa-Parks ; rue Miriam-Makeba, du nom d’une chanteuse sud-africaine ; square Boughéra-El-Ouafi, champion olympique né en Algérie ; rue Abdelkader-Mesli, en hommage à un imam maghrébin et « héros méconnu de la Résistance » ; chemin Wangari-Muta-Maathai, militante écologiste kényane ; rue du 19-Mars-1962, date théorique de fin de la guerre d’Algérie… La palme revient sans doute à la rue Mumia-Abu-Jamal, nommée en référence à un militant afro-américain condamné en 1982 pour le meurtre d’un policier blanc de Philadelphie... La municipalité le porte tellement dans son cœur qu’elle a fait de lui un de ses citoyens d’honneur...

@BV

Cette volonté manifeste de faire entrer dans l’espace public des figures étrangères ou issues de l’immigration se double d’un autre phénomène : la multiplication des commerces communautaires. À Bobigny, les points de vente halal sont particulièrement nombreux. Les annuaires spécialisés dénombrent une douzaine de restaurants halal à Bobigny, auxquels s’ajoutent plusieurs boucheries et commerces alimentaires dédiés à la clientèle musulmane.

Le vendredi, c’est mosquée

La fin de notre séjour approchant et la météo se montrant des plus clémentes, nous avons osé une ultime incursion dans Bobigny. Au bout de quelques instants, une réalité nous a rattrapés : nous étions vendredi. Le nombre d’hommes et de tout jeunes garçons en djellabas ne laissait en effet guère de place au doute.

@BV

À Bobigny, l’islam occupe une place très visible dans l’espace public, avec au moins six mosquées et neuf salles de prière recensées. La grande mosquée Assalam, rue de la Bergère, peut à elle seule accueillir 1.200 fidèles. Et, sans surprise, cette pratique flirte parfois avec un islam très radical. Une décision du tribunal administratif de Montreuil de 2024 évoquait l’existence, à Bobigny, d’une « mosquée rigoriste », fréquentée notamment par un homme condamné en 2021 à trois ans et six mois d’emprisonnement pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme. Le prédicateur de cette mosquée y est présenté comme une « figure incontournable de la mouvance islamiste radicale francilienne » et comme prêchant un islam « particulièrement rigoriste ». Le tribunal rapporte également des propos « ouvertement sexistes pouvant s’apparenter à une apologie du viol conjugal » tenus sur sa chaîne YouTube.

C’est sur cette découverte saisissante que s’est achevé notre séjour séquano-dyonisien. Après une semaine d’immersion, nous n'avions plus qu’une envie : reprendre nos valises et partir loin de Bobigny.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 16/09/2026 à 11:03.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

79 commentaires

  1. Tous coupables :
    1968 – accord délétère avec l’Algérie,
    1974 – regroupement familial,
    1981 – Régularisations et immigration de masse,
    et tous les suivants qui ont aggravé la situation sans demander aucune contrepartie aux pays concernés et à leurs ressortissants.
    Tous ça à crédit.
    Qui paie ?
    Les français ont choisi les pires politiques ou ont été trahis par eux : UMP, LR etc.

  2. Le contribuable paie pour se faire chasser de son pays. Lors de la Révolution, c’est comme s’il avait payé son bourreau pour se faire décapiter par lui.

  3. la seine st denis c’est la californie sans la mer non ? Dans tous les cas, si je suis obligé de déplacer le lieu de mes vacances, ce ne sera l’option que je choisirais

  4. Je suis heureux d’avoir 65 ans et de me dire que je n’aurais pas à supporter ce délabrement de la société. Merci nos politicards

  5. Aucun touriste étrangers vous dira que cette France est la France. En tant que français, je pense comme les touristes et je trouve ça inadmissible qu’il y ait des pays dans le pays, en plus ces pays nous coûtent énormément d’argent. Soit ils vivent à la française et sont français, soit ils vivent comme dans des pays étrangers mais ne le sont pas…

    • Donc en France , le français de souche n’existe pas, n’a jamais existé.
      Qu’en est-il en Afrique ? Africains de souche ou non ?

  6. Les Frères Musulmans occupent le terrain, là comme ailleurs et aucun des prétendants à la prochaine élection ne s’en préoccupe, ou si peu.
    L’avenir est bien sombre, à moins que la femme ou l’homme providentiel émerge au. sein de ce casting désolant : à ce jour, aucun ne peut nous donner une lueur d’espoir. Quelle médiocrité !

      • J’ai mal au cœur de voir ce qu’est devenu mon pays tous ces politiques qui ont laissés faire je les vomis si j’étais plus jeune je quitterai la France

    • N’est ce pas l’inérrable mitterrand qui avait dit aux étrangers , début annnées 80, »vous êtes chez vous chez nous » ? Le troupeau électoral avait trouvé ça très bien,puisqu’ill l’avait réélu .

    • Oui, c’est le discours des crétins & des menteurs manipulateurs !!!
      Mais, demandez-leur ce que signifient « Extrême droite », « Nazi », « Fasciste », … étiquettes que ts ces crétins utilisent & vs remarquerez qu’ils ignorent totalemt le sens desdits concepts !!!

  7. On nous vantait le « vivre ensemble », on a le « vivre ailleurs ».
    Le Grand Remplacement se traduit aussi par l’imposition dans le paysage urbain de nouvelles figures ou événements plus en phase avec la population locale. Quitte à cracher au passage sur la France, bien que terre d’accueil, et son Histoire notamment coloniale. Ce n’est pas fini. On en regretterait presque les rues, avenues, boulevards Lénine ou Ho Chi Mihn quand les communistes étaient au pouvoir de ces communes aujourd’hui communautarisées.

  8. C’est très bon pour notre impact Carbonne car autrefois on prenait l’avion pour se dépayser et on allait au Maroc en Tunisie et il fallait changer de la monnaie !!Maintenant un coup de métro et nous sommes dépaysés et on peut payer en Euros !!Pas belle la vie ??Vive le progrès !!

  9. Cela se nomme le Grand Remplacement avec la complicité vénale de nos  » élites  » actuelles !!!!
    Vite, un CHOC en 2027 sinon tout notre pays sera comme ça !!!

    • Je rappelle que pour une certaine Bretonne ,au plus haut dans les sondages,le  » grand remplacement « n’est qu’une théorie complotiste.Autrement dit,ça n’existe pas.

  10. Voilà une révélation édifiante et beaucoup plus symptomatique d’une réalité que le port de quelques voiles montré du doigt !

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