Cher Théophile,

D’étudiant à étudiant, j’ai apprécié lire votre petit “pamphlet” pour nous parler de “”, nous qualifiant de “Vieille Garde”. Déjà, j’accepte l’héritage que vous nous offrez : la Vieille Garde de n’était-elle pas celle à qui il faisait le plus confiance ? N’étaient-ils pas les plus expérimentés des grognards ? Les plus courageux ? En somme, à tout prendre, je garderai surtout ce compliment !

Car finalement, cher Théophile, je vous répondrai en paraphrasant ce bon vieux Valéry Giscard d’Estaing que tous deux nous ne connaissons que par cette phrase : “vous n’avez pas le monopole de la grogne.” Surtout quand nous voyons, dans un mouvement pour lutter contre une loi, qu’une grande partie des manifestants n’ont pas lu ladite loi (et je parle d’expérience puisque moi-même, juriste, j’ai eu du mal à finir ce texte, tant il était indigeste) mais l’ont connue grâce aux anars, cocos, altermondialistes et autres internationalistes qui gravitent dans votre mouvement : ils grognent sur ce qu’ils ne connaissent pas !

Vous parlez d’un mouvement « démocratique, horizontal et serein ». Et je veux bien croire que les débats sur la place de la , le soir et la nuit, soient passionnants et enivrants, à l’évocation de Rousseau, Descartes, et autres philosophes des Lumières (que je n’aime pas, vous vous en doutez). Cependant, on retient surtout les dégradations, les bastons contre les CRS, les junkies, les et les “picolos” qui envahissent la place : le côté “Fête de l’Huma”, en somme… Et citant OSS 117, ce célèbre philosophe, en un mot : “Changer le monde ! Changer le monde ! Vous êtes bien sympathique mais il faudrait déjà vous lever le matin !”

En vous relisant je tombe sur les propos que vous nous attribuez : et justement, les “mal-pensants” que nous sommes regrettons les “idiots utiles” que vous êtes. Ces “Indignés”, pour reprendre le mot de Stéphane Hessel, ces gauchistes libertaires et individualistes, ces utopistes qui rêvent la solidarité au lieu de l’exercer au quotidien. Ces râleurs invétérés qui croient en la révolution internationale après avoir, pourtant, hérité de tous ses “bienfaits” sociaux et sociétaux.

En bref, cher Théophile, nous regrettons de voir que la que vous incarnez croit encore qu’elle est du côté des révolutionnaires alors qu’elle est idéologiquement du côté des oppresseurs.

Il y a un point que nous partageons cependant, c’est la défense de nos idéaux : chacun de notre côté, nous défendons ce que nous croyons juste. Je battais le pavé pendant les Manifs pour tous et pestais contre les policiers. Vous le battez maintenant contre le projet de loi Travail pour fonder, à votre avis, l’avenir de demain. C’est notre privilège de “jeune” d’y croire et de nous opposer, maintenant et dans le futur, dans ce pays ! Mais sachez, pour reprendre encore une bonne parole, que “la garde meurt mais ne se rend pas” !

Gageons, au moins, que ça nous réserve de belles joutes verbales !

16 avril 2016

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.