Blog - Editoriaux - Justice - Politique - Religion - Société - 9 janvier 2015

Quand on est c…

La bêtise étant la chose du monde la mieux partagée, il n’est pas surprenant, après l’attentat visant Charlie Hebdo, de lire ou d’entendre ici ou là des réactions consternantes. S’il ne s’agissait que de celle du Café du Commerce, on pourrait éventuellement s’en contenter. Lorsqu’elles proviennent de politiques ou de journalistes qui, comme chacun sait, font l’opinion, c’est beaucoup plus ennuyeux.

Un fait est certain : les tueurs sont d’origine arabe, de confession musulmane, et ont crié « Le Prophète est vengé » au moment de commettre leur forfait. Un autre fait certain, c’est que le journal Charlie Hebdo s’était signalé, depuis plusieurs décennies, par ses outrances, par sa dérision systématique à l’encontre de toutes les valeurs qui structuraient autrefois la société, des corps constitués, de la police, de la justice, et bien entendu des religions.

Il ne semble donc pas aventureux d’établir un lien entre cette attaque terroriste et la publication par le même journal des caricatures de Mahomet, qui avaient fait scandale il y a quelques années.

Que n’avons-nous entendu ? Certains évoquent sentencieusement une atteinte grave à la liberté d’expression. Des bâtonniers et des magistrats ont organisé des rassemblements et des minutes de silence. Chacun se croit obligé de poster sur sa page Facebook le désormais célèbre « Je suis Charlie » sans s’interroger sur ce que cela signifie.

Mais le plus affligeant est l’extrême soin avec lequel les journalistes et politiques évitent de prononcer le mot « islam ». Gérard Filoche, député socialiste, a diffusé sur son blog un post intitulé « Liberté d’expression, droit au blasphème ». Il y a ajouté quelques dessins émanant de divers dessinateurs satiriques, dont le caractère profondément antireligieux démontre que leurs auteurs n’ont rien compris à ce qui s’était passé.

Le très gauchisant Mediapart procède évidemment, comme d’autres avant lui, à un amalgame avec le Front national. On a du mal à comprendre, là encore, quel lien pourrait être fait entre le parti de Marine Le Pen et les terroristes qui ont tiré à la kalachnikov sur des journalistes. Mais il ne fait en cela que suivre la ligne officielle, celle de messieurs Valls et Hollande, qui persistent à nous prendre pour des débiles profonds en invoquant la nécessité de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, au lieu de dénoncer une fois pour toute la lecture littérale du Coran effectuée par ces tueurs, comme si ces derniers avaient été armés par l’extrême droite pour commettre ce crime abominable.

Nombreux sont ceux qui se sont exprimés, sur ce site, à ce sujet. Il n’est pas nécessaire de les paraphraser. Mais après cet attentat, et ceux qui suivront sans aucun doute, la société civile – car il ne faut rien attendre des politiques – aura-t-elle la lucidité nécessaire pour enfin débattre sereinement de la question, pour permettre aux musulmans de s’approprier ce débat et de sortir du piège dans lequel l’antiracisme officiel les a enfermés depuis trente ans, en assimilant lecture critique de l’islam et racisme ?

Mais le summum de la pensée a été atteint par Jean-Michel Ribes, qui s’est livré sur BFMTV à un amalgame entre les intégristes musulmans et les intégristes catholiques qui, comme chacun le sait, trouvent dans l’Évangile la justification des actes terroristes qu’ils commettent chaque jour. Les mots manquent pour dénoncer une telle abjection.

Comme quoi la preuve est faite, à chaque drame, que les gens dits intelligents sont souvent beaucoup plus cons que le commun des mortels. Mais nous le savions déjà…

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