Culture - Editoriaux - Histoire - Politique - Presse - 9 janvier 2015

L’unité nationale n’est pas possible !

Après le drame de Charlie Hebdo, la prise de conscience amère, et les réactions, l’espace d’un instant, on a cru pouvoir retrouver une unité nationale que l’on croyait perdue. La France est attaquée et les Français se retrouvent pour faire front commun contre la barbarie.

Très vite sont organisés, partout en France, des rassemblements en soutien aux victimes et surtout à leurs familles. Des foules disparates, de toutes obédiences politiques et religieuses. J’ai espéré y voir la réponse appropriée au Suicide français. Non, M. Zemmour, le peuple français ne meurt pas, il se révolte !

Mais à la Roche-sur-Yon, malgré le millier de personnes rassemblées, et ce slogan (“Je suis Charlie”) repris par la cohorte des manifestants, l’espoir a été de courte durée.

D’abord, le rejet du slogan “Je suis français”, qui est pourtant le dénominateur commun de tous les morts d’hier, quelques huées. Ensuite, pas un mot sur les policiers tués. Puis un drapeau français, brandi par un étudiant, est arraché par un soixante-huitard, au cri de “On n’est pas là pour ça !”. À ceux qui lui expliquent que c’est la France qui a été atteinte, il répond crânement que la France n’a rien à voir dans cette histoire, c’est la liberté de la presse qui a été attaquée (comme à Nantes ? À Dijon ? À Malakoff ?), la tension monte. Enfin, pour clore le rassemblement, une quinzaine d’étudiants entonnent “La Marseillaise”, déclenchant un affrontement oral, les invectives pleuvent. L’animosité de la foule devient palpable, les policiers rentrent en action, et écartent… ceux qui chantent “La Marseillaise”, alors même qu’ils semblaient être les seuls à témoigner de la solidarité pour les policiers abattus.

Alors oui, j’ai cru que les Français étaient encore un peuple. J’ai cru que la fusillade provoquerait une prise de conscience. J’ai cru que les symboles français étaient encore signes de cohésion. J’ai cru que la culture de l’excuse et du #pasdamalgam allait s’éteindre. J’ai cru beaucoup de choses, mais hélas la réalité finit toujours par nous rattraper et elle fait mal.

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