Editoriaux - Livres - Table - 14 août 2013

Livres de l’été/Les guerres d’Afrique (3/5)

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Durant cet été, Boulevard Voltaire veut mettre à l’honneur des livres qui, nous semble-t-il, sont remarquables pour le constat qu’ils dressent ou les questions qu’ils posent. Des livres dont nous vous avons déjà parlé, pour la plupart.

Nous vous proposerons donc, chaque semaine, du lundi au vendredi, cinq extraits d’un de ces ouvrages. Et pour poursuivre ce voyage dans les meilleurs des essais de ces derniers mois, des morceaux choisis du livre de Bernard Lugan Les guerres d’Afrique : Des origines à nos jours (Éditions du Rocher)

Le terrorisme débuta quelques semaines après l’annulation du 1er tour du scrutin de 1992 avec l’assassinat de huit policiers dans la Casbah d’Alger puis, le 26 août, une bombe explosa dans l’aéroport d’Alger, faisant 9 morts et 128 blessés.

Le 24 décembre 1994, le GIA détourna un avion d’Air France vers Marseille, 3 passagers et les 4 pirates furent tués. Toujours en 1994, face à l’augmentation des attentats et des massacres, des milices d’autodéfense furent constituées à travers le pays.

Le 30 janvier 1995, un attentat à la voiture piégée devant le commissariat central d’Alger fit 42 morts et 286 blessés quand, durant les mois de juillet à octobre, la campagne d’attentats toucha la France, y faisant au total 10 morts et 200 blessés.

Le 27 mars 1996, sept moines français du monastère de Tibhirine furent enlevés par le GIA. Cette année-là, la population de villages entiers fut massacrée.

Au mois d’avril 1997 se déroulèrent des tueries de masse, notamment à Thalit et à Bentalha, où des dizaines de civils, dont des femmes et des enfants, furent éventrés, fracassés, dépecés. Durant l’été 1997, les massacres de civils firent un millier de morts. Refusant cette escalade meurtrière, au mois d’octobre 1997, l’AIS (Armée islamique du salut), bras armé du FIS, proclama une trêve unilatérale, prélude à une rupture qui éclata au grand jour avec le GIA.

Après une légère baisse des massacres au quatrième trimestre 1999, les violences reprirent avec une sauvagerie encore inégalée durant l’année 2000, dépassant même la phase des massacres collectifs de l’année 1997. C’est ainsi que durant le mois de ramadan, plus de 500 morts furent à déplorer dans des tueries cruelles, comme celle de 17 collégiens égorgés dans leur dortoir du lycée professionnel de Médéa. Ce fut même une véritable guerre qui se déroula alors, puisque durant la seule semaine du 11 au 16 décembre 2000, plus de cent civils furent massacrés tandis que l’armée perdait au combat une soixantaine d’hommes à travers tout le pays. À la fin de l’année 2000, le nombre des morts depuis l’annulation du scrutin électoral de 1992 était proche de 100.000.

En 2001, les attentats firent 1.300 morts, cependant que 600 islamistes armés étaient tués par les forces de l’ordre.

A partir de 2002, le nombre des attentats terroristes baissa, faisant pour toute l’année moins de 500 victimes, phénomène probablement lié à la mort, le 8 février, du chef du GIA Antar Zouabri.

Le 18 juin 2004, Nabil Sahraoui, chef du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) et quatre de ses lieutenants furent tués en Kabylie par l’armée. Au début du mois de janvier 2005, les autorités algériennes annoncèrent la mise hors d’état de nuire du GIA mais le GSPC était encore capable de mener des actions violentes, ce qu’il ne se priva pas de faire au mois d’octobre 2006 en lançant une campagne d’attentats dans la région d‘Alger.

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