Cette réflexion vient d’un universaliste, Kacem Madani (LeMatindz.net du 19 février), lors de l’arrivée simultanée, le vendredi 13 février 2015, à l’aéroport d’Alger, des cercueils de Roger Hanin et d’Assia Djebar, poétesse et membre de l’Académie française. Le premier mis en terre avec tous les honneurs des officiels et la seconde dans la stricte intimité dans son village du Chenoua :

« Cette terre qui les a tous deux vu naître à une époque où tout le monde rêvait d’une meilleure.
Roger Hanin a quitté l’ bien avant le funeste ultimatum “la valise ou le cercueil” adressé par le FLN à tous les non-musulmans d’ et Assia Djebar l’a quittée quelques années après l’indépendance pour échapper à une arabisation empressée et insensée, présageant de l’actuel sort de son pays, transformé en cercueil à ciel ouvert.

Un regard lucide sur notre histoire récente permet de s’apercevoir que nul autre choix que la valise ou le cercueil n’était donné à tous les Algériens avant et depuis l’indépendance, qu’ils fussent pieds-noirs, harkis, chrétiens, juifs ou musulmans, qu’ils appartiennent à des lignées récentes ou à des souches millénaires, celles de nos seuls ancêtres, les Berbères.

Lors de l’indépendance, les pieds-noirs, sous une menace cruelle, ont préféré prendre la valise pour éviter le cercueil. Après l’indépendance, c’est la même forme de violence et de chantage qui pousse les Algériens à préférer la valise au cercueil. La barbarie islamiste aidant, ce sont des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui ont fui et qui fuient à cause d’un pouvoir imposé depuis 1962.

Tous ces hommes et ces femmes ont aimé l’ et les voir ainsi partir, c’est une partie de nos rêves qui s’effrite, le rêve de cette Algérie de fraternité qui fout le camp obstinément, génération après génération. »

Mais hier (El Watan du 25 avril), nous pouvions lire le discours diamétralement opposé, celui d’un politicien, Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, après la visite controversée du secrétaire d’État aux Anciens combattants (et à la mémoire) Jean-Marc Todeschini : « Tôt ou tard, la France reconnaîtra les crimes perpétrés contre le peuple algérien pendant l’époque coloniale. Les massacres commis par la France en durant et avant la révolution, et la torture pratiquée à l’encontre du peuple algérien durant l’ère coloniale. »

Il est évident que c’est ce dernier discours qui est entendu et apprécié par l’ensemble de nos politiciens, par toute cette gauche affligeante, par tous ceux qui flétrissent la France, la condamnent et lui demandent de faire repentance.

C’est avec des hommes comme Kacem Madani, des intellectuels algériens lucides, qu’il est nécessaire de débattre sur le passé, le présent et l’avenir, et non pas avec des politiciens qui ressemblent terriblement aux nôtres et des « intellos gauchos » totalement ignorants des sujets qu’ils s’imaginent connaître.

Kacem Madani nous fait comprendre pourquoi des centaines de milliers d’Algériens quittent leur pays pour la France, mais ce que l’on comprend bien moins, c’est pourquoi ces Algériens souhaitent reproduire chez nous ce qu’ils ont fui chez eux...

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29 avril 2015

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