Le 27 juin 1914, l’attentat de Sarajevo déclenche une guerre mondiale et met fin à « l’âge d’or de la sécurité ».

L’attentat de Sarajevo a ouvert une période d’intense « brutalisation » des rapports humains. Les garanties et les protections apportées par les lois à la personne humaine ont volé en éclats au cours de la première guerre mondiale et lors des affrontements de totalitarismes qui ont suivi.

L’assassin est un étudiant Serbe de Bosnie âgé de 19 ans, il fait partie d’une petite organisation nationaliste clandestine qui rêve d’unir les Slaves du sud. Les victimes directes de l’attentat sont le prince héritier de l’Empire d’-Hongrie et son épouse. Ses victimes indirectes sont toutes celles de la Première guerre mondiale ; mais aussi une certaine forme de civilisation européenne. Les français en parlent comme de la « belle époque », l’écrivain autrichien Stefan Zweig évoque avec nostalgie « l’âge d’or de la » dans son grand récit : d’hier.

Le destin du jeune tireur, Gavrilo Prinzip symbolise parfaitement le basculement des mentalités au cours de la première guerre mondiale. Agé de moins de vingt ans, il n’est pas exécuté, contrairement à ses complices. Les lois de l’Autriche Hongrie considèrent qu’il faut protéger la personne de ceux qui ne sont pas encore tout à faite des adultes pleinement responsables de leurs actes. Il vivait dans un monde où un parlement assurait des droits aux citoyens et une protection aux plus faibles. Selon Stefan Zweig, le siècle qui s’ouvrait pouvait « envisager l’avenir sans appréhension » car « il ne s’en fallait plus que de quelques décennies pour que les dernières survivances du mal et de la violence fussent définitivement dépassées… on croyait déjà plus en ce progrès qu’en la Bible ».

Condamné à vingt ans de prison, Gavrilo Prinzip est mort de la tuberculose quatre ans plus tard, en partie à cause du froid et de l’humidité de sa cellule et des mauvais traitements de ses gardiens. Il a été une victime parmi tant d’autres de « l’explosion de bestialité collective » que décrit Stefan Zweig dans la suite de son récit interrompu par son suicide en 1942.

La mémoire de l’attentat de Sarajevo nous rappelle l’entrée dans la première guerre mondiale, il faut aussi qu’elle nous fasse réfléchir aux conséquences morales du premier conflit mondial. Le XXe siècle a montré qu’un monde pleinement humanitaire et débarrassé de la violence est impossible, il a aussi montré qu’il est des « justes » qui ont su résister au mal au nom du respect de la personne humaine.

27 juin 2014

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