Editoriaux - Histoire - Justice - Politique - 30 mai 2015

Hollande, Sarkozy ? Dix ans après avoir dit « non », les Français n’en veulent plus

Dix ans. Il y a dix ans, déjà, les Français ont voté « non » au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Plus de 54,68 % des suffrages exprimés l’avaient été en faveur du « non ». Pour la première fois de notre histoire, un traité européen était massivement rejeté dans les urnes. Il fut pourtant porté par un ensemble puissant d’hommes politiques représentatifs de l’alternance entre la pseudo-droite et la pseudo-gauche, dont nombre d’entre eux exercent encore aujourd’hui le pouvoir au sein de l’actuel gouvernement sociétaliste. François Hollande et Nicolas Sarkozy militaient ensemble avec ferveur pour le « oui » ; ils ont pourtant, chacun, été élus à la fonction suprême de la Cinquième République, et en ont profité pour renforcer la puissance des institutions européennes au-delà de toute mesure.

Nicolas Sarkozy, dans son interview de retour en politique accordée au Figaro Magazine en 2014, déclarait qu’il ne regrettait pas d’avoir fait ratifier le référendum par la voie parlementaire lors de son mandat présidentiel, car la question posée à l’époque au peuple français en comprenait “plusieurs centaines”. Il sous-entendait donc que les Français sont incapables de se prononcer démocratiquement sur des questions qui engagent l’avenir du bien commun et de la souveraineté nationale. Au fond, il pense strictement la même chose que Jean-Claude Juncker, qui estime de son côté qu’“il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”. Ces gens nous pensent-ils trop bêtes, ou trop rebelles ?

Comble de l’hypocrisie : Nicolas Sarkozy affirmait plus loin dans l’entretien qu’il comptait restaurer le référendum dans son plein et entier esprit gaullien. Pour lui, comme pour François Hollande, les Français ne devraient donc avoir le droit de s’exprimer que lorsqu’ils renforcent leurs positions respectives au sommet de l’État mais pas sur les questions fondamentales.

Pas étonnant, dans ces conditions, que le peuple commence enfin à se réveiller et à regarder d’un mauvais œil les deux partis de l’alternance et leurs chefs respectifs. Ils ont été dépossédés de leurs votes une fois, puis deux, puis enfin trois. D’abord trahis sur la question de la construction européenne, puis trahis par Nicolas Sarkozy sur les questions essentielles de l’immigration et de la sécurité, une dernière fois trahis par François Hollande qui applique depuis trois ans un programme politique complètement délirant et dangereux tant à l’intérieur de nos frontières (à tous les niveaux, de l’Économie à l’Éducation nationale en passant par la Justice) que dans sa stratégie diplomatique.

Un sondage Odoxa pour Le Parisien vient illustrer ce que les observateurs attentifs de la vie politique pouvaient subodorer : François Hollande et Nicolas Sarkozy ne sont plus perçus comme des recours d’avenir pour la France. Ils sont 72 % à ne pas souhaiter que Nicolas Sarkozy soit candidat en 2017, et 77 % à rejeter François Hollande. Le peuple français prend son temps, observe, attend. Une fois qu’il a compris, il ne fait plus confiance. Dehors, les traîtres. Vite, l’alternative !

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