Les couvertures des hebdomadaires ne m'ont jamais choqué. La plupart du temps vulgaires, outrancières ou partisanes, je les perçois comme une rançon inévitable de la liberté d'expression.

Par exemple, si j'éprouve une saturation face à Paris Match qui nous propose de manière lassante et répétitive Sarkozy avec Carla, Carla avec Sarkozy, le possible retour de celui-ci ou les vacances des deux, je ne suis pas indigné. Je ressens seulement une tristesse devant cet encens promotionnel alors que Paris Match sait donner sur d'autres sujets le meilleur de lui-même.

Plus sérieusement, je me trouve en complet désaccord avec la couverture provocatrice de Valeurs actuelles qui traite, en très gros, de "roi fainéant" et, en sous-titre, de "président potiche".

Je conçois bien qu'un hebdomadaire de droite ou de gauche a besoin, pour attirer le lecteur, de lui imposer un choc qui rejoint son opinion profonde ou la contredit brutalement. Il faut qu'une couverture de magazine résume, sans se préoccuper d'une quelconque nuance, avec la force du péremptoire et le sommaire de la polémique, le point de vue qui sera développé dans les pages intérieures.

(...) Comment oser résumer l'analyse politique cohérente, certes unilatérale mais admissible, de l'excellent Raphaël Stainville par cette indélicatesse et cette humiliation ostensibles présentant le président de la République comme un "roi fainéant" avec tout ce que nos mémoires charrient de négatif au sujet de cette appellation ?

a été élu président de la République. Il est clair que depuis plus de deux ans, il a déçu la gauche qui ne rêvait pas de social-démocratie et la droite transfuge de 2012 qui aspirait à une forme tempérée, intelligente et équitable du pouvoir. La première a été trompée et la seconde a été trahie.

est un président de la République qui échoue, d'autant plus rudement que son optimisme tactique a récemment été contraint de s'amender, de s'infléchir. D'autant plus tristement que son gouvernement et lui font tout ce qu'ils peuvent avec une bonne volonté et une énergie constantes mais qu'à l'évidence la réalité et ses problèmes demeurent plus forts qu'eux, leur imposent d'insolubles interrogations.

Le président de la République n'est pas plus un "roi fainéant" qu'une "potiche. Il travaille, il se dépense, il se déplace, il organise, il parle, il nomme, il annonce : par quelle perversion, par quelle malédiction cette volonté de se camper sur tous les fronts, de se montrer à la fois "normal", efficient et plausible ne parvient-elle pas à démentir l'impression que la France tourne cependant à vide, comme un pédalier dont la chaîne aurait déraillé ?

Je ne suis pas persuadé que cette offense en couverture, paradoxalement, tellement contraire à la quotidienneté de ce président qui, pour n'être pas agité, s'emploie sans cesse, ne lui rende pas service, tant même ses pires adversaires lui dénient beaucoup mais pas le fait de n'être pas un paresseux. Ni roi fainéant ni président potiche.

Mais un président qui fait du surplace. Et la France avec lui. (...)

Déplorer l'échec d'un président en le respectant est plus salubre que de lui offrir la chance d'une invraisemblable dérision.

Extrait de : François Hollande n'est pas "un roi fainéant"

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27 juillet 2014

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