La France, et la droite, à qui va bientôt revenir la responsabilité d'assumer son gouvernement dans les circonstances difficiles que l'on sait, cherchent un chef de l'État. Non seulement pour remplacer celui qui en fait office, faute de mieux, depuis 2012, mais aussi, dans l'esprit de beaucoup de Français, de plus en plus inquiets et impatients, pour reprendre le pays en main, le remettre sur pied, en finir avec l'idéologie et réinstaller à bon escient l'autorité et la liberté là où elles font cruellement défaut.

L'avenir dira si la tribune publiée par dimanche dans le JDD aura été le premier acte du sursaut et du réveil auxquels les Français aspirent.

Dans cette atmosphère étrange d'un état d'urgence permanent et de la "comédie" sur la déchéance de nationalité, François Fillon a été le seul à prendre de la hauteur et à dénoncer l'initiative hasardeuse de M. Hollande. "Par cette révision constitutionnelle" écrit-il, le pouvoir veut se donner les apparences de l'action. C'est une faute ! La posture est le de la fébrilité. Le Président et son gouvernement escomptent que l'émotion submerge toute critique à l'encontre de ce projet inutile. Ils invoquent l'unité nationale autour d'une réforme qui n'a pas de sens et qui a divisé le sommet de l'État lui-même. J'invite les parlementaires à dire “non”. Nul n'est tenu de céder au chantage de la peur […]. Face au terrorisme, la résolution et le calme valent mieux que les initiatives improvisées. S'il faut encore renforcer notre arsenal […], faisons-le par la loi, sans triturer notre Constitution. Notre texte suprême n'est pas un outil de communication. Se rendre pour si peu au Congrès à Versailles tiendrait plus d'une comédie que d'une réponse déterminée de la République."

Ce faisant, M. Fillon a gagné sur les tous les tableaux : face à un Président discrédité et en perdition dans les sondages, il s'érige en opposant de haute tenue, défenseur gaullien de la Constitution. Au sein d'une qui est tombée dans le piège qui lui était tendu, il se démarque nettement des inconséquences de ses rivaux, MM. Juppé et Sarkozy, trop vite engagés, par calcul, par leur "oui" à M. Hollande. Enfin, sur cette question, il n'a pas à se distinguer de Mme Le Pen, qui soutient M. Hollande.

Nicolas Sarkozy, distancé dans les sondages, a senti l'importance de la fronde qu'avait lancée celui qui ne fut pendant cinq ans que son docile second. Annulant son déplacement à Arcachon pour faire la promotion de son livre, il a décidé d'aller plaider devant les parlementaires le "oui" à la réforme constitutionnelle.

Désormais, la balle est dans leur camp. Auront-ils le courage, comme François Fillon, de s'affranchir de l'autorité de Nicolas Sarkozy et d'apparaître, enfin, comme une opposition intelligente et vigoureuse face à un pouvoir déliquescent qui ne sait plus brandir que le chantage opportuniste à l'union nationale ?

"J'invite les parlementaires à dire “non”."

Cette petite phrase à la référence historique bien sentie, beaucoup de Français et d'électeurs de savent gré à François Fillon de l'avoir prononcée et seraient prêts à la redire avec lui, sur bien d'autres sujets.

10 février 2016

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