Quand vous lirez ces lignes, le résultat du référendum hongrois sur l’accueil des migrants sera connu, et les commentaires – d’une parfaite neutralité, bien sûr - iront bon train dans les médias du système. Mais pour l’heure, ce samedi, France Info est bien obligée de faire service minimum pour évoquer un peu l’affaire.

On aurait pu naïvement penser qu’à cette fin, la radio d’État interrogerait des Hongrois d’opinions diverses, simples citoyens, journalistes, voire politiciens. Mais pas de ça, Lisette : à France Info, on casse les codes et on évite les stéréotypes, alors on va questionner… une Sicilienne ! Une nommée Luisa Pace. C’est ça, la mondialisation : il n’y a que 28 heures de route de Palerme à Budapest et, comme disait le slogan, « France Info rapproche le monde ».

Pourquoi pas, après tout, si la compatriote de Don Corleone est une spécialiste des Magyars ? Mais on nous présente l’Italienne comme une journaliste. Pas de Il Tempo ou du Corriere della Sera, mais du site Valle dei Templi. Kekseksa ? Un clic sur Google et on constate que c’est celui de l’office du tourisme d’Agrigente ! Étonnant, non ?

Donc, avec son petit accent glamour à la Monica Bellucci, la "journaliste" commence à nous expliquer à quel point le hongrois tente honteusement d’influer sur le résultat par un matraquage médiatique généralisé. (Ce n’est pas en France qu’on verrait de telles méthodes…) Mais, de toute façon, cela échouera parce qu’il faut 50 % de votants pour valider le scrutin, et que la gauche (courageuse mais pas téméraire) prône le boycott. Enfin, ce référendum "tendancieux" n’intéresse pas le peuple.

Elle reconnaît toutefois que, très majoritairement, ce même peuple hongrois ne veut pas que l’on installe des migrants dans ses belles plaines de la Puszta. Mais de là à lui poser honnêtement la question, madame Pace estime qu’il s’agit là d’une odieuse dérive populiste. (C’est vrai, demander aux gens ce qu’ils pensent, c’est très dangereux. Voyez les 2.500 habitants d’Allex bâillonnés par le préfet, non mais !) D’ailleurs, qu’est-ce c’est que cette Union européenne qui stigmatise les pays du Sud pour leurs lamentables gestions budgétaires, alors qu’elle est pleine d’indulgence pour les pays de l’Est qui "ne respectent pas le contrat" sur les migrants ? (On ne voit pas bien le rapport mais, comme disait Jean-Marie, c’est sûrement un point de détail…)

Et il y a plus affreux (elle n’a pas retrouvé le mot "nauséabond") encore : les Italiens, les chers compatriotes de Luisa, ne sont pas, eux non plus, très chauds pour le Grand Remplacement. Mais même si ce n’est pas une excuse, il y a une explication : les tremblements de terre. Eh oui, L'Aquila en 2009, Amatrice cet été, ils ont déjà tant des leurs à reloger après les séismes, alors vous comprenez, faire passer les étrangers avant les nationaux… (Là, ce n’est plus du populisme, c’est de la gestion foncière.) Alors si, après cette flamboyante leçon d’objectivité journalistique, vous n’avez pas compris de quel côté penchait le cœur des de France Info, on ne peut vraiment plus rien pour vous !

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2 octobre 2016

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