Fin de vie, fin du monde, fin d'un monde. Délicieuse coïncidence, divin rendez-vous d'une prédiction millénariste d'un peuple disparu et de la malédiction électoraliste d'un peuple en voie de disparition. Heureusement qu'on nous l'annonce pour demain, la fin du monde, on ne l'avait pas vue arriver alors qu'on y va droit dedans ! Un peuple qui remet l'avenir de son renouvellement entre les sexes identiques de couples qui ne peuvent pas se reproduire, la fin du monde, c'est à peu près sûr qu'elle est devant nous. Et d'autant plus dès que la prochaine étape sera franchie, l' active : « Allez le vieux, le malade, tu ne produis plus rien, tu coûtes, on débranche ! »

Et si c'était mon enfant ? C'est la question-critère pour se faire un avis sur la pudiquement dénommée « fin de vie » et qu'on pourrait formuler autrement : comment va-t-on crever et est-ce qu'on aura mal avant que les vers ne viennent nous bouffer ? La loi d'aujourd'hui impose de ne pas s'obstiner et propose de laisser mourir un mourant en soulageant sa douleur, quitte à ce que ce soulagement lui soit fatal. Cette loi est objectivement suffisante mais elle est, selon le rapport Sicard, « mal appliquée voire inappliquée ». La prochaine loi ne s'adresse plus au mourant mais, quelques mois plus tôt, au condamné qui sait que la faucheuse approche. Il s'agit de lui proposer de hâter cette certaine pour abréger les souffrances présentes ou à venir. Un suicide assisté donc. Pourquoi pas, chacun fera selon sa ou son horoscope.

Mais qui ne voit que c'est un coin enfoncé, un pied dans l'entrebâillement de la porte, pour plus tard, comme le Pacs a précédé le Mariage pour tous ? Un casier posé au fond de l'eau changeante de l'opinion pour remonter, plus tard, l' active. L'euthanasie passive donne au mourant la seringue pour en finir mais dans l'euthanasie, ce n'est pas lui qui appuie dessus, c'est la société.

Il y a toujours des exceptions qui justifieront. Pour des lois générales à partir de cas particuliers, on est très fort. Mais le risque est grand de ne plus avoir besoin de canicule pour vidanger une tranche d'âge qui coûte cher en maladie et en retraite sans rapporter beaucoup pour les mêmes raisons qu'un vieux affaibli ne va pas arpenter les grands magasins pour claquer sa pension de misère dans le dernier iPhone. Délire d'anticipation ou prudente prévision ? Le totalitarisme marchand n'est pas moins dangereux que d'autres qui l'ont précédé au XXe siècle. Il prend un interdit et fait patiemment bouger les lignes et les consciences, brique par brique. Doux, insidieux, discret comme des rats nocturnes sur des pavés de bonnes intentions, pendant qu'on dort. La consommation ou la mort !

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19 décembre 2012

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