Editoriaux - Entretiens - Politique - Société - Sport - 28 novembre 2013

Notre naufrage est lent et progressif…

À l’occasion du lancement de sa nouvelle formule, Boulevard Voltaire vous propose une série de courtes interviews. Chaque jour, une personnalité — politique, intellectuel, artiste, sportif, etc. — répondra à une question, toujours la même, qui correspond aux interrogations du moment. Pour terminer ce petit tour d’horizon, c’est Nicolas Dupont-Aignan qui se prête au jeu…

Crise de régime, crise de société ou révolution : selon vous, sommes-nous en 1958, 1968 ou 1788 ?

Aucun des trois ; pour autant nous sommes dans une crise de confiance gravissime. Le peuple français a compris que les gouvernements nationaux ne servaient plus à rien. Il a compris que ses dirigeants n’étaient que les marionnettes d’autorités supranationales ou financières (Bruxelles, Banque centrale européenne, multinationales, grandes institutions financières, etc.).

La question majeure aujourd’hui est de savoir comment cette crise de l’impuissance publique va s’exprimer. Je ne crois pas à la crise de société de 1968 car la population a vieilli et ses préoccupations sont aujourd’hui principalement économiques et sociales ; je ne crois pas non plus à la crise immédiate de régime car les institutions sont solides d’apparence, même si elles sont gangrénées par l’absence de confiance ; je pense plutôt que nous sommes en 1782 ou 1783, dans le lent mûrissement d’une explosion qui prendra une forme nouvelle que nous n’imaginons pas encore.

Allons-nous vers une crise dans les banlieues sous la forme d’une pseudo-guerre civile ou plutôt vers une tentation autoritaire ? On ne peut pas le savoir aujourd’hui. Mais ce qui est sûr, c’est que tous les ferments d’une crise insurrectionnelle sont réunis. Elle ne se manifeste pas encore car les institutions sont particulièrement solides, parce que la France vit de la solidarité familiale et des prestations sociales et parce que le naufrage est lent et progressif. Mais à un moment, nous atteindrons un point de non-retour. Toute la question est de savoir si on est capable, par le suffrage universel, par une autre politique, d’inverser la tendance ou s’il faudra boire le calice jusqu’à la lie. C’est pourquoi je propose une offre alternative politique.

Les protagonistes des Manifs pour tous de l’an dernier peuvent-ils être le terreau de cette rébellion ?

Ce qui est sûr, c’est que nous sommes à la fin d’un cycle, à la fin du cycle post-soixante-huitard de cette fausse liberté. Plus personne n’a confiance dans les partis de gouvernement mais les Français hésitent à se rebeller car ils n’ont pas encore de perspective politique. Et peut-être aussi car certains ont encore trop à perdre. Mais la dégradation étant très rapide, et s’accélérant, il est clair qu’il y aura, à un moment, un point de convulsion. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d’offrir une politique alternative qui synthétise ces protestations et surtout les positivent dans un projet d’avenir. Allons-nous attendre l’explosion ou allons-nous être capables d’offrir une alternative ?

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