Youssouf Fofana : retour au XIVe siècle !

Avocat
 

Youssouf Fofana est connu pour être le chef du « Gang des barbares » qui, un jour de 2006, a enlevé puis torturé à mort Ilan Halimi, parce qu’il était juif, et donc présumé riche. Un fait épouvantable pour lequel Fofana a pris « perpète », avec une peine incompressible de 22 ans. Il pourrait donc sortir fin 2028, ce qui est rassurant, au moins jusque-là. Ensuite…

Mais cet aimable garçon n’en était pas à son coup d’essai. Loin d’être une petite frappe de banlieue, il s’adonnait depuis au moins 2002 à un autre genre de sport : des tentatives d’extorsion accompagnées de menaces de mort auprès de quarante-deux personnes, dont certaines suffisamment fortunées pour attirer l’attention du barbare.

C’est ainsi que les patrons d’entreprises telles que Philips, Rolex, Sony, BMW ou Mercedes recevront des menaces mises en scène de manière très particulière. Des lettres leur réclamant des « contributions » allant jusqu’à 500.000 dollars, accompagnées de photographies d’individus cagoulés prises devant le domicile des victimes, de cassettes vidéo mettant en scène des hommes armés ou, pour aller plus loin, de cocktails Molotov dans leur jardin. En l’absence de réponse, les victimes recevaient une relance délicatement tournée :

« Vous venez de recevoir l’annonce du déclenchement de la mort qui prendra effet dans 24 heures après réception. Vous et les vôtres êtes devenus un objectif prioritaire pour notre organisation. »

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C’est à l’occasion de l’enquête sur l’assassinat d’Ilan Halimi que les policiers font le lien entre le principal suspect, arrêté en Côte d’Ivoire, et l’auteur de ces menaces, à cause d’une adresse mail du même type que celle utilisée pour appâter le jeune juif. L’instruction dure longtemps et Fofana refuse de s’exprimer.

Il a été jugé par le tribunal correctionnel de Paris ce 10 janvier, et condamné à dix ans de prison. Totalement inconscient, à moins qu’il ne s’agisse de provocation, le prévenu a récusé son avocat, le très médiatique Emmanuel Ludot qui, en dépit de cela, n’a pas manqué de commenter une décision d’audiencement « politique », en regrettant que l’affaire Halimi ait été jugée avant alors que les faits sont postérieurs.

Fofana a refusé d’assister à toute l’audience, après une déclaration préalable qui fait froid dans le dos. Il s’est, en effet, présenté comme un « trader de la terreur ».

Fofana est, hélas, très révélateur de la régression d’une société qui revient, avec de tels faits, à des pratiques qu’on croyait disparues. Il fait immanquablement penser à ces soldats perdus de la guerre de Cent Ans, formant les « grandes compagnies », qui trompaient leur désœuvrement en « chauffant » les pieds des paysans pour leur extorquer leurs maigres avoirs. Nous voici revenus au XIVe siècle… Extorquer par la violence, la menace et la torture, jusqu’à la mort si la victime résiste : Halimi en a fait les frais. D’autres, peut-être, auraient pu subir le même sort.

Youssouf Fofana est français, par le droit du sol. Un « Français » qui, manifestement, n’a pas compris dans quelle civilisation ses parents ivoiriens l’avaient fait naître. Un de plus.

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