Le dernier tweet de Marion Maréchal-Le Pen a eu quelque retentissement dans les réseaux sociaux. Elle s’émeut que l’ interdise aux éleveurs de gagner leur vie, car ils sont accablés de taxes et de paperasserie, tout en décidant de détaxer 70.000 tonnes d’huile d’olive tunisienne.

L’Union européenne, cet organisme sans visage, anonyme, furieusement glacial, vient, en effet, d’interdire à Intermarché d’acheter plus cher leur viande aux éleveurs français ! La Commission européenne – on aimerait connaître qui est l’auteur de cette décision cynique – vient d’ouvrir une enquête sur ce grand distributeur car elle estime qu’il s’agit là d’une entrave à la concurrence étrangère ! Peu importe à ces hauts fonctionnaires, qui dorment sur leurs dossiers sans jamais sortir de leur fauteuil en cuir, si une moyenne de deux paysans se suicident chaque jour que Dieu fait. L’émouvant témoignage sur France 2 de cette femme dont le mari s’est pendu dans la grange familiale en Bretagne et de son fils en larmes leur est totalement indifférent. Les crises agricoles n’ont pas de visage. Pour ces petits commissaires sans âme, ce sont des chiffres et rien d’autre. 

La misère extrême de ces éleveurs, de nos agriculteurs, de nos paysans n’intéresse pas nos brillantes élites européennes. Le fils de cet éleveur breton avait décidé de ne pas reprendre l’exploitation de son père qui vivait avec un salaire de misère. « Il travaillait 70 heures par semaine, ne prenait ni week-end, ni vacances, pour gagner trois fois moins que moi. J’ai la haine ! Oui. Ce système est pourri. Ma mère va être obligée de vendre les bêtes, la ferme. Que lui restera-t-il, à part ses yeux pour pleurer ? »

Eh oui, Marion, vous pouvez, comme nous tous, vous offusquer. Et comparer sans haine, mais avec froideur, cette autre décision européenne, adoptée par 475 députés qui ont décidé d’aider les producteurs tunisiens d’huile d’olive en les détaxant. « Suite aux attentats dont elle a été victime, nous voulons que la Tunisie réussisse, et nous devons l’aider avec des mesures concrètes qui stimulent immédiatement son économie », a déclaré le rapporteur Marielle de Sarnez ! Avec une telle annonce, cette brave politicienne condamne un peu plus les éleveurs de son propre pays qui en ont assez de leur misère. 

La colère, jugée insupportable par Stéphane Le Foll, exprimée samedi contre le président de la République n’est que le pâle reflet de cet insupportable situation créée par 40 ans de politique agricole commune qui ont transformé nos campagnes en désert et, hélas, souvent en cimetière.

Quelle était belle, notre campagne au temps où nos paysans vivaient, heureux, sur des terres que de petits commissaires européens soutenus par nos politiciens inconscients n’avaient pas encore polluées de taxes, de lois, de paperasse, de tracasseries sans fin.





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