Le parcours est balisé comme un jeu de l’oie, on ne peut pas se tromper : tout commence par une « stigmatisation » qui suscite la « polémique » signant elle-même un « dérapage ». Et hop, tombé dans le puits.

À qui le tour, aujourd’hui ?

David Cameron. Le Premier ministre britannique veut contraindre les musulmanes à apprendre l’anglais sous peine d’expulsion. Selon lui, en effet, 22 % des musulmanes, dont beaucoup vivent au depuis plusieurs dizaines d’années, parlent peu ou pas du tout l’anglais. Il rapporte les témoignages de nombreuses musulmanes dénonçant « une ségrégation sexuelle, une discrimination et un isolement social contraints », imposés par les « comportements rétrogrades » de certains hommes.

Un fonds de 26,2 millions d’euros a ainsi été investi pour « apprendre aux femmes musulmanes à parler l’anglais ».

Indignation du côté des organisations musulmanes et du Parti travailliste. Simplisme ! Maladresse ! Discrimination ! Bien sûr, c’était prévisible.

Mais David attend les renforts. David attend patiemment. David attend désespérément. C’est pour aujourd’hui ou pour demain ? Quand, d’un côté ou de l’autre de la Manche, les féministes vont-elles lui tendre la main ? N’est-on pas là au cœur de leur combat ?

Une femme vivant au interdite d’apprendre l’anglais, c’est pire qu’une femme que l’on empêche de travailler, d’avoir accès à la culture, de faire ses courses, de conduire sa voiture, d’échanger avec les professeurs de ses enfants, d’aider ceux-ci à faire leurs devoirs… car c’est tout cela à la fois. La langue est évidemment à la base de tout apprentissage, de toute possibilité d’intégration. Une femme qui ne peut pas communiquer à l’extérieur sans la béquille d’un tiers est entièrement dépendante. Condamnée à être confinée chez elle parce qu’elle n’a pas appris l’anglais. Condamnée à ne pas apprendre l’anglais parce qu’elle est confinée chez elle.

Penses-tu. David Cameron peut toujours se brosser. On a beaucoup reproché aux féministes d’avoir « lâché » les Allemandes de Cologne. Que l’on se rassure : elles ne réservent pas leurs petites trahisons aux Occidentales.

Pourquoi soutiendraient-elles Cameron dans son souci d’émancipation de la femme musulmane, quand elles n’ont pas eu, en France, un mot pour dénoncer les sévices dont font l’objet d’autres femmes, ultra-minoritaires celles-là, dans la jungle de Calais (Metronews, 30 novembre 2015) ? En parler, c’eût été déjà reconnaître que les femmes ne représentent que 10 % des migrants et apporter de l’eau au moulin de la droite qui s’étonne et s’inquiète de ce déséquilibre.

La vérité est qu’elles se sont libérées de tout, sauf de la gauche, qui leur a passé le mors et les œillères. Fouettées par le cocher, elles trottinent là où on leur dit d’aller.

La vérité est que le féminisme, comme la laïcité, a pris sa source, puisé ses racines sur une terre chrétienne, s’appuyant sur ses valeurs tout en les décriant. Le logiciel féministe est exclusivement programmé pour fustiger et culpabiliser le machisme bonhomme du garçon occidental, comme la laïcité ne sait que contraindre la religion chrétienne. Sur d’autres sexismes exotiques autrement plus coriaces, il n’a pas de prise, n'en partageant aucun référentiel. Et a renoncé à s’y attaquer.

Autant dire que David Cameron ne peut compter que sur lui-même.

49 vues

19 janvier 2016

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.