organisait, ce week-end de la Saint-Valentin, son Conseil national censé fixer une ligne, enfin, à ce parti sans boussole idéologique et déchiré par les ambitions qu’exacerbe la primaire. Et ce ne fut pas un week-end entre amoureux…

aurait voulu que cette ligne engage aussi ses concurrents, pour les neutraliser ou dénoncer leur dérive idéologique ou personnelle. Comme on pouvait s’en douter, ses rivaux, dont l’appétit est excité par les mauvais sondages de l’ancien Président, ne se sont pas gênés pour afficher leur différence, voire leur opposition.

Il y a d’abord les petits candidats pour qui un petit tour à la primaire, et un score à la Manuel Valls en 2011 (6 %), peuvent faire rêver à un destin inespéré.

Donc, on a entendu M. Mariton rappeler à M. Sarkozy ses revirements sur l’abolition de la loi Taubira, Mme Morano regretter la disparition du ministère de l’Immigration, NKM révéler qu’il n’y avait “pas d’homme providentiel, ni de femme”, et même le vieux grognard Henri Guaino s’en prendre à son maître d’antan sur les repas de substitution dans les cantines. Il ne manquait plus que le retour de M. Copé, qui a décidé d’annoncer sa candidature dimanche soir à la télévision, histoire de voler un peu la vedette à l’ancien Président. Décidément, on ne respecte plus rien, dans ce parti…

Et puis il y a les “grands” rivaux de M. Sarkozy. M. Juppé a fait acte de présence, sans prononcer de discours, sans doute lassé des huées que lui réservent les militants, et pariant sur sa popularité externe au parti. M. Fillon, lui, a prononcé un discours qualifiant le projet de M. Sarkozy de “synthèse hollandienne”.

Et sans doute visait-il juste. Mais, en affublant M. Sarkozy du costume hollandien de chef de parti, lui-même apparaissait comme… un éléphant.

En effet, LR s’affiche de plus en plus comme l’exact symétrique du PS, avec ses éléphants et son président condamné à une hollandisation qu’il a lui-même favorisée avec son “pacte de Versailles.

Ce Conseil national a donc donné un avant-goût de la campagne des primaires, qui pourrait bien ressembler à un festival d’anti-sarkozysme.

Cette collusion hétéroclite des rivaux de M. Sarkozy parviendra peut-être à le disqualifier pour la primaire, peut-être même dès le premier tour. Mais il n’est pas sûr qu’elle passionne les Français, ni qu’elle motive les sympathisants de à se déplacer pour voter. Une chose est sûre : elle n’est absolument pas à la hauteur des attentes et des angoisses des Français, ni de la multiforme que traverse le pays.

Le “tout sauf Aubry”, puis le “tout sauf Sarkozy” ont fabriqué le Président et le quinquennat dont nous observons le naufrage.

Il serait grave que le candidat qui émergera de cette primaire soit essentiellement le produit de la réactivation de ce même réflexe paresseux “tout sauf Sarkozy”. Il se pourrait même que cette situation de “seul contre tous” soit profitable à l’ancien Président. Et ses rivaux auraient tort de croire qu’il a définitivement perdu la main.

15 février 2016

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