La semaine dernière, signait dans Le Monde avec 370 autres « personnalités » une tribune intitulée « Le FN et ses alliés européens ne sont pas les bienvenus à Nice ». En effet, le Mouvement pour une des Nations et des Libertés (MNEL), une alliance de partis politiques souverainistes de plusieurs pays de l’, avait décidé d’organiser un meeting à Nice pour le 1er mai, à l’initiative de Nicolas Bay, co-président du groupe Europe des Nations et Libertés (ENL) au Parlement européen. Une première en quelque sorte, à un an des élections européennes.

Une tribune dans laquelle Christian Estrosi, avec tout le sens de la mesure qu’on lui connaît, n’hésitait pas à dénoncer les « vociférations des populistes français », estimant que le Front national « saccage à double titre l’héritage et la tradition du 1er Mai ». À double titre pourquoi ? Parce que – pour résumer la logorrhée estrosienne – « le 1er Mai honore tous ceux qui vivent de leur travail… » et qu’il est à Nice une fête traditionnelle, celle du « printemps revenu », « fête familiale et paisible ». Pour conclure, définitif : « De tout cela le FN se moque ». Une tribune qui fleure bon l’amitié entre les peuples et qui aurait pu être signée par Maurice Thorez à la grande époque où il prenait ses ordres à Moscou et qu’il était de bon ton de croire que le Petit Père des Peuples travaillait au bonheur de l’humanité.

Une semaine se passe, le 1er mai arrive. Le meeting se tient à Nice au palais des congrès Acropolis. Autour de Marine Le Pen, les parlementaires français du Front national, des députés au Parlement européen du groupe ENL, des représentants de partis souverainistes de Pologne, de Grèce, de République tchèque, de Belgique, de Bulgarie, de France, 1500 militants et sympathisants sont rassemblés pour écouter les discours qui en appellent à une Europe des nations et à la sauvegarde de la civilisation européenne menacée comme jamais. Précision : aucun incident.

Au même moment, à 1000 kilomètres de Nice, en marge du cortège du 1er Mai, des milices gauchistes cassent tout sur leur passage et répandent la terreur dans les rues de Paris. Boulevard Voltaire, présent sur place, a montré les images terrifiantes.

Et ce matin, donc, Christian Estrosi, sur BFM TV remontait à l’assaut médiatique, revenant sur ces « incidents » à Paris. Homme d’ordre, on le sait – il aimait tellement l’ordre en 2015, lors des élections régionales, que Christophe Castaner l’avait tout bonnement catalogué dans la « droite extrême ». Mais ça, c’était avant… -, Christian Estrosi durant cette interview demande que l’on interdise « de manifestation un certain nombre de gens violents, dangereux, qui ici sont des fascistes de gauche. Mais il y a des fascistes de droite aussi, on le sait. D’ailleurs, c’est un curieux 1er Mai. Vous aviez les fascistes d’extrême gauche qui se réunissaient au Nord. Et puis, vous aviez les fascistes de l’extrême droite qui se réunissaient à Nice. Face à cette montée de ces populismes et de ces nationalismes, il faut prendre des mesures d’exception ».

Ces propos renvoyant dos à dos la violence extrême et des militants pacifiques se passent évidemment de commentaires. Il nous semble cependant que Nice a été épargnée en ce 1er Mai des « vociférations » et du « saccage » évoqués dans la tribune « humaniste » de Christian Estrosi. Pas Paris, en revanche.

PS : rien à voir avec le sujet. M. Estrosi, homme d’ordre, devrait demander à ses services qu’ils corrigent sans délais la monstrueuse faute d’orthographe que l’on découvre avec stupéfaction à l’entrée du palais des congrès Acropolis sur le tableau commémorant l’inauguration de cet édifice. Précisons, en effet, que « Conseil municipal » s’écrit sans « e » à « municipal. Ça fait désordre, avouons-le…

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