[POINT DE VUE] NKM, une revenante au secours du bloc central
Elle avait quitté la France pour passer presque dix ans aux États-Unis ; la voici revenue. Nathalie Kosciusko-Morizet a un peu vieilli, bien sûr, comme nous tous, mais elle a toujours la même beauté préraphaélite et la même diction de la banlieue ouest. L’ancien ministre de l’Écologie de Nicolas Sarkozy avait choisi la matinale de France Inter et le micro de Benjamin Duhamel pour cette réapparition en public. Avait-elle des choses à dire ? Voyons cela ensemble.
Ancienne ministre de l'Écologie de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet (@nk_m) revient en politique après un exil aux États-Unis. Au micro de Benjamin Duhamel (@Ben_Duhamel) dans La Grande Matinale, elle explique pourquoi elle soutient Édouard Philippe dans la course à la… pic.twitter.com/f7u0wVQxaM
— France Inter (@franceinter) June 2, 2026
Revient-elle en politique ? Eh bien, elle évoque des sujets sur lesquels elle a eu « l’occasion de travailler », l’écologie ou le numérique, notamment. Elle a passé une décennie dans un pays marqué par le trumpisme, l’accélération exponentielle de l’IA. Elle dit avoir bénéficié d’un poste d’observation privilégié. Bon, on a compris. « Seul l’avenir m’intéresse », souffle-t-elle, avec une énergie qu’on dirait pulsée par des antidépresseurs, à la manière de Valérie Pécresse.
À ce sujet — Valls, Barnier, NKM ? Rien d’autre en stock ?
« Candidate à rien », ainsi qu’elle le dit en réponse à une question du journaliste - une question assez attendue, tant il est vrai que ces personnages politiques ne reviennent jamais pour rien -, NKM affirme immédiatement qu’elle ne pense pas à elle. Son choix est clair : elle va soutenir Édouard Philippe. Ah ! Nous y voilà donc : « On a besoin de quelqu'un qui puisse rassembler. » Dans ce contexte, quoi de mieux que d’apporter au nécromancien du centre mou son expérience vieille de vingt ans, son exil décennal et son ambition qui, elle, demeure inchangée ?
Interminable douche d’eau tiède
Poursuivons avec elle le développement de cette carte postale : NKM guigne un portefeuille ministériel, c’est à peu près clair quand on écoute cette interview. « La brutalité est associée à la vitalité », regrette-t-elle, dans une analyse esthétique qui pourrait s’appliquer au mouvement futuriste. L’enchaînement, dès lors, est tout trouvé pour Benjamin Duhamel, qui embraie sur le RN et l’« union des droites ». Contrairement à Sarkozy, son ancien patron, qui loue la vitalité (donc la brutalité ?) d’un Jordan Bardella, NKM n’a pas bougé. « Dans un monde de force brute, les suiveurs et les imitateurs, on ne les respecte pas », affirme-t-elle, en décrivant le RN comme une version low cost et servile d’un Trump ou d’un Poutine.
La voici plus précise : « Aujourd’hui, notre souveraineté, elle passe par l’Europe. » D’accord. C’est plus clair. Le RN, ce sont des amis d’Orbán, ce sont des gens qui bloquent l’Union européenne. Petite facétie du journaliste, qui rappelle que le ministre avait fait rire en ne connaissant pas le prix d’un ticket de métro. NKM botte en touche : la politique, c’est « un certain regard engagé sur la société ».
Bref, au terme de cette interview, qui dure le temps d’une interminable douche d’eau tiède, c’est-à-dire un peu plus de neuf minutes, on aura compris deux choses. La première : on ne quitte jamais vraiment la politique. La seconde : sur les ruines de la Macronie, les tombes du cimetière des ambitieux s’ouvrent l’une après l’autre, comme dans le clip de Thriller, de Michael Jackson. Les créatures qui en sortent, comme animées par un marionnettiste diabolique, encore couvertes de terre, boitent comme des zombies jusqu’aux plateaux de télévision. C’est la nuit des morts-vivants. Le bloc central, vortex du carriérisme, compte sur ses discours infantilisants pour faire peur à un peuple qui, pour la première fois, est prêt à donner 34 ou 35 % de ses voix à un candidat issu du RN. Descendue de son Aventin pour reprocher à un pays exsangue, dans lequel elle n’a pas mis les pieds depuis sept ans, de penser ce qu’il pense : si c’était pour dire des bêtises pareilles, NKM aurait pu rester aux États-Unis.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR



































69 commentaires
Enfin une bonne nouvelle!
Cette fois,je me mets à espérer que l’ancien premier ministre ne passera pas le premier tour.
Merci Madame Kosciusko-Morizet!
Le progrès s’enfonce dans des sables mouvants avec ces impétrants comme NKM, Villepin, Philippe, Attal, Darmanin, Retailleau etc….
Il doit être ailleurs.
Soyon réalistes, c’est plutôt le minibloc central d’extrême honte!
C est la machine à faire perdre !
RN et/ou Reconquête sinon notre France va mourir pour de vrai !!!
Je trouve très bien le soutien de NKM à Philippe: elle plombe un peu plus sa candidature….
Passer du sarkosisme à la gauche déguisée en centrisme, bel exploit ! Elle ferait mieux de rester aux USA où sévissent ses amis démocrato-palestino-wokistes…
Excellente et hilarante conclusion ! Merci, tout est dit. J’adore la conclusion avec le clip de Thriller.
NKM, vraiment un » soutien » pour Édouard Philippe ??
La » bourgeoise » mondialiste, européiste, woke, progressiste, est de retour…pour soutenir le » Fréro de juppé ». Quelle chance il a…. Une équipe de choc pour battre le RN…
Dès qu’ils arrivent au pouvoir, ils n’ont qu’un mot à la bouche : rassembler. Pitoyable.
En filigrane, il faut lire « Cher Édouard, je suis là car, selon les médias, tu as une chance de parvenir à la fonction suprême, pense à moi, dix ans aux US, j’aimerais bien revenir.
Entre vieux (elle comme Philippe) ons e soutient… elle ne risquait pas de soutenir Bardella…trop jeune. MDR. Mais pourquoi n’est-elle aps restée aux USA ? Parce que Trump y a été élu? Alors su Bardella est élu en France et Trump aux USA elle va pouvoir aller où ? En Suisse ??? mdr.