[POINT DE VUE] NKM, une revenante au secours du bloc central

L'ancienne ministre a annoncé sur France Inter son soutien à Édouard Philippe.
Capture d'écran X
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Elle avait quitté la France pour passer presque dix ans aux États-Unis ; la voici revenue. Nathalie Kosciusko-Morizet a un peu vieilli, bien sûr, comme nous tous, mais elle a toujours la même beauté préraphaélite et la même diction de la banlieue ouest. L’ancien ministre de l’Écologie de Nicolas Sarkozy avait choisi la matinale de France Inter et le micro de Benjamin Duhamel pour cette réapparition en public. Avait-elle des choses à dire ? Voyons cela ensemble.

Revient-elle en politique ? Eh bien, elle évoque des sujets sur lesquels elle a eu « l’occasion de travailler », l’écologie ou le numérique, notamment. Elle a passé une décennie dans un pays marqué par le trumpisme, l’accélération exponentielle de l’IA. Elle dit avoir bénéficié d’un poste d’observation privilégié. Bon, on a compris. « Seul l’avenir m’intéresse », souffle-t-elle, avec une énergie qu’on dirait pulsée par des antidépresseurs, à la manière de Valérie Pécresse.

« Candidate à rien », ainsi qu’elle le dit en réponse à une question du journaliste - une question assez attendue, tant il est vrai que ces personnages politiques ne reviennent jamais pour rien -, NKM affirme immédiatement qu’elle ne pense pas à elle. Son choix est clair : elle va soutenir Édouard Philippe. Ah ! Nous y voilà donc : « On a besoin de quelqu'un qui puisse rassembler. » Dans ce contexte, quoi de mieux que d’apporter au nécromancien du centre mou son expérience vieille de vingt ans, son exil décennal et son ambition qui, elle, demeure inchangée ?

Interminable douche d’eau tiède

Poursuivons avec elle le développement de cette carte postale : NKM guigne un portefeuille ministériel, c’est à peu près clair quand on écoute cette interview. « La brutalité est associée à la vitalité », regrette-t-elle, dans une analyse esthétique qui pourrait s’appliquer au mouvement futuriste. L’enchaînement, dès lors, est tout trouvé pour Benjamin Duhamel, qui embraie sur le RN et l’« union des droites ». Contrairement à Sarkozy, son ancien patron, qui loue la vitalité (donc la brutalité ?) d’un Jordan Bardella, NKM n’a pas bougé. « Dans un monde de force brute, les suiveurs et les imitateurs, on ne les respecte pas », affirme-t-elle, en décrivant le RN comme une version low cost et servile d’un Trump ou d’un Poutine.

La voici plus précise : « Aujourd’hui, notre souveraineté, elle passe par l’Europe. » D’accord. C’est plus clair. Le RN, ce sont des amis d’Orbán, ce sont des gens qui bloquent l’Union européenne. Petite facétie du journaliste, qui rappelle que le ministre avait fait rire en ne connaissant pas le prix d’un ticket de métro. NKM botte en touche : la politique, c’est « un certain regard engagé sur la société ».

Bref, au terme de cette interview, qui dure le temps d’une interminable douche d’eau tiède, c’est-à-dire un peu plus de neuf minutes, on aura compris deux choses. La première : on ne quitte jamais vraiment la politique. La seconde : sur les ruines de la Macronie, les tombes du cimetière des ambitieux s’ouvrent l’une après l’autre, comme dans le clip de Thriller, de Michael Jackson. Les créatures qui en sortent, comme animées par un marionnettiste diabolique, encore couvertes de terre, boitent comme des zombies jusqu’aux plateaux de télévision. C’est la nuit des morts-vivants. Le bloc central, vortex du carriérisme, compte sur ses discours infantilisants pour faire peur à un peuple qui, pour la première fois, est prêt à donner 34 ou 35 % de ses voix à un candidat issu du RN. Descendue de son Aventin pour reprocher à un pays exsangue, dans lequel elle n’a pas mis les pieds depuis sept ans, de penser ce qu’il pense : si c’était pour dire des bêtises pareilles, NKM aurait pu rester aux États-Unis.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

69 commentaires

  1. Dès qu’ils arrivent au pouvoir, ils n’ont qu’un mot à la bouche : rassembler. Pitoyable.
    En filigrane, il faut lire « Cher Édouard, je suis là car, selon les médias, tu as une chance de parvenir à la fonction suprême, pense à moi, dix ans aux US, j’aimerais bien revenir.

  2. Entre vieux (elle comme Philippe) ons e soutient… elle ne risquait pas de soutenir Bardella…trop jeune. MDR. Mais pourquoi n’est-elle aps restée aux USA ? Parce que Trump y a été élu? Alors su Bardella est élu en France et Trump aux USA elle va pouvoir aller où ? En Suisse ??? mdr.

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