[RÉACTION] « Pas étonnés de ce milieu d’artistes dont on pense qu’ils sont ouverts »

Les réalisateurs de Sacré-Cœur réagissent aux propos d'Anne Consigny, tenus mardi sur RMC, à l'encontre de leur film.
Gunnell

Les réalisateurs de Sacré-Cœur réagissent aux propos d'Anne Consigny, tenus mardi sur RMC, à l'encontre de leur film. Ils fustigent un microcosme culturel qui n'a aucune raison de se plaindre, puisque la diversité est bel et bien présente dans le cinéma français. L'occasion de nous présenter leur tout dernier ouvrage, le livre Sauvés par le Sacré-Cœur (Éditions Première Partie), proposant des images et des témoignages exclusifs qui n'ont pas pu être montrés dans le film aux 500.000 spectateurs. Entretien toujours enflammé avec deux passionnés.

 

Iris Bridier. Anne Consigny a dit avoir peur de l’influence de Vincent Bolloré sur la culture française. Est-ce, selon vous, une inquiétude fondée ou hystérisée ?

Steven Gunnell. Je n’ai pas de réponse parce que je ne fais pas partie du milieu, donc je ne connais pas bien. Mais ce que je peux constater, c’est que la culture, me semble-t-il, a toujours été telle que je l’ai connue. Je suis de 1974. J’ai toujours connu la culture assez universelle, assez multiple. Je sais que je n’aurais jamais signé une tribune comme celle-là.

Sabrina Gunnell. Cela fait quinze jours que je me demande d’où viennent ces 3.800 signataires, pourquoi cela vient maintenant, sachant que cela fait dix ans que Vincent Bolloré est actionnaire chez Canal. Il n’a pas été élu avant-hier ! Mais là, en regardant les dix dernières années et les films qui ont été faits, je n’ai pas l’impression qu’on puisse parler de dictature. Je me suis demandé ce qui a déclenché ça. Et je me disais : ce n’est pas possible que ce soit Sacré-Cœur. On est tout petits, totalement indépendants, je ne peux pas imaginer que ce soit cela. Et en fait, j'ai entendu l’émission des Grandes Gueules dans laquelle Anne Consigny crache le morceau et dédaigne notre film en disant « un film catho qui m’a l’air assez gratiné », parce qu’en plus, elle ne l’a pas vu ! C’est triste, parce que les gens qui ont vu le film savent qu’il n’y a aucun message politique, seulement un message d’amour. J’ai envie de dire, comme Jean-Paul II : « N’ayez pas peur ! » Ils ont peur, mais je ne sais pas de quoi exactement. Jusque-là, ils n’ont pas eu de difficultés pour faire leurs films. Je ne suis pas étonnée de ce milieu d’artistes dont on pense qu’ils sont ouverts, qu’ils sont dans l’accueil, dans la diversité… Et en fait, ils montrent que la diversité n’existe qu’en fonction de leur thermomètre personnel. Pas dans une vraie ouverture. Le plus ironique, c’est qu’elle commence sa chronique en dédaignant « ce film catho » et elle termine l'émission en disant que son spectacle parle de tendresse, d’« aimons-nous les uns les autres ». Et elle-même nous cite de manière méprisante. Il y a de quoi pleurer de rire. Elle ne se rend même pas compte de ce qu’elle fait, la pauvre dame. Mais je pense qu’elle n’a pas trop le choix, sinon, les théâtres ne l’embauchent pas.

 

I. B. Le film aurait-il suscité la même hostilité avec une autre religion ?

Steven Gunnell. Évidemment non. Il n’y a que le christianisme qui est traité comme ça en France. Pas uniquement au cinéma. Est-ce que Mel Gibson aura le même accueil avec son prochain film ? Je ne sais pas. Il aura sûrement son scandale aussi. Ce qui s’est passé il y a vingt ans avec La Passion du Christ, c’est possible que cela recommence. Même l’Église n’avait pas reconnu son film, à part Jean-Paul II qui avait dit : « C’est exactement ce qui s’est passé. »

 

I. B. Vous venez de sortir un nouveau livre : Sauvés par le Sacré-Cœur (Première Partie). Pouvez-vous le présenter ?

Sabrina Gunnell. Ce livre, c’est le fruit d’une intuition. Je laisse Steven en parler !

Steven Gunnell. L’intuition est née quand nous avons débarqué chez Europe 1, dans l’émission Cœurs et Âme, de Grégory Turpin. Il y avait sur la table basse, à l’entrée, plein de beaux livres. Et j’ai vu Sacré-Cœur sur la table, dans ma tête. Je me suis dit : « Tiens, c’est pas mal, ça. » Vu que nous n’avons quasiment pas eu l’occasion, dans les interviews suivantes, de parler du fond du film, on répondait surtout aux polémiques, je me suis dit : ce qu’on n’a pas pu dire à la télé et ce qu’on n’a pas pu mettre dans le film, mettons-le dans un livre. Donc, cela a été le prolongement du film : la genèse, le pourquoi du comment, comment on a vécu les polémiques, les combats, les difficultés, le nombre de fois où on a failli tout arrêter, les drames qu’on a traversés. Et puis, à la fin, ce succès qui nous a énormément émus.

C’est aussi une manière de développer davantage la spiritualité du Sacré-Cœur : la garde d’honneur, les douze promesses, certaines prières… Nous voulions que ce soit un livre de chevet, aussi, que l’on puisse ouvrir au hasard et se laisser édifier par telle histoire, prière ou anecdote.

Sabrina Gunnell. Cela a été très émouvant de se replonger dans les interviews. Le but n’était pas de faire un copier-coller du film, mais vraiment une version augmentée. Nous avons mis des choses qui n’ont pas été dites dans le film, aussi bien par les experts que par les témoins, ou même des passages coupés au montage. Nous avons aussi voulu mettre en lumière les deux dédicaces du film : Audrey Misiraca et Émile Soleil. Nous avons la joie d’avoir la maman d’Émile, qui a écrit une page dans le livre. Et puis Antonia Salzano, la maman de Carlo Acutis, nous a fait l’honneur d’écrire la préface. Et puis, il y a aussi le nonce, Mgr Celestino Migliore, qu’on avait interviewé pour le film mais qu’on avait dû couper au montage. Là, il est présent dans le livre avec son témoignage. C’est un bel objet, nous en sommes très fiers, il y a pleins de belles images et de jolies perles.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 01/06/2026 à 16:39.

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Iris Bridier
Journaliste

Vos commentaires

15 commentaires

  1. Ils ne sont pas ouverts puisqu’ils s’autocensurent quand il faut parler de l’immigration, de notre histoire, de l’insécurité…ils ne sont pas ouverts, ils ont un prisme devant les yeux et ne savent pas débattre.

  2. C’est vrai qu’ils doivent avoir peur ces comédiens .!Alexandre Astruc est mort de trouille devant la tournure que prennent les événements autant aux Etats Unis que chez nous .C’est norma l. Il a tourné un film hautement réaliste qui montre la vérité vraie ,une famille catholique qui marie une petite fille à un vieux barbon .

  3. C’est vrai qu’ils doivent avoir peur ces comédiens .!Alexandre Astruc est mort de trouille devant la tournure que prennent les événements autant aux Etats Unis que chez nous .C’est norma l. Il a tourné un film hautement réaliste qui montre la vérité vraie ,une famille catholique qui marie une petite fille à un vieux barbon .

  4. C’est vrai qu’ils doivent avoir peur ces comédiens .!Alexandre Astruc est mort de trouille devant la tournure que prennent les événements autant aux Etats Unis que chez nous .C’est norma l. Il a tourné un film hautement réaliste qui montre la vérité vraie ,une famille catholique qui marie une petite fille à un vieux barbon .

  5. C’est vrai qu’ils doivent avoir peur ces comédiens .!Alexandre Astruc est mort de trouille devant la tournure que prennent les événements autant aux Etats Unis que chez nous .C’est norma l. Il a tourné un film hautement réaliste qui montre la vérité vraie ,une famille catholique qui marie une petite fille à un vieux barbon .

  6. C’est vrai qu’ils doivent avoir peur ces comédiens .!Alexandre Astruc est mort de trouille devant la tournure que prennent les événements autant aux Etats Unis que chez nous .C’est norma l. Il a tourné un film hautement réaliste qui montre la vérité vraie ,une famille catholique qui marie une petite fille à un vieux barbon .

  7. Les réalisateurs me donnent envie de voir un jour le film Sacré coeur comme j’ai déjà vu le film Vaincre ou mourir sur le général vendéen François Athanase Charette de La Contrie. Des productions originales qui ne bénéficient pas de la manne financière de beaucoup de navets du cinéma français (un commentaire JP Zadi ?). Quant aux sigantaires de la étition je constate qu’il y en a de plus en plus car ce milieu consanguin cherche à se protéger (ou forcent à signer sinon vous risquer d’être ostraciser). Que M. Saadé soit ferme sur sa décision de ne plus faire travailler ces gens-là quitte à se limiter aux 600 signataires historiques.

  8. J’ai vu Sacré Cœur ❤️ et j’ai beaucoup aimé ! Bravo et merci à Sabrina et Steven pour leur courage, persévérance et leurs talents, de parler d’amour et de foi, dans ce monde qui en a tant besoin, même s’il ne le sait pas…

  9. Mais franchement lorsqu’on étudie un peu l’audiovisuel, je pense que ces artistes ne s’élèvent pas contre la menace à venir du manque de pluralité mais plutôt comme celle de la fin d’un monopole de la pensée qu’ils veulent préserver..

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