Qui est Ilan Gabet, militant LFI et nouveau chroniqueur de RMC ?

Notoirement connu sur les réseaux sociaux, il n’est pas qu’un simple « étudiant en droit »…
Capture d'écran RMC
Capture d'écran RMC

Le diable se cache dans les détails. Ce jeudi 28 mai, Estelle Denis a intégré un petit nouveau à l’équipe de chroniqueurs qui l’entoure chaque jour sur RMC. « Une nouvelle recrue autour de la table, le petit nouveau de la bande !, a-t-elle fièrement annoncé. Il est très jeune, il a 20 ans. Il s'appelle Ilan Gabet, étudiant en droit. On l'a découvert sur les réseaux sociaux. Il est très engagé. » Très engagé, c’est le moins que l’on puisse dire, en effet. Pour être tout à fait complet, il faudrait préciser que le jeune homme est un militant mélenchoniste, version désinhibée. Il ne s’agit pas vraiment, non plus, d’une « découverte » des équipes de RMC. Avec quelque 115.000 followers sur X, le jeune Ilan est bien connu de nombreux internautes qu’il agace, depuis quelques années, déjà, par ses tweets à côté de la plaque et volontiers provocateurs.

Sur les réseaux sociaux justement, la présentation incomplète faite du chroniqueur par Estelle Denis a été largement critiquée. Plusieurs ont annoncé avoir saisi l’Arcom au motif que « l’éditeur a l’obligation de fournir aux téléspectateurs toute précision utile a la bonne compréhension de la qualité des intervenants ». Député RN de la Somme, Matthias Renault a également commenté la polémique et rappelé que le jeune homme était, jadis, un proche du très controversé Idriss Aberkane avant de devenir un « bon militant LFI ». « Cet activiste pro-Mélechon mérite d'être présenté comme tel et devrait ipso facto être décompté dans les temps de parole de l'Arcom », a ajouté l’essayiste franco-américain Nicolas Conquer.

Un militant d’extrême gauche

S’il a été descendu en flammes en 2022 par Libération pour ses positions dites « antivax », le jeune homme s’est, depuis, racheté aux yeux de la bien-pensance et affiche désormais un profil des plus conformistes. Il tient un blog sur le site d’extrême gauche Mediapart, retweete servilement Manuel Bompard, Bally Bagayoko ou Clémence Guetté, s’en prend aussi souvent que possible à Marine Le Pen et relaie complaisamment les sondages favorables à Jean-Luc Mélenchon. Bref, un bon petit soldat.

Évidemment, Ilan Gabet se veut très impliqué, aussi, sur le sujet du Proche-Orient. Il prend fait et cause pour les ennemis d’Israël, qu’il accuse de « pilonner » d’innocents civils à Gaza. Malheureusement pour lui, sa méconnaissance du sujet ne passe souvent pas inaperçue et a déjà donné lieu à quelques séquences savoureuses. On se souvient d’un débat face au redoutable Simon Moos au cours duquel il avait prétendu ne pas voir la moindre trace « d’antisémitisme dans les paroles des représentants de La France insoumise » depuis le 7 octobre, avant d’être superbement contredit. « Oui, enfin, ouais… là, c’est… mais, après… enfin, moi… comment dire ? », avait-il alors bredouillé, en guise de réponse.

On remarque aussi le petit triangle rouge inversé qu’arbore le jeune militant sur son profil X. Que signifie donc ce signe, également porté par certaines figures d’extrême gauche ? Manuel Bompard y voit « un symbole de la résistance antifasciste ». Mais pour d’autres, ce triangle couleur sang aurait pris une autre signification, depuis le 7 octobre, et ferait désormais office de signe de ralliement entre islamistes

Déjà de premières polémiques sur RMC

Sans doute désireux d’immédiatement frapper les esprits, le jeune chroniqueur a fait forte impression dans l’émission d’Estelle Denis, jeudi midi. Il a ainsi enchaîné les sorties provocantes, se réjouissant de la mort sociale de Patrick Bruel - « Bon débarras ! » - ou accusant la préfecture de police de Paris d’être responsable des débordements qui pourraient survenir, ce week-end, à la suite du match PSG-Arsenal. Sur sa lancée, il a livré sa solution pour lutter contre les agressions sexuelles dans les transports en commun : « réserver des rames de train à des femmes ». Une ségrégation sexuelle qui ravira sans nul doute les adeptes de la charia. « Les salaf en rêvaient, Ilan Gabet l’a proposé ! », s’est indignée, sur X, la jeune féministe Alice Cordier. Mais à quoi s’attendre d’autre de la part d’un mélenchoniste acharné ?

 

[DROIT DE REPONSE publié le 02/06/2026 à 11h32]  Suite à la parution de cet article et à la demande d'Ilan Gabet, la rédaction de BV publie ce droit de réponse "in extenso"

“Le portrait dressé ci-dessus n’est absolument pas représentatif de mon engagement.
Il omet notamment mon engagement sur les questions de santé mentale, qui est à l’origine même de mon engagement public. Dès l’âge de 16 ans, j’ai alerté sur l’effondrement psychologique de la jeunesse pendant le Covid, ce qui m’avait alors valu de vives critiques concernant ma position sur la gestion de cette crise par le gouvernement. Je ne suis évidemment en rien antivax et je ne l’ai jamais été, contrairement à ce qui est affirmé dans l’article.

Il omet également mon engagement constant en faveur du respect de l’autorité judiciaire face aux attaques visant les juges dans les affaires impliquant des responsables politiques. J’avais été à l’initiative, par exemple, d’une tribune de soutien à l’autorité judiciaire le 4 avril 2025. Le blog que je tiens sur le site de Mediapart me permet également de mettre à profit mes connaissances d’étudiant en droit en rendant le droit accessible à tous grâce à un travail de vulgarisation.

Par ailleurs, concernant la non-mixité dans les transports en commun la nuit, il s’agit d’une mesure déjà adoptée dans de nombreux pays. Il s’agit d’une mesure plébiscitée par de nombreuses femmes : en 2016, elles étaient 52 % à affirmer qu’elles l’utiliseraient si cela existait. Ce n’est pas non plus « ma solution » : le Japon, le Brésil et bien d’autres pays ont déjà adopté une telle mesure, et ils ne sont ni salafistes ni adeptes de la charia. Ce sujet est grave et mérite une réflexion sérieuse.

Enfin, s’agissant du triangle rouge, il s’agit d’un symbole historiquement associé à la lutte contre le nazisme, le fascisme et l’antisémitisme. Dans les camps de concentration, il était porté par les détenus politiques, c’est-à-dire celles et ceux qui s’opposaient au régime nazi. Au regard de mon histoire familiale, ce symbole constitue pour moi un hommage à celles et ceux qui ont résisté à la barbarie nazie au péril de leur vie.

Réduire mon engagement à sa seule dimension partisane ne reflète ni la diversité de mes combats ni la réalité de mon parcours. Je suis, avant tout, un militant de gauche résolument Républicain.

(Ilan Gabet )

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 02/06/2026 à 11:36.
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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

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