[PEOPLE] Natalia Vodianova : le privilège d’être mère d’une famille nombreuse

La mannequin s'est confiée à Vogue pour annoncer l'arrivée de son sixième enfant : "un immense cadeau de la vie".
photo AFP ne pas réutiliser
(Photo by AURORE MARECHAL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP)

« Aujourd’hui, à l’âge de 44 ans, Natalia nous annonce une formidable nouvelle. Elle est enceinte de son sixième enfant : une surprise et un immense cadeau de la vie », peut-on lire dans la version française de Vogue du 27 mai dernier. Le magazine tournerait-il carnet rose ? C'est que la mère de famille nombreuse dont il s’agit est Natalia Vodianova, actrice et mannequin russe et épouse d’Antoine Arnault, « mannequin internationale, icône engagée, Supernova des podiums ». S’il en fallait encore une preuve, Natalia Vodianova en est une en chair en os qu’avoir des enfants, et en nombre, ne signifie pas enterrer carrière et féminité ni renoncer à sa beauté.

« Un immense cadeau de la vie »

Manifestement, Vogue ne se tient plus de joie, on dirait que le magazine annonce la grossesse de sa propre fille : « Natalia, nous la connaissons bien : au fil des 88 couvertures de Vogue qu’elle a signées, nous l’avons vu grandir, devenir une femme assurée et la mère accomplie d’une famille nombreuse », s’émeut l’article, qui précise que « sa famille, c’est son mari Antoine Arnault et ses enfants, Lucas, Neva, Viktor, Maxim, Roman », dont les trois aînés sont issus de son premier mariage avec l’aristocrate anglais Justin Portman. Il faut bien le dire : ce que cet article a de touchant, c’est qu’il n’est qu’enthousiasme et joie à l’annonce de l’arrivée de ce sixième bébé, « un immense cadeau de la vie ».

« Elle a conscience qu’elle est à l’encontre de la situation en France, dont le taux de natalité continue de chuter, phénomène d’ailleurs universel », explique le magazine, mais ce qui va peut-être encore plus à rebours de la situation française, c’est l’état d’esprit de la future maman déjà largement aguerrie. Ainsi, elle raconte à la journaliste Claire Thomson-Jonville qui l’interroge que sa dernière grossesse et l’éducation des deux fils qu’elle a eus avec Antoine Arnault n’ont pas été une mince affaire : « Élever ces deux garçons a été un défi pour notre famille, car en plus, nous ne rajeunissons pas. Donc, tout ça fait réfléchir », avoue la mannequin, qui ajoute qu’entre son premier bébé, qu’elle a eu à 19 ans « avec une forme d’évidence », et celui qui s’annonce alors qu’elle en a 44, la différence réside dans la conscience de la décision, pour elle. D’ailleurs, « cette nouvelle grossesse est un miracle, parce qu’[ils] ne pens[aient] pas cela possible ! »

« La chance et le privilège [...] d'avoir une grande famille »

« Je suis très consciente de la chance et du privilège que j’ai d’avoir pu choisir d’avoir une grande famille. Beaucoup de femmes aimeraient une famille plus nombreuse, mais elles se heurtent à des réalités difficiles : la situation économique, le logement ou la pression au travail », explique Natalia Vodianova, qui s’est engagée à l’UNFPA pour partager avec d’autres ce privilège et cette joie de la maternité multiple. En tant qu’ambassadrice de cet organisme des Nations unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive, la mère de famille explique que le rapport de cette agence « montre quelque chose de surprenant, malgré les idées reçues : la baisse de la natalité n’est pas forcément due à un manque de désir d’enfant, mais à un manque de soutien ». Là aussi, Natalia Vodianova va à rebours des idées ambiantes. D'ailleurs, elle considère que son « rôle d’ambassadrice est de rappeler que l’enjeu n’est pas d’atteindre un "chiffre" national mais de s’assurer que chaque famille ait l’autonomie et l’aide nécessaire pour avoir autant d’enfants qu’elle le souhaite ». Finalement, c’est sans doute cette mère de famille nombreuse, qui s’est battue pour arriver où elle est et bénéficier de ses « privilèges », qui a le mieux compris où était le vrai féminisme.

Une mère pugnace et responsable

C’est que Natalia Vodianova n’est pas née avec une cuillère en argent dans la bouche, elle le dit elle-même : « Je n’avais pas d'autre choix que de survivre, d’avancer pas à pas, chaque jour, de rester ouverte et de saisir un maximum d’occasions, même si ma marge de manœuvre était très réduite », explique-t-elle à Vogue. Et comme le rapportait Elle, en annonçant sa quatrième grossesse, la mannequin a même été surnommée « Supernova », tant elle s’est battue pour ce qu'elle appelle maintenant des « privilèges ». Signe qu’elle n’oublie pas d’où elle vient, à Vogue, elle explique que l’« une des valeurs qu’[elle] essaie de transmettre à tous [s]es enfants, c’est d’avoir conscience de leur privilège, qu’ils n’ont pas choisi », en leur disant : « Vous avez reçu beaucoup, c’est un cadeau de ne pas avoir certaines inquiétudes que d’autres ont. Mais cela vient aussi avec des responsabilités : il faut travailler dur et surtout, le plus important, respecter les autres. Vous vivez dans une grande famille, mais aussi dans une société, et c’est dans ce lien avec les autres que se mesure ce que vous valez. […] »

Alors, même si, en publiant sa couverture, Instagram Vogue se défend de faire de la propagande nataliste en expliquant que « la maternité est devenue un sujet politique. En France, le "réarmement démographique" s'est imposé dans le débat public et, avec lui, une pression sourde sur les corps et les choix des femmes » et que la rédaction « refus[e] cette lecture-là », difficile de ne pas se laisser toucher par l’enthousiasme et le bonheur de Natalia Vodianova à la tête de sa famille nombreuse. Qui sait, peut-être que cela poussera certaines hésitantes à se lancer !

Vos commentaires

12 commentaires

  1. Si l’on veut sauver la France, il faut que les jeunes ménages visent le nombre de 3 enfants, et je crois que beaucoup s’arrêtent au chiffre de deux. Sans doute ne se projettent-ils pas assez dans leur avenir, n’envisagent-ils pas assez les différentes trajectoires que pourraient prendre leurs vies, et que, s’ils se retrouvent un jour seuls, pour X raisons, ils se rendront compte de leur erreur. Démographiquement, le 3ème enfant remplace le 2ème qu’un autre couple n’aura pas pu avoir biologiquement, etc. etc. On ne souligne pas assez que les 2èes maternités de plus en plus tardives contribuent à la baisse de la natalité. Il faut que cela change, sinon, la France est perdue.

  2. Tant mieux pour elle. Elle est belle et c’est déjà un sacré bon point pour affronter le défi de la vie. Mais pour faire des enfants, hors envie d’en vouloir, il faut aussi en avoir les moyens. Je parle, ici, de gros moyens. Car c’est toujours mieux d’être riche et en bonne santé que pauvre et malade. Bien qu’elle ne soit pas représentative d’un modèle standard, je lui souhaite toutefois le meilleur pour elle et sa famille.

  3. Bonjour BV. « La mannequin »… il n’y a rien qui vous chagrine ? C’est de pire en pire, votre orthographe et vos féminisations. Récemment dans un article, j’ai vu « le député Marie Machin » puis « la députée Marie Truc ». Cessez votre valse hésitation, parce que c’est tellement soûlant que je ne lis pratiquement votre journal.

    • Oui, Lily, ça me chagrine aussi… Et pourquoi pas « LE personne » quand il s’agit d’un homme ? Je ne comprends pas qu’on n’y ait pas encore pensé, bien que souvent les attributs liés à ce mot soient accordés au masculin, une hérésie de plus !!!

      • A mon avis, le mot  » La personne  » existant pour parler d’une femme ou d’un homme aurait dû mettre tout le monde d’accord, et permettre d’éviter toutes polémiques, puisque, grâce à cette appellation (feminin), « un homme » peut se décliner au féminin, tout comme on peut parler d’une femme au masculin, si l’on veut utiliser le terme : un individu, un être vivant, ( ou mort ).

      • Quand je constate ces histoires de genre pour les mots, je songe à ceux qui apprennent notre langue, on ne leur facilite pas l’étude.

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