Il pleut. Le ciel est gris comme la pensée d’un socialiste en campagne électorale. Pourtant, dans cette ambiance morose, cette tristesse d’après attentats confirmée par une météo à l’unisson de nos sentiments, une poignée de personnalités se mobilisent pour lancer un appel à une réaction de masse. La force du message tient en ces quelques mots : "Faisons du bruit et de la lumière pour qu’ils comprennent qu’ils ont perdu." La riposte est de taille. Qui aurait imaginé une stratégie de cette ampleur pour faire capituler l’ennemi ? Le groupuscule de combattants-résistants composé de Charles Aznavour, Arcady, Boujenah, Diane Kurys et pire encore, en est convaincu : à la vue des bougies et à l’écoute du bruit, le gars salafiste va comprendre qu’il a perdu et, bien entendu, en toute logique, déposer armes et bagages, tendre ses poignets, son cou, demander grâce, entrer dans les ordres ou dans l’orchestre de Charles Aznavour.

Du côté des foyers salafistes français, belges, syriens et monégasques, le mouvement est pris très au sérieux. Du bruit et des bougies… Comment lutter ? À quoi bon continuer ? Certains jettent leur kalachnikov à la poubelle. Dégoûtés.

Toujours à l’affût d’une idée d’envergure, François Hollande a réuni tout l’état-major pour décider d’une nouvelle offensive au cours de laquelle des guirlandes lumineuses seront larguées sur les djihadistes, ainsi que des CD de Deep Purple. Groupe extrêmement bruyant.

Nous avons Gad Elmaleh, Franck Dubosc et Dieudonné, les terroristes ont François Hollande et sa clique de bobos. Dans l’aridité de la campagne syrienne ou irakienne, un peu de rigolade est toujours la bienvenue. À la veillée, c’est avec un plaisir non dissimulé que tous s’assemblent devant le poste de télévision avec pop-corn et cacahuètes salées pour regarder BFM TV. Toutes ces bougies allumées, ces Parisiens qui tapent sur des casseroles pour faire du bruit ou qui s’attablent aux terrasses de cafés en signe de résistance déclenchent des torrents de rire. Le barbu est plié en deux, la moukère se roule par terre. Une autre ! Une autre ! Encore ! Au cœur des contrées les plus extrémistes, Michel Boujenah joue à guichets fermés. Aznavour est une idole.

Au rayon du ridicule élevé en cause nationale, nous avons également cet élan de compassion pour Diesel, le chien malinois tué au cours de l’assaut de Saint-Denis. Une pétition réclame qu’il soit décoré ! Le hashtag #jesuischien a même fleuri sur Twitter. Au milieu de tous ces morts, de cet assaut sanglant, militer pour un chien aussi méritant soit-il… Mais où sommes-nous ? Dans quel précipice de la pensée sommes-nous tombés ? Il ne manque plus que le #jesuisleroidescons pour que la farce soit vraiment réussie.

Sur la route du dérisoire, le combat doit continuer. À force d’angélisme et de niaiserie, la bobosphère finira par avoir la peau des djihadistes. Encore un effort et ils seront morts. De rire.

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20 novembre 2015

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