Les propos du Président publiés par Le Parisien sur son envie d'« emmerder les non-vaccinés » qualifiés d'« irresponsables » choquent. Il y a le niveau de langage incompatible avec la fonction ; il y a le mépris et l’arrogance, des marqueurs de ce mandat ; il y a l’atteinte au devoir constitutionnel de maintenir l’unité de la nation ; il y a l’atteinte à la séparation des pouvoirs (la privation de droits civiques relève du judiciaire, non de l’exécutif) ; il y a la menace sous-jacente qu’emporte cette privation de droits civiques dans une année où son mandat échoit, il y a l’atteinte aux libertés que ces « emmerdements futurs » laissent supposer (à quand l’internement dans des camps de non-vax ?) ; et il y a la rupture d’égalité ainsi énoncée comme légitime, normative.

Alexandre Soljenitsyne disait, dans son Discours de Harvard, que « les hommes n'étant pas dotés des mêmes capacités, s'ils sont libres, ils ne seront pas égaux, et s'ils sont égaux, c'est qu'ils ne sont pas libres ». Il faut donc choisir la variable d’ajustement. Ce n’est qu’une litote que d’affirmer que les sensibilités de gauche privilégient, en général, l’égalité au détriment de la liberté, et que ceux de droite auront plutôt tendance à faire le choix inverse.

L’égalité, c’est donc surtout l’étendard de la gauche et ne s’est pas gêné pour le brandir quand il a imposé aux forceps législatifs le projet de révision de la loi de Bioéthique dans des conditions fort peu respectueuses du débat démocratique. Pour entretenir la magie du « et en même temps » à gauche et à droite, il faut bien sortir cette oriflamme de temps en temps.

La rupture d’égalité entre ceux, dissidents de la piqûre pour quelque raison que ce soit, qui ne seraient plus citoyens et ceux qui, contraints et forcés ou de leur choix délibéré, parviendraient à le rester doit interpeller chacun.

La liberté ne se conçoit que dans le respect de la vérité. La transparence sur l’efficacité et les effets indésirables doit être de mise, plutôt que des mensonges d’État. Le discours de machiavélique, le mépris et les invectives (cf. la polémique entre Olivier Veran et Martine Wonner sur les décès recensés par le VAERS [Vaccine Adverse Event Reporting System, NDLR]) ne font qu’amplifier ce chaos.

La rupture d’égalité annoncée par serait constitutive d’un véritable apartheid profondément inacceptable, même si la propagande travaille à, chaque jour, un peu plus ostraciser les boucs émissaires choisis. Faut-il effacer ce terme de notre devise ?

Pour tenter d’éviter que ne se déchire un peu plus la nation, quelle fraternité devrons-nous instaurer, promouvoir, indépendamment de nos statuts vaccinaux respectifs ? Le prince qui nous gouverne si mal veut nous précipiter dans un chaos dont il espère se servir pour se maintenir au pouvoir ou le transmettre à un de ses clones par lui adoubé, du type Philippe ou Pécresse. C’est aux Français de dire que notre fraternité, parfois chahutée et bancale, doit rester, quoi qu’il en coûte et pour notre destin commun, la plus forte.

Bonne année ? Ce sera compliqué, mais travaillons-y !

5 janvier 2022

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