Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire
Il semble que beaucoup d'électeurs de droite rêvent d'écrire le mot avec un Z. Mais pas celui de Wauquiez.
La Macronie a réussi cet exploit en une semaine : démontrer elle-même l'inefficacité d'une mesure présentée comme LA solution et mettre, en plein été, des centaines de milliers de Français dans les rues depuis trois semaines.
Cercle infernal, vicieux, que le grand instigateur du passe n'avait pas prévu.
Ainsi, par la grâce d'Emmanuel Macron, la France est redevenue un phare pour le monde libre, en brandissant la torche de l'obligation et de la contrainte.
Évincer, selon le Petit Robert, c'est : 1) Déposséder juridiquement 2) Déposséder quelqu'un par intrigue d'une affaire, d'une place (chasser, écarter, éliminer, éloigner, exclure).
Emmanuel Macron voudrait exciter encore davantage la colère du peuple qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Jean Castex avait rappelé qu'il n'instaurerait pas l'obligation vaccinale pour les enseignants. Mais au train où vont les reniements de la parole gouvernementale sur ces questions, rien n'est exclu dans les semaines qui viennent.
Un échec doublé d'une incohérence, aujourd'hui, avec cette extension aveugle et brutale du passe sanitaire.
Les éléments de langage de Gabriel Attal ne sont ni une erreur ni une exception mais seulement le haut de l'iceberg de la morgue macronienne.
Quels trains soumettre au passe ? TGV et Intercités, mais pas les TER.
On ne se rue pas vers le vaccin mais vers la liberté rabougrie qui nous est encore concédée.
Quelque chose me dit d'ailleurs que dans la campagne de diabolisation des non-vaccinés, le gouvernement saura habilement contourner la Seine-Saint-Denis pour venir stigmatiser la Lozère.
Le mammouth applique sans broncher toutes les consignes gouvernementales.
Les risques d'explosion interne, avec les rivalités d'ego, sont nombreuses.
Le gouvernement souffle le chaud et le froid sur l'obligation vaccinale.
Avec une action nocturne stylée, façon « Z » comme Zemmour.
Signe des temps, les sujets de rédaction demandaient aux élèves de se poser les questions de l'héroïsme et du sacrifice aujourd'hui.
La stratégie gouvernementale est à terre, une fois de plus.
Et après, vous vous demandez encore pourquoi les Français se sont abstenus et ont coulé le parti présidentiel ?
Oui, les Français ont la tête ailleurs.
Finalement, Éric Zemmour réussit l'exploit de s'imposer dans des primaires, chez LR et au RN, qui ne voulaient pas de lui ni, surtout, de primaires.
La candidature Zemmour drainerait un électorat urbain, aisé et cultivé qui échappe à Marine Le Pen...
Est-ce le Houellebecq nihiliste qui parle ? Pas si sûr. Peut-être aussi le Houellebecq européen qui se souvient qu'il exista, dans un passé pas si ancien, une civilisation européenne.
Dire qu'il est l'avatar d'un parti qui produisit Chirac et Sarkozy. On peut penser ce que l'on veut de leur cohérence et de leur sincérité, ils avaient au moins… comment dire... une énergie.
Bon, ça commence à sentir le roussi, pour François Bayrou et ses amis.
Dès le début du quinquennat, à chaque poussée de fièvre (et c'est d'ailleurs le mot qui résumera ce mandat), Emmanuel Macron sombre dans cette dérive.
Peut-être a-t-il aussi oublié de préciser que la Renaissance fut également, en France et en Europe, le siècle des guerres de religion ?
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts
LFI se dresse contre les banquets du Canon français… mais défend les rave party




















































