C’est le chiffre qu’a livré, jeudi, l’assurance maladie : « Plus de cinq millions de personnes souffrant de comorbidités ne sont pas encore vaccinées contre le Covid-19. […] Ce sont 5 millions de personnes qui sont en situation à risque au moment où repart l’épidémie », a déclaré Dominique Martin, médecin-conseil national de la Caisse nationale de l’assurance maladie, cité par 20 Minutes. On sait aussi que la France, mauvais élève de l’Union européenne, n’a vacciné que 80 % de ses plus de 80 ans, et que deux millions des plus de 65 ans ne sont pas vaccinés. Ce sont des chiffres considérables, et porteurs d’inquiétude au seuil de la quatrième vague.

On peut dès lors – si l’on a encore le droit de poser des questions – s’interroger sur la stratégie du président de la République et du gouvernement d’imposer un équivalant, de fait, à une obligation vaccinale à toute la population, y compris aux mineurs, et, donc, à des catégories présentant peu de risque face au virus.

On nous rétorquera : il faut atteindre l’immunité collective. Or, la première vertu du reste bien la protection de la personne vaccinée. Donc, la priorité de la stratégie vaccinale, comme ce fut le cas au début, devrait être la vaccination des plus vulnérables. S’il devait y avoir incitation forte, ce serait à l’égard de cette population précise là. En être avec de si mauvais chiffres, six mois après le début de la campagne de vaccination, est un échec majeur du gouvernement. Un échec doublé d’une incohérence, aujourd’hui, avec cette extension aveugle et brutale du passe sanitaire.

Par ailleurs, ce changement de stratégie (l’immunité collective avant le ciblage des plus fragiles) constitue une prise de risque évidente si la quatrième vague s’avérait vraiment dangereuse. D’abord car le niveau de cette immunité (80 %, 85 %, 90 % de la population vaccinée ?) n’est pas clairement fixé mais il est élevé, ensuite car nous en sommes très loin et rien n’exclut, vu le de tension et de méfiance que le passe ne fait que renforcer, qu’elle ne soit pas atteinte.

Dans le débat électrique qui a lieu depuis deux jours à l’Assemblée nationale, la question a été abordée par le député LFI François Rufin :

Et en effet, il est proprement surréaliste de voir un gouvernement et un ministre de la défendre un texte multipliant les interdictions, les amendes, les peines d’emprisonnement, les licenciements pour toute une population alors qu’il aurait dû se préoccuper, d’abord, de ces millions de personnes à risque.

23 juillet 2021

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