[POINT DE VUE] Que sait-on de ces femmes dont Donald Trump demande la libération ?
[MISE A JOUR du 22 avril à 22h29] Le président Donald Trump annonce, sur X : « Excellente nouvelle ! Je viens d’être informé que huit manifestantes qui devaient être exécutées ce soir en Iran ne seront plus tuées… »
“Very good news! I have just been informed that eight women protestors who were going to be executed tonight in Iran will no longer be killed…” - President Donald J. Trump 🇺🇸 https://t.co/gsW76RQufY pic.twitter.com/oU1AlAOPpk
— The White House (@WhiteHouse) April 22, 2026
Elles sont huit. Elles semblent très jeunes. On ignore leurs noms, les crimes qu'on leur reproche, et on n'a même pas de certitude sur ce qu'avance Donald Trump. Le président des États-Unis vient en effet de publier huit portraits de femmes iraniennes, apparemment repris d'un compte X hostile au régime des mollahs, dont il affirme qu'elles seront bientôt exécutées par le pouvoir iranien. Au-dessus de cette photo, il a ajouté le message suivant : « Aux dirigeants iraniens, qui vont bientôt négocier avec mes représentants : je serais très reconnaissant de la libération de ces femmes. [...] S'il vous plaît, ne leur faites pas de mal! Ce serait un très bon début pour les négociations ! »
"To the Iranian leaders, who will soon be in negotiations with my representatives: I would greatly appreciate the release of these women. I am sure that they will respect the fact that you did so. Please do them no harm! Would be a great start to our negotiations!!!" - President… pic.twitter.com/pxU8xZFvAh
— The White House (@WhiteHouse) April 21, 2026
Il y a, dans ce texte bref, une certaine émotion (ne leur faites pas de mal), immédiatement tempérée, toutefois, par un pragmatisme de « dealmaker » (ce serait un très bon début pour les négociations). C'est du Trump dans le texte. En revanche, on peine à retrouver des informations sur ces prétendues condamnées à mort. L'opposante politique Masih Alinejad croit connaître leurs noms. Elle affirme même que l'une de ces jeunes femmes a seulement seize ans. Pour l'instant, on n'en sait pas davantage.
These 4 women receive death sentences simply for demanding freedom in Iran and right now sitting in prison, waiting to be hanged.
Where are the left and Liberal in America?
Why are the leaders of feminists movement so quiet?
Where are the progressive leaders?So let me get this… https://t.co/5T2DF7gE8d pic.twitter.com/9g1FG3NMFD
— Masih Alinejad 🏳️ (@AlinejadMasih) April 22, 2026
Du côté des Iraniens, on proteste : cette information serait fausse et Trump se serait laissé abuser par un contenu provenant des réseaux sociaux. Ce n'est pas du tout impossible.
Des tirs de semonce aux échanges de tweets
En tous les cas, cet épisode est assez représentatif de notre époque contemporaine et de la bataille que se livrent, par négociateurs et proxies interposés, Washington et Téhéran. Notre époque, d'abord, est tout entière dans cet épisode. On passe du niveau stratégique au micro-phénomène. On passe des tirs de semonce et des abordages en mer d’Ormuz à des échanges de tweets. On passe des images guerrières, des bombardements sur les chaînes d'info et des retransmissions de vedettes de garde-côtes à ces portraits, vérifiés par personne, de huit jeunes femmes photogéniques sur lesquelles on ne détient aucune information. Rien d'étonnant pour notre temps, dont la capacité d'attention est très réduite et qui a besoin de pensées tenant en 240 signes. Il faut des images fortes, des textes brefs, des émotions radicales. On vérifiera plus tard, si on a le temps.
Et puis, mécaniquement, cet épisode est également représentatif de la manière dont les États-Unis et l'Iran se livrent une espèce de longue guerre à bas bruit. De la même façon que l'opinion publique ricoche d'un sujet fugace à un autre, tout est négociation pour l'Iran comme pour les États-Unis. Tout est prétexte à appliquer une pression sur l'adversaire. En mettant cette histoire dans la balance et en expliquant clairement qu'un petit geste serait apprécié (à deux doigts de dire « à votre bon cœur »), Trump reprend la main sur le débat et impose ses thèmes. En repoussant les allégations américaines du bout du pied, Téhéran est également dans son ethos propre, celui d'un pays sage et instruit - « le pays qui a inventé les échecs », comme disent les commentateurs de plateau.
N'oublions évidemment pas le plus important : si ces femmes sont menacées de mort, il faut qu'elles soient libérées au plus vite. Mais prenons le temps de la réflexion et du sens critique. L'Iran, pendant ce temps, est en train de publier des vidéos générées par IA qui ridiculisent Trump et a intercepté deux navires, ce mercredi. Tout est guerre…
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10 commentaires
Huit femmes menacées de mort ? En réalité, huit avatars créés par intelligence artificielle. Trump ? Préférons l’intelligence artificielle à la connerie naturelle.
Annonce surprenante, intelligemment traitée par Mr Florac. MERCI.
Bonne journée
Androgynie forcenée ! Pourquoi QUE des femmes ?? Les hommes sont bons à pendre, eux ?
Ces vidéos ne ridiculisent pas Trump, elles tentent simplement de le faire…
Nos sous fiffres ne savent rien de ce qui se passe là bas mais ils causent et racontent tellement de conneries . PRESSE insupportable! Allez comme RT, quick!
Mon commentaire censuré allait finalement dans le même sens que vous. Je préciserais quans même que RT valait mieux que nos médias mainstream.
Oui RT valait mieux que certains de nos médias.
Il faudrait un procès de Nuremberg pour ce gouvernement théocratique criminel.
Avant de condamner, attendez de connaître la réalité. Elle n’est peut-être pas celle que vous vendent les médias mainstream…
Il semble que les théocrates de Téhéran ont été écartés mais je ne sais si c’est pire ou mieux. Les SA supplantés par les SS, on n’a pas gagné au remplacement.