Se moquer du Christ et parodier la Cène : comique de répétition, chez Quotidien ?
Invité de Quotidien, le 24 avril dernier, pour présenter notamment son nouveau single Beaucoup, le chanteur Bilal Hassani s’est vu comparé à Jésus. Il est le prétexte d'une nouvelle occasion de tourner en dérision la foi chrétienne, sous couvert d'humour. Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment : l’émission de Yann Barthès a depuis longtemps défini ses boucs émissaires et ses vaches sacrées.
🟡📺 Quelle honte 🤮
"Nous recevons Jésus, pardon Bilal"
Vous êtes sérieux, Quotidien ?
Non seulement c’est malaisant, mais surtout profondément irrespectueux !
Et ceux qui sont autour, vous trouvez ça drôle ? pic.twitter.com/jS3aEmlfby
À ce sujet — Bilal Hassani à l’Eurovision : ce n’est pas un peu fini, ces accusations d’homophobie ?
— Impact (@ImpactMediaFR) April 26, 2026
Boucs émissaires et vaches sacrées
Bilal Hassani en est une. Il faut dire que le chanteur est à la fois un représentant de la communauté LGBT, celui que la France a choisi pour la représenter à l’Eurovision en 2019, et un fervent défenseur de la diversité. Autrement dit, il est muni de tous les sacrements chers à l’audiovisuel et au show-biz. De là à le comparer à Jésus, il y a plus qu’un gouffre, mais chez Quotidien, on ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. « Racisé, queer et flamboyant », Louis Cattelat ne s’y trompe pas et rend au chanteur le culte qui lui est dû. « Arabe, fédérateur et pas le dernier pour sortir en robe, nous recevons Jésus, Bilal, pardon ! » Le plateau s’esclaffe : l’humoriste explique les « confond[re] souvent parce que tout le monde les connaît et qu’[il] se balade avec une bande de fidèles compagnons ». « Je me permets de commencer la chronique avec un blasphème : de toute façon, l’extrême droite va nous tomber dessus quoi qu’il arrive. Bilal, dès que vous bougez un ongle, les fachos montent au créneau », poursuit-il, en ajoutant que « l’extrême droite a ses fixettes ».
L'ode ne s'arrête pas là : « J’admire votre capacité à créer malgré les attaques de la fachosphère », complimente-t-il encore, puisque rien n’est trop élogieux pour encenser le chanteur, quitte à sombrer dans le ridicule. Évidemment, il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin et les plaisanteries douteuse s'enchaînent sur les scandales pédophiles dans l’Église, sur l'affaire Bétharram et sur l’extrême droite qui s’en accommoderait, pourvu que Bilal Hassani ne se produise pas dans une église désacralisée. On ne pourra pas lui faire ce reproche : Louis Cattelat montre une habileté certaine dans l’enchaînement des poncifs.
Du comique de répétition ?
En revanche, pour l’originalité, on repassera. Les « humoristes » de Quotidien n’ont rien à envier à ceux de France Inter : du pareil au même, bonnet blanc et blanc bonnet. Même humour convenu et même posture faussement transgressive tirant à boulets rouges sur des cibles définies au préalable par la bien-pensance et le politiquement correct. D’ailleurs, Louis Cattelat avait profité d’un éloge dithyrambique sur la radio du service public qui vantait « son écriture ciselée et son mordant » ou encore son « humour décalé [qui ferait] de lui, aujourd'hui, un représentant d'une nouvelle génération d'humoristes qui bouscule les conventions ». Manifestement, il demeure plus facile et moins risqué de bousculer les conventions du siècle dernier voire celles du précédent millénaire. La plaisanterie est éculée : moquer la Cène, cela a déjà été fait en mondovision, mais peut-être faut-il y voir un comique de répétition ?
Niveau 0 de la prise de risque
C'est qu'à gauche, la transgression se doit d'être conventionnelle et l'humoriste de Quotidien semble l'avoir bien compris, puisqu'« avec ses lunettes arrondies et sa tête de bébé, Louis Cattelat est le nouveau chouchou de l’humour français », explique Moka Mag. D’ailleurs, Libération fait aussi de la publicité pour son spectacle et admire la « fulgurance des sorties de Louis Cattelat ». Nouvelle coqueluche de la gauche, Louis Cattelat en applique tous les codes. L’Humanité non plus ne tarit pas d’éloges à son égard, voit en lui « une version queer et masculine de Blanche Gardin ». C'est d'ailleurs auprès de ce média qu'il confesse : « Je ne dirais pas que j’aime choquer. Mais il y a un truc délicieux dans le blasphème. »
Effectivement, mais s’il s’en délecte, c’est parce qu’il sait de qui il est politiquement correct de se moquer et qu'il ne risque pas grand-chose puisque, comme le dit l’humoriste vraiment transgressif Gaspard Proust, « un chrétien intégriste qui applique le Nouveau Testament à la lettre, c’est un mec qui se met à embrasser tout le monde dans la rue ».
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43 commentaires
Pour oublier ce sévice public il faut écouter quotidiennement la chanson Delphine de Patric Sébastien…
Tous ces pantins ridicules ont le courage qu’ils peuvent,bien évidemment.
Quand on ne risque rien,on ose tout!Surtout si on sélectionne les souffre-douleurs en fonction de critères précis où tout danger physique est écarté.
Il vaut mieux éviter,par exemple,de caricaturer les musulmans ou de se moquer de certains étrangers dont l’humour n’est pas particulièrement la tasse de thé.
MAIS EST-CE VRAIMENT DE L’HUMOUR?