[MÉDIAS] Victoire, le rapport Alloncle sera publié !
Il s’en est fallu d’un cheveu. Avec 12 voix pour et 10 contre, le rapport de Charles Alloncle sur l’audiovisuel public a été adopté et verra donc finalement le jour. Jamais le vote d’une commission d’enquête parlementaire ne s’est tant fait attendre. Ce 27 avril, malgré l’appel à la censure d’une gauche qui, depuis six mois, s’étrangle en avalant les couleuvres que le député ciottiste lui présente sur un plateau, une majorité de députés s'est exprimée au sein de la commission en faveur de la publication du rapport.
Depuis plusieurs semaines, la gauche hurle en effet à la chasse aux sorcières. Voter le rapport parlementaire rédigé par Charles Alloncle valait approbation. Pourtant, sur les centaines de rapports parlementaires publiés à chaque mandat, qu’ils proviennent de la gauche ou de la droite, d’un parlementaire de la majorité ou de l’opposition, le vote de ces derniers n’a toujours été qu’une simple formalité, destinée à valider l’ensemble des travaux d’une commission. Sans être, en aucun cas, le vote en faveur de recommandations qui n’appartiennent qu’au rapporteur. D’autant que ces dernières n’ont aucune valeur législative : il revient ensuite aux gouvernements ou aux parlementaires de s’appuyer sur des propositions qu’ils estimeraient justes et qui pourraient inspirer des réformes ou des programmes politiques à venir. Rappelons, par ailleurs, que l’immense majorité des rapports parlementaires sombre le plus souvent dans l’oubli général, si tant est qu’ils aient réussi à attirer un jour ou deux l’attention, et finissent, dans le meilleur des cas, en cale-meuble.
À ce sujet — [L’INVITÉE] « La gauche, LFI et les macronistes ne supportent pas qu’on enquête sur l’audiovisuel public ! »
« Un soulagement »
Payer pour se faire insulter, les Français patriotes commencent à se lasser, pour le dire poliment. Sans compter les gabegies, les copinages en tous genres et tout ce que les travaux de la commission d’enquête ont révélé d’abus et de dérives au sein de l’audiovisuel public. Le vote en faveur de la publication du rapport de Charles Alloncle est, à ce titre, une bouffée d’air frais. « Un soulagement », comme le qualifie, à la sortie de la réunion houleuse qui s’est déroulée au palais Bourbon, le député RN de la Moselle Laurent Jacobelli. Entamés à 14h30, les échanges tendus entre les parlementaires ont duré toute l’après-midi jusqu’au dénouement final qui n’intervint qu’à 19h. Le rapport sera rendu public le 4 mai et « incluera un avant-propos de ma part et des contributions des groupes politiques », a indiqué, sur X, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus. Une pratique insolite qui démontre le caractère ultra-sensible de ce vote. Les uns et les autres pourront écrire noir sur blanc que jamais, au grand jamais, ils ne cautionnent, ni de près, ni de loin, une virgule du texte de ce rapport maudit.
Le cheval est entré dans Troie
Car, acculée, toute la gauche médiatico-politique n’a eu de cesse, dans cette dernière ligne droite, de clouer au pilori Charles Alloncle. Pour La France insoumise, le rapport n’est qu’un « pamphlet politique commandé par des chaînes privées pour détruire le service public audiovisuel », selon le député Thomas Portes. Au Parti socialiste, même bronca. La députée PS du Val-d'Oise Ayda Hadizadeh a dénoncé « un tract partisan, malhonnête et mensonger », « fait d’attaques, de diffamation et de mensonges », tout en expliquant que le rapport de Charles Alloncle, fruit de six mois d’enquête et 200 heures d’audition, aurait « sa place dans le bureau de Donald Trump, pas à l’Assemblée nationale ». « Il continue d’avoir le même style dans son rapport que sur les réseaux sociaux » ont expliqué, quant à eux, les écologistes, qui soulignent que « l’Assemblée nationale n'est pas un lieu privatisé par Vincent Bolloré ». Le bloc central, lui, s’est distingué par la tiédeur qui lui est consubstantielle. En s’abstenant, Renaissance risquait de faire le jeu de la gauche. Mais la bonne étoile qui veille désormais au-dessus du député Alloncle en a décidé autrement.
Les Français pourront, désormais, lire le rapport tant conspué et analyser les propositions qui pourront demain, s’il y a une volonté politique digne de ce nom à l’Élysée et au gouvernement, faire cesser l’impunité qui règne au sein de l’audiovisuel public. Le cheval est entré dans Troie. Gageons que l’Histoire se renouvelle.
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19 commentaires
Dans un pays démocratique la question ne devrait même pas se poser. Nous sommes dans une merdiocratie de gauche qui me dégoûte au plus haut point.