La stratégie d’Emmanuel Macron et du gouvernement était claire : faire du vaccin LE clivage destiné à arrimer à soi 80 % de Français souhaitant naturellement faire partie du camp du Bien (progrès, solidarité, raison, etc.). Mais très rapidement, passé le coup de massue de cette allocution surréaliste ayant poussé trois millions d’entre nous vers les « vaccinodromes », le véritable enjeu est apparu grâce à des voix aussi diverses que celle d’un François-Xavier Bellamy ou d’un Verlaine Djeni. Comme le disait le docteur Legrand, la « prise de conscience » des Français dont se glorifie Emmanuel Macron ne concerne pas l’utilité du vaccin, mais « l’obligation » d’avoir ce fameux « passe », ce laissez-passer, ce sésame de la liberté. On ne se rue pas vers le vaccin mais vers la liberté rabougrie qui nous est encore concédée.

Toutes les questions démocratiques concernant ces nouvelles dispositions restreignant les libertés et revenant de facto à une obligation vaccinale, leur fondement, le manque de contre-poids démocratiques (Conseil d’État, Conseil constitutionnel) ont été soulevés par les philosophes et les juristes qui osent encore pratiquer le doute et la nuance. Et il faut être sacrément macronien – ou orwellien – pour nous assener que le passe sanitaire est un instrument de liberté.

Mais il y a pire, et plus à la portée du Français lambda que je suis recherchant mon créneau sur Doctolib pour pouvoir bénéficier, non du vaccin, mais de la liberté étriquée du passe. C’est, précisément, l’utilité et l’efficacité sanitaire dudit passe. Car si nous avons bien écouté le raisonnement présidentiel, ce passe sera le garant de notre liberté et, bien sûr, de notre santé. Le passe est censé être le rempart contre le Covid et ses variants. Or, il apparaît déjà que ce n’est qu’une misérable ligne Maginot. Le virus ne s’arrête pas aux frontières, nous disait-on. Il ne va certainement pas s’arrêter à ces millions de pseudo-micro-frontières que le passe est censé instaurer. On ne voit pas pourquoi nous échapperions au destin d’Israël, que l’on nous a montré comme le bon élève, et qui envisage un reconfinement pour septembre.

D’abord, il suffit de regarder les événements soigneusement soumis à l’obligation du passe et, donc, « sûrs ». Allez lire l’information rapportée par le journal belge Le Soir : « Pays-Bas : plus de 1.000 participants à un festival contaminés par le coronavirus malgré un passe sanitaire. Sur les 20.000 participants au festival Verknipt, plus de 1.000 sont positifs au coronavirus. »

Et puis – et ceci est lié à cela -, il y a plus grave dans les obligations imposées par Emmanuel Macron et dans sa politique du « tout passe ». Plus grave intellectuellement, moralement, démocratiquement et sanitairement, ce qui fait beaucoup. C’est, détonante dans le monde de l’autorité et de la raison qu’il veut martialement incarner, l’absence d’obligation de test pour les vaccinés. Elle ne se défendrait que si le vaccin prémunissait à 100 % tout vacciné de contracter la maladie et de la transmettre. Or, tel n’est pas le cas. Concrètement, un vacciné bénéficie d’un passe qui lui permet d’accéder à des tas de rassemblements publics interdits aux non-vaccinés mais il peut, sans test, transmettre la maladie. On nous a dit que c’était six fois moins qu’un non-vacciné. Mais si mon vacciné contagieux bénéficie de six (dix ?) fois plus de contacts, de sorties, d’événements (car c’est pour cela qu’il s’est fait vacciner !), ça donne quoi, au final ? Souvenez-vous aussi, dans la même logique, du syndrome du vacciné, apparu en juin, qui voyait nos néo-vaccinés monodose s’asseoir allègrement sur les gestes barrières. Et devenir des néo-contaminés et contaminants.

Cette inégalité d’obligation de test entre vaccinés et non-vaccinés est en ce moment criante pour les Français rentrant d’Espagne et du Portugal. Et irrationnelle d’un point de vue sanitaire. C’est cette inégalité sous laquelle Emmanuel Macron veut nous faire vivre. Le passe Macron est bien une impasse démocratique doublée d’une passoire sanitaire. Et je ne parle même pas de la pile de mensonges qui le fonde.

17 juillet 2021

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