Comme le remarquait, vendredi, Richard Hanlet, le souffle le chaud et le froid sur l’obligation vaccinale. Tout dépend de la conférence de presse que vous écoutez : 16 h, 18 h, 20 h. En tout cas, la pente vers l’obligation est forte, comme aurait dit notre ami Raffarin dans l’une de ses formules que nous croyions poitevines mais qui étaient, en fait, du mandarin de la région de Wuhan.

Donc, l’obligation avance à grands pas. Pour les soignants, évidemment. Pour le reste de la population tôt ou tard, malgré les dénégations de Véran, vendredi soir. Et même pour les enfants, si l’on écoute la présidente de la Haute Autorité sanitaire. C’est un peu comme pour la PMA et la GPA : la pente glissante transforme le « non, jamais » du début en « oui, bien sûr ». Et avec la start-up nation, les choses vont très vite.

Certes, l’obligation n’est pas encore légale. Mais est sur un projet de loi. D’ailleurs, il n’est bon qu’à ça, Jean Castex : pondre des lois de restriction de nos libertés. Certes, ils sont un peu gênés, car l’obligation, c’est du Poutine. Mais il paraît qu’en Italie, l’obligation vaccinale pour les soignants ne pose aucun problème. Alors, pourquoi se gêner ?

Certes, certes. Mais moi, l’obligation, je la croise tous les jours. À tel point que je rase les murs. Mon chef. La plupart de mes collègues car, « tu comprends, on veut pouvoir partir à l’étranger ». Ah… Et visiblement, je ne suis pas le seul à être regardé de travers. Le Figaro a enquêté sur cette « fracture » qui se creuse entre vaccinés et non-vaccinés. Les exemples sont nombreux, dans l’entreprise, dans la fonction publique, dans les groupes d’amis, sur les réseaux sociaux. Évidemment, la culpabilisation bat son plein : et la quatrième vague ? Et le variant Delta ? Si nous sommes tous reconfinés, ce sera à cause de gens comme toi ! Il faut dire que l’équipée Castex-Véran, dans les Landes, la semaine dernière, a été un grand moment.

Le quotidien a donné la parole à un sociologue : « La vaccination Covid en France est en train de devenir un marqueur identitaire. En gros, si je me vaccine, ça veut dire que je soutiens les pouvoirs publics, et inversement, la non-vaccination devient le symbole de ce système partisan. » Tiens… Pour lui, la vaccination obligatoire est le « pari ultime ». « Plusieurs événements ont démontré que l’obligation pouvait être une source de tension, comme la limitation aux 80 km/h, à l’origine des gilets jaunes. » Nous y voilà : cette histoire de vaccination est devenue la nouvelle arme d’un Emmanuel Macron pour avoir derrière lui ces fameux « deux Français sur trois », ce cercle de la raison vaccinée. Vous me trouvez complotiste ? Dans Le Figaro de jeudi, un élu macronien confie : « Notre objectif est de partir lancé pour la présidentielle, de réformer en septembre pour qu’en avril l’élection soit un « stop ou encore » pour Emmanuel Macron. Mais pour cela, il ne faut pas qu’on se retrouve empêchés par une nouvelle vague. » Voilà l’agenda vaccinal de notre Président. C’est tout de même mieux qu’une affaire Fillon, la fracture vaccinale. On pourrait même imaginer, puisqu’ils ont déjà l’idée d’un « pass » pour les commerces, d’un « pass » pour l’isoloir. a toute ma confiance.

Évidemment, « en même temps », le gouvernement, toujours aux aguets pour ce qui touche à notre bien-être, à notre santé, à notre cohésion sociale (voir son succès aux dernières élections), s’est ému de cette « fracture ». Avec ce mot qui fleure bon le Chirac de 1995, a même déclaré, le 1er juillet, sur LCI : « Je crains une forme de fracture entre ceux qui auront été vaccinés et ceux qui n’auront pas voulu se faire vacciner, c’est certain. » Gabriel Attal, c’est pas un King Kong à la Dupond-Moretti, il ferait pas de mal à une mouche, c’est un homme qui ne nous veut que du bien, c’est certain, comme il dit. Et pourtant, avec son air de ne pas y toucher et sa crainte de voir se creuser une faille qu’il s’évertue avec son équipe à agrandir tous les jours, il ne nous prendrait pas un peu pour des idiots, Gabriel Attal ?

3 juillet 2021

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