À Mayotte, Édouard Philippe s’attaque à l’immigration. « Vulgaire copie », répond le RN
« Ici, l’immigration est un problème évident. » En déplacement à Mayotte pour deux jours, ces 21 et 22 août, Édouard Philippe semble tomber de la Lune. En campagne, voilà l’ancien député UMP qui retrouve des accents droitiers alors qu’il doit, pour distancer Gabriel Attal, amadouer autant les soutiens et les voix du centre qu'un électorat de droite, sensible à une immigration contrôlée.
« Pour construire l’avenir de Mayotte, l’urgence est de fermer les vannes de l’immigration. Pas à moitié. Totalement », a déclaré l’ancien Premier ministre dans un entretien publié par le journal France Mayotte Matin, à la veille de son déplacement. Bien évidemment, Édouard Philippe a tenu à rappeler qu’il était très « attaché au droit d’asile, qui fait partie de notre tradition républicaine ». Sur place, l’ancien Premier ministre égrène les propositions qui permettront d’endiguer l’immigration endémique que subit, depuis plusieurs décennies, le département le plus pauvre de France : « un moratoire pendant tout le quinquennat sur les nouvelles demandes d’asile, le droit du sol et l’immigration familiale » ; « il ne faut plus réduire l’appel d’air. Il faut le stopper », précise l'actuel maire du Havre, qui n’avait pas hésité, au Havre, à appeler à voter pour un candidat communiste contre le Rassemblement national…
Édouard Philippe veut aussi « accélérer les éloignements en installant le premier centre français de retour en Afrique de l’Est et en utilisant tous les leviers pour obtenir la coopération des Comores ». Enfin, le candidat à la présidentielle souhaite « reprendre la maîtrise de nos frontières maritimes, avec une seconde base navale dans le nord de l’île et deux fois plus de patrouilleurs et de radars ».
Une proposition de loi en 2018
Il n’en fallait pas moins pour déclencher l’ire du Rassemblement national, qui s’étrangle d’entendre un tel discours musclé dans la bouche d’un homme qui a été à la tête du gouvernement français de 2017 à 2020. Une fermeté réservée, semble-t-il, aux campagnes électorales. « Édouard Philippe semble découvrir le drame de la déferlante migratoire à Mayotte, a raillé Marine Le Pen, en rappelant qu’en 2018, elle avait déposé une proposition de loi « visant à protéger nos compatriotes mahorais contre cette submersion organisée ». Son contenu était sans équivoque et reprenait un programme que Jean-Marie Le Pen prêchait, déjà, dans le désert, il y a 40 ans : « Abrogation totale du droit du sol et du regroupement familial, adoption du principe d’éloignement sans délai de tout étranger en situation irrégulière, irrecevabilité de toute demande d’asile présentée à Mayotte, adoption d’une politique d’extrême fermeté envers les autorités comoriennes, dont les déclarations, les buts et les agissements ne visent ni plus ni moins qu’à l’annexion de ce territoire ».
« Opportunisme » dénonce le RN
« En bon macroniste, Édouard Philippe ment aux Français : il s’est systématiquement opposé aux propositions de Marine Le Pen contre l’immigration à Mayotte, avant de les reprendre aujourd’hui par opportunisme », a commenté, sur BFM TV, Yoann Gillet, directeur adjoint de campagne de la députée du Pas-de-Calais. « Une vulgaire copie », commente l’eurodéputé Matthieu Valet, quand le vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, s’interroge : « Qu’a fait Édouard Philippe, lorsqu’il était Premier ministre ? Rien. »
L'ancien bras droit d'Emmanuel Macron a été rejoint par plusieurs soutiens de taille, ces dernières semaines. Des sarkozystes comme Nathalie Kosciusko-Morizet. Ou plusieurs figures de la Macronie. Le dernier en date étant – après le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, et la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon – le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Il ne manque plus que Xavier Bertrand et Jean-François Copé et l'équipe sera complète. S’il veut aller plus loin, Édouard Philippe devra surmonter un défi de taille : convaincre l'électeur que, après le macronisme, la même ratatouille avariée puisse encore être appétissante.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR



































182 commentaires
E. Philippe devrait être davantage attaché au droit à la sécurité des Français qu’au droit d’asile « qui fait partie de notre tradition républicaine » mais qui est surtout dévoyé pour favoriser une immigration de masse et le le Grand Remplacement. Qu’il s’occupe du Havre et travaille sa savate.
Je trouve tous les commentaires un peu abusifs dans la non reconnaissance des mérites d’E.Phillipe. C’est tout de même lui qui dans une vision que l’histoire retiendra, a fait baisser la vitesse sur les routes de 10km/h améliorant ainsi la productivité des cinémomètres.
Tous ceux qui ont dirigé sous la macronie depuis dix ans doivent se poser une question simple :qu’avons-nous fait pour la France depuis dix ans. La réponse est hyper facile: absolument rien de positif. Alors dehors.
Macron, Philippe, Attal,… tous ces politiques sont des « figurines » utilisées pour les besoins stratégiques de « notre Europe »… La politique de notre pays se fait à la Commission.
Moralité : le RN n’aime pas la concurrence …
Il faut être sacrément gonflé pour lancer sa campagne à Mayote surtout lui! C’est ce qui s’appelle en langage courant « du foutage de gueule! » Ce qui ne l’empêche pas d’être pas mal placé dans le sondages, on rève…..
Décidément les français ont la mémoire courte très courte, alors pourquoi ne pas en profiter, non?
Philippe veut s’attaquer à l’immigration à Mayotte. Il découvre l’eau chaude, mais pourquoi seulement à Mayotte, ailleurs , tout va très bien?
Il est vrai qu’on peu se poser des questions sur un homme qui, lorsqu’il a été Premier Ministre pendant trois ans, a fait exactement le contraire de ce qu’il prône aujourd’hui. S’il tient ce discours, c’est parce qu’il sait que c’est ce que pense (et veut) une majorité de Français. Alors, pourquoi ne les a-t-il écoutés lors qu’il était aux manettes ? Discours opportuniste pour draguer des voix ! Je n’ai aucune confiance en ce bonhomme.