[L’ÉTÉ BV] Nos agriculteurs crèvent, mais Raphaël Glucksmann joue Casse-Noisette

Sur LCI s'est jouée une scène emblématique du mépris des idéologues de l’écologie punitive pour les paysans français.
Capture écran LCI
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Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 19/11/2025.

Alors que les agriculteurs veulent interpeller les candidats à la présidentielle sur la crise grave qu'ils traversent, il n'est pas inutile de rappeler les trahisons de certains de ces candidats à leur égard, comme Raphaël Glucksmann, qui n'assume pas avoir voté contre l'autorisation de l'insecticide acétamipride.

 

Le 18 novembre, sur LCI (voir à 1h18), David Pujadas invite l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates). Face à lui, Thierry Descazeaux, président de la coopérative lot-et-garonnaise Unicoque, représentant les 300 producteurs de noisettes de la région, est venu expliquer pourquoi sa profession est en danger de mort.

Il y a six ans arrivait d’Asie, via l’Italie, l’Halyomorpha halys, une punaise classée « espèce invasive ». « Du mois de mai jusqu'à la récolte, elle nous détruit 40 à 50 % de la production, et à la récolte, elle pourrit 30 % de ce qui reste », précise-t-il. Au cœur du débat, l'acétamipride, un insecticide efficace pour éradiquer cette punaise, mais interdit en France alors qu’il est autorisé dans les autres pays européens.

Censure constitutionnelle

Or, après que la récente loi Duplomb sur l’agriculture a rétabli l’autorisation de son utilisation dans son article 2, cette disposition a été ensuite censurée par le Conseil constitutionnel, suscitant la colère des agriculteurs. « Monsieur Glucksmann, pourquoi avez-vous pris position contre l'article 2 ? », demande alors Thierry Descazeaux. Mais son interlocuteur préfère botter en touche, estimant que « c'était sûr que cet article allait être censuré. C'était évident, parce qu'en fait, l'interdiction de l'acétamipride, ça a été une décision prise parce que ce néonicotinoïde avait un impact désastreux sur les pollinisateurs. »

Et Raphaël Glucksmann d’oublier aussi, au passage, la seconde question de son contradicteur, qui s’enquérait de savoir ce que l'eurodéputé (et grand europhile) pensait de de la position de l'Union européenne sur cette affaire. Car, rappelle alors Thierry Descazeaux, l’article 2 en question n’était rien d’autre qu’une « remise à niveau, tout simplement aux normes européennes », puisque s'appuyant sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’UE « a prolongé cette molécule jusqu'au 28 février 2033, sans aucune restriction, ni sur la biodiversité, ni sur l'alimentation humaine, ni sur l'environnement, ni sur son utilisation ».

Quand la France en rajoute

BV a en effet retrouvé l’intervention, le 20 mai 2025, d’Eva Hrnčířová, porte-parole de l’EFSA auprès de la Commission européenne, au sujet du néonicotinoïde de la discorde. « Utilisé à des doses conformes à son autorisation européenne, l'acétamipride ne présente pas de danger, ni pour l'homme, ni pour la biodiversité », précise-t-elle d’emblée. Mais elle va alors plus loin, s’en prenant directement au gouvernement français, estimant « que les arguments de la France, qui avait tenté de faire changer d'avis l'Europe au sujet de l'acétamipride, ont été "jugés" par des scientifiques mandatés par l'Union européenne, comme "ne constituant pas une base solide" pour retirer l'autorisation européenne ». On ne pouvait être plus clair.
Le 18 novembre, le député EPR et ancien ministre Guillaume Kasbarian se plaignait de la manie de la gauche à interdire : « Au lieu de lever les contraintes sur nos agriculteurs, on les alourdit et on aggrave la concurrence déloyale. Après, on s'étonne qu'ils ne soient plus compétitifs. Stop aux surtranspositions. » Mais concernant l'acétamipride, il ne s’agit même plus de surtransposition mais d’inversion pure et simple de la législation européenne.

Et comme le remarque Thierry Descazeaux sur cette question, « nous sommes le seul pays au monde à ne pas avoir cette arme. Nous mourrons. Voilà où en est la filière, elle va disparaître. Et nous importons 90 % de nos fruits. »

Une polémique qui date

L’affaire n’est pas nouvelle. En novembre 2024, déjà, le directeur d’Unicoque, Jean-Luc Reigne, se faisait lanceur d’alerte, rappelant que « l’acétamipride est utilisable par tous les agriculteurs européens, sauf la France. L'Italie va pouvoir fournir, l'Espagne va pouvoir fournir. Nous, ce qu'on demande, c'est de pouvoir lutter à armes égales. » Seules deux solutions pouvaient, selon lui, être mises en place. « Soit les produits phytosanitaires utilisables chez nos voisins italiens deviennent utilisables immédiatement sur le territoire français, soit ce n'est pas le cas. Et à ce moment-là, il faut refuser que l'agriculture dont on ne veut pas exporte ses produits sur notre territoire. »

Face à l’hypocrisie ambiante concernant la concurrence déloyale manifeste créée par la censure constitutionnelle de l’acétamipride, les producteurs ont voulu montrer les preuves concrètes de la tricherie. Le 26 septembre dernier, des syndicalistes de la FDSEA et des JA ont par exemple visité des grandes surfaces de Bergerac, trouvant des noix d’Ukraine et des noisettes de Turquie au rayon bio. Pourtant, dès février 2025, Françoise Gatel, ministre chargée de la Ruralité du gouvernement Bayrou (devenue, depuis, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le deuxième gouvernement Lecornu), avait alerté sur cette mise en danger des filières agricoles du fait des surtranspositions et interdictions intempestives. « On ne peut plus accepter dans notre pays de commercialiser des produits dont on interdit la production en France. » Un propos qui justifiait, faute d'interdiction des produits étrangers, la présence de l’article 2 dans la loi Duplomb.

L’écologie punitive en roue libre

Mais face à de purs idéologues, tenant d’une écologie punitive et létale pour les agriculteurs, aucun argument n’a de prise, aussi concret soit-il. Sur LCI, face à l’évidence et faisant mine de ne pas entendre le propos de l’AFSA, Raphaël Glucksmann en a, au contraire, rajouté une louche. « Quand une décision est prise pour sauver la biodiversité, ou pour assurer la transition écologique, ou par souci de santé publique, ce qu'il faut, c'est mettre en place un fonds d'accompagnement et un fonds pour pouvoir vous accompagner et ne pas vous laisser seuls. » En clair, cela signifie que pour faire taire des producteurs victimes de concurrence étrangère déloyale, utilisateurs d’un produit que l’on estime dangereux alors qu’il ne l’est pas, les mêmes idéologues leur proposent une indemnité qui ne les empêchera pas de faire faillite et qui sera financée par les impôts des Français, les leurs compris.

Il fallait oser. Mais c’est à cela qu’on les reconnaît.

Vos commentaires

104 commentaires

  1. « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer » (Beaumarchais).
    Alors citons aussi Audiard qui fait dire au paysan dans le film « Le Président » : «  On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis ».
    Nous en sommes là.
    Rien ne change, sinon en pire…

  2. Cette polémique est dépassée puisque la loi Duplomb a fini par gagner ! A défaut d’écologie punitive je dirai que nous sommes dans « l’agrochimie punitive » puisqu’en tant que citoyenne j’ingurgite des pesticides cancérigènes contre mon gré !

  3. je n’arrive pas à comprendre pourquoi le Gouvernement et nos députés ne prennent pas cette incohérence à bas le corps : « l’acétamipride est utilisable par tous les agriculteurs européens, sauf la France. L’Italie va pouvoir fournir, l’Espagne va pouvoir fournir. Nous, ce qu’on demande, c’est de pouvoir lutter à armes égales. » Seules deux solutions pouvaient, selon lui, être mises en place. « Soit les produits phytosanitaires utilisables chez nos voisins italiens deviennent utilisables immédiatement sur le territoire français, soit ce n’est pas le cas. Et à ce moment-là, il faut refuser que l’agriculture dont on ne veut pas exporte ses produits sur notre territoire. »

  4. L’idéologie, toujours l’idéologie! Combien de désastres par ta faute. Tu gangrènes les cerveaux, tu détruit le bon sens, tu réfutes la science et au final des gens pas spécialement stupides prennent des décisions absurdes aux conséquences parfois graves.
    Pitié, avant de voter choisissez le moins idéologue !

  5. RG veut indemniser les agriculteurs avec du pognon qu’il n’a même pas, c’est n’importe quoi !!! Remarquez il trouvera bien un moyen pour en piquer chez les riches comme il dit.

  6. Rien à attendre des gauchistes , il faut que les agriculteurs, viticulteurs le comprennent, leur écologie punitive va les faire disparaitre

  7. Glucksmann fait partie de cette génération de politiciens (Attal, les écolos, Lfistes….) qui ignorent totalement tout le travail qu’un agriculteur ou éleveur doit produire pour quelque chose arrive dans son assiette. Et même plus, il s’en moque que ce soit produit en France, au Brésil ou en Ukraine. Ces gens appartiennent au village mondial où drapeau, frontières, nationalité, patriotisme ne signifient rien.
    Et il veut être président de la République ? Laquelle ?

  8. L’écologie a détruit notre filière nucléaire et désormais notre agriculture . Glucksmann très proche de la Géorgie et de l’Ukraine , demandera à ces pays de nous fournir ce que nous ne pouvons plus produire . Je ne sais pas ce que Cécile Duflot, en tant que femme politique la mieux payée avec 82 millions de revenus ,par an selon le magazine » people with money  » . viendra défendre dans l’émission « estelle midi » sur RMC ? Le bilan des écolos ? Son salaire mirobolant ? Le fait qu’elle se représente à gauche avec le plus gros salaire chez les femmes politiques ? Son ONG , ONG ,qui, décidément ,sont de véritables entreprises? Qui vivent de quoi ? Allo Sarah , qu’est ce que tu en pense ?

  9. Glücksman tout petit bonhomme sans envergure, affichant sans cesse un demi sourire de benêt, qui considère qu ‘accompagner les agriculteurs mourants est de leur donner un chèque compensatoire, il faut être très très con pour considérer que c’est un  » accompagnement » alors que c’est une condamnation !

  10. Les noisettes qui arrivent de l’ukraine,Mosieur glucksmann à vécu des années et marié en Ukraine avec une femme ukrainienne et le bon souvenir de zelinsky.

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