29 août 1976 : Mgr Lefebvre rassemble 6.000 fidèles traditionalistes à Lille
Les fins d’été sont-elles propices aux bouleversements, aux ruptures, aux « accélérations de l’Histoire », comme on dit ? Deux événements qui eurent lieu à quelques jours de distance, il y a tout juste un demi-siècle et qui n’ont aucun rapport, pourraient accréditer cette idée. Le premier – Éric de Mascureau l’a évoqué la semaine dernière –, c’est, bien sûr, la démission fracassante de Jacques Chirac.
Mgr Lefebvre brave les interdits de Paul VI
Deux semaines plus tard, le dimanche 29 août pour être précis, un évêque-archevêque provoquait l’autorité du pape Paul VI en célébrant une messe dans le rite dit de saint Pie V, bravant les interdits qui sévissaient, en ces premières années d’application brutale de la réforme liturgique imposée à l’issue du concile de Vatican II. Ce prélat, évidemment, c’était Mgr Marcel Lefebvre. L’ancien et premier archevêque de Dakar avait réussi – un exploit, à cette époque d’avant les réseaux sociaux et où tout le monde n’avait pas encore le téléphone – à rassembler derrière lui plus de 6.000 catholiques, majoritairement de France (mais pas que), désireux de rester fidèles à la messe traditionnelle – on disait alors, pour faire court et de façon impropre, à la messe en latin. Originalité, pour l’époque : ces fidèles se rassemblèrent, non pas dans une cathédrale, une église – elles leur étaient interdites –, mais dans un hall d’exposition, le palais des foires de Lille.
La une du journal télévisé
D’une certaine façon, ces catholiques réfractaires à la réforme liturgique et au grand chamboule-tout qui était dans l’air du temps, y compris dans l'Église, appliquaient les consignes de large ouverture au monde prônées par le Concile en allant ainsi entendre la messe en un lieu profane ! Cet événement inédit fit couler beaucoup d'encre, dans les journaux, et pas seulement dans La Croix. Il fit la une des journaux télévisés de TF1 et Antenne 2, alors suivis fidèlement par des millions de Français. Des millions de Français qui fréquentaient d’ailleurs de moins en moins la messe dominicale. Les scientifiques diront que rien ne se perd et que tout se transforme. Philippe Harrouard, alors présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne, qui s’imposa par la suite comme « spécialiste des questions religieuses » sur le service public, présenta cette messe « comme la messe d’un schisme, c’est-à-dire d’une division. » Un schisme que Mgr Lefebvre réfuta vigoureusement dans son sermon : « Nous ne sommes pas dans le schisme, nous sommes les continuateurs de l’Église catholique. Ce sont ceux qui font les nouveautés qui vont dans le schisme. » Quelques semaines plus tôt, en juillet, Mgr Lefebvre avait été frappé de suspens a divinis, c’est-à-dire interdit de donner les sacrements, pour avoir ordonné des prêtres de son séminaire d’Écône, malgré l’interdiction du Saint-Siège.
Acte fondateur du mouvement traditionaliste
Cette messe de Lille, par le nombre de fidèles qu’elle mobilisa, par le retentissement médiatique qu’elle connut alors, fut en quelque sorte l’acte fondateur du mouvement traditionaliste, principalement en France. Il sera « confirmé », six mois plus tard, par la prise emblématique de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, sous la conduite de Mgr Ducaud-Bourget.
Depuis un demi-siècle, ce mouvement « traditionaliste » a connu bien des vicissitudes, des péripéties, mais il est un fait indéniable : ces fidèles de 1976, un peu moqués parce qu’ils se rendaient à la messe avec leur gros « paroissien » sous le bras, que l’on considérait comme des nostalgiques du latin, pour tout dire des demeurés, et dont on pensait que le mouvement s’achèverait avec leur propre existence, ces fidèles, donc, ont apparemment fait pas mal de petits et d’émules. Certes, dans diverses « chapelles », mais le phénomène est toujours vivant. Ce n’était donc pas qu’une simple question de génération.
La disparition des soixante-huitards...
En revanche, ce qui semble être une question de génération, si l’on en croit ce défenseur de la liturgie traditionnelle qu'est le cardinal Robert Sarah, qui vient de s’exprimer dans le quotidien italien il Giornale, justement, sur la question liturgique, c’est bien cette aversion pour le chant latin et grégorien dans certains secteurs de l’Église. « L’aversion de certains cercles culturels autoréférentiels est plus psychologique que véritablement fondée, et je pense qu’il s’agit uniquement d’une question d’âge : lorsque la génération des soixante-huitards disparaîtra, disparaîtront également ces unilatéralismes infondés qui sapent le statut culturel même du catholicisme latin. » Un demi-siècle après Lille, la messe ne serait donc pas dite...









































58 commentaires
DROIT DE REPONSE qui respecte la charte, car je trouve que les propos du sieur K1974 que vous laissez passer sont intolérables et qu’en tant que Chrétienne je me sens offensée et ai le droit de le dire donc je posterai tant que vous censurerez mes propos
Mais qui pour qui vous prenez vous ? Pour Dieu ?
Donc si ceux qui vous dérangent, n’adhèrent pas à « vos idées et idéologie » soit ils doivent remonter le temps ou quitter la France
Bravo, quel super Chrétien vous faites, vous devriez avoir honte
Je vous invite à relire les Saintes écritures et d’être plus prêt du Seigneur que vous ne l’êtes car vous faites preuve d’une intolérance sans nom !
Je vis aussi au présent mais pas dans celui que vous aimeriez, et j’y ai autant ma place que vous d’ailleurs
Quand aux paroissiens , je doute que la totalité soient comme vous, et comme d’habitude vous généralisez comme le fameux « nous » dont vous nous saturez.
Je vous rappelle que le Saint Jean-Paul II qui a failli mourir , avait pardonné et non haï celui qui avait voulu le tuer, si ce n’est pas une preuve d’amour et de tolérance ….
Quand à vos deux papes dont vous prônez la grandeur d’âme, ils veulent toujours plus de migrants mais pas eux, du mal à comprendre je dois dire ….
En tous cas je ne me reconnais en rien dans ces deux papes et j’en ai le droit
Ceux qui veulent vivre dans le passé peuvent essayer de se téléporter dans les décennies précédentes.
Je ne suis pas sûr qu’ils y parviennent.
Au sein de notre Paroisse, les fidèles, qui vivent au présent, détestent ces traditionalistes rigoristes d’un autre âge.
Les dernières évolutions de notre religion vont dans le bon sens.
Associer davantage les femmes au culte est ainsi une mesure de bon sens.
Merci aux Papes François et Léon pour ces décisions ancrées dans le réel.
Un Pape n’est pas là pour haïr mais pour prôner la paix.
Donc, pour vous toute haine du pape serait condamnable, mais pas celle que vos paroissiens ressentent pour ‘les traditionalistes’. De mon côté, je peux vous assurer que les paroissiens de mon église ‘traditionnelle’ ne haïssent personne.
Les traditionalistes détestent les catholiques ancrés dans le présent.
Très fier aussi que notre Pape américain ait renvoyé l’inepte Trump à ses chères études.
Je vois où est l’intolérance en tous cas, quand on se dit Chrétien et qu’on tient de tels propos , non pas vous Atikva
Tous les gens que je connais sont bien plus de Jean Paul II que de françois et Léon….
En tous cas quelle honte que ces propos tenus et quelle intolérance envers quiquonque ne partage pas ses « idées » et son idéologie, un vrai Chrétien n’agit pas ainsi
Mon regretté grand père aurait eu de quoi lui répondre en tous cas, car lui était tolérance même si on ne partageait pas son avis
Quand on ferme d’office le débat c’est quand même grave
Je ne peux m’empêcher de penser à l’Evangile du Bon Pasteur, qui abandonne ses 99 brebis pour aller
la brebis perdue, qu’en est-il ?