Rave-party illégale dans les Deux-Sèvres : les agriculteurs sur tous les fronts

Obligés de faire régner l'ordre quand l'État n'y parvient pas, des agriculteurs ont délogé 2.000 teufeurs d'un champ.
Capture d'écran
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On les voyait hier main dans la main avec les pompiers en Gironde ou dans le Var pour tenter de venir à bout des incendies qui font rage. Les voilà aux côtés de la gendarmerie dans les Deux-Sèvres pour aider à faire régner l’ordre.

Comme si le travail ne manquait pas, en cette période de canicule où les horaires de moissonnage sont encadrés par les préfectures, des agriculteurs ont dû intervenir à Aubigny, sur le lieu d’une rave-party interdite, pour en déloger les teufeurs.

Un festival illégal sur un terrain agricole

Venus des quatre coins de l’Europe, ces festivaliers avaient cru pouvoir outrepasser l’interdit de la préfecture des Deux-Sèvres en installant, ce vendredi 31 juillet, leur campement dans le champ de Jérôme Rochard, éleveur d’ovins de la région. C’était sans compter la colère des riverains et des agriculteurs des environs affiliés à la Coordination rurale venus apporter leur soutien au propriétaire de la parcelle occupée par près de 2.000 personnes.

Si les forces de l’ordre ont sécurisé le périmètre, selon le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), ce sont bien les agriculteurs, faisant « ligne de front » avec leurs tracteurs, qui sont venus à bout de la rave-party dont les participants ont « défoncé » des grillages pour entrer, selon le fils du propriétaire qui témoignait au micro de TF1. Il faut dire que les paysans ont employé les grands moyens en répandant du lisier et en soulevant la poussière autour des barnums.

Et vers 17 heures samedi, les efforts de la petite centaine d’agriculteurs venue en renfort pour « déranger » les festivaliers ont payé, puisque ces derniers ont dû plier bagage, laissant, à minuit, le champ entièrement vidé de ses occupants.

Qui menace qui ?

Là où Ici Nouvelle-Aquitaine titrait, samedi soir, « Free-party en Deux-Sèvres : près de 2.000 teufeurs menacés par les agriculteurs de la Coordination rurale », les paysans y ont vu une tout autre réalité. Dans le même article, Jérôme Rochard expliquait bien que les feux étaient la principale inquiétude des agriculteurs qui ne peuvent pas se permettre qu’un incendie démarre sur leurs terres, alors que des bois jouxtent par ailleurs son terrain. Alors que la préfecture avait expressément interdit « tout rassemblement festif à caractère musical (free partys, rave-party, teknival) autres que ceux légalement déclarés ou autorisés », ce week-end, afin de « garantir la sécurité de tous », ce sont bien les milliers de teufeurs qui ont menacé Jérôme Rochard, et non l’inverse, mobilisant par ailleurs une dizaine de pompiers obligés, face au risque accru d’incendies, de se rendre sur les lieux en prévision.

Une situation que la Coordination rurale, « profondément en colère », exprime l’un d’eux auprès de France 3, ne veut plus voir perdurer. Sur ses réseaux sociaux, les responsables de l’antenne du 79 se sont montrés furieux qu’on « laisse faire » une telle situation face à des festivaliers qui « bravent les arrêtés, squattent nos terrains, ont des comportements irresponsables ».

Appelant l’Etat à prendre ses responsabilités, la CR s’est toutefois félicitée de la « grande solidarité du monde agricole » dont ont fait preuve 80 d’entre eux qui « en moins de 2 heures […] se sont réunis pour venir en aide à Jérôme et sa famille ».

Les agriculteurs sur tous les fronts

Une solidarité qui avait déjà fait ses preuves par le passé lorsque, à plusieurs reprises, ce sont des agriculteurs qui ont empêché la tenue de rave-parties dans l’Aude et en Lozère, en septembre et mai 2025, et dans le Cher, en mai dernier.

Depuis le début des incendies qui ravagent des milliers d’hectares dans plusieurs régions de France, les agriculteurs sont également en première ligne pour pallier le manque de secours et appuyer les gendarmes et les pompiers sur le terrain. « Sur le terrain, leurs tracteurs, tonnes à eau, outils agricoles et leur parfaite connaissance des secteurs touchés constituent un appui précieux dans la lutte contre les flammes », rappelle la Coordination rurale.

Vos commentaires

85 commentaires

  1. Décidément, entre les écolos, les rave-party, les gens du voyage, le mercosur, l’Ukraine, nos pauvres agriculteurs luttent sur tous les fronts sans oublier l’aide apportée aux pompiers , ils sont courageux et méritants, je leur apporte tout mon soutien

  2. Mr le professeur DOOMY 12H46.
    Vous croyez que la diminution de température nocturne empêcherai la déclaration d’incendie.Je suppose que vous ne vivez pas en campagne et qu’aucun lien vous relie avec les habitants de ces zones habitées par des crétins de la pire espèce.
    Le taux de siccité (je vous laisse le soin d’en rechercher le sens) ne varie pas suffisamment entre le jour et la nuit en période de canicule pour changer quoi que ce soit.
    Que vous vouliez que les gens de la terre ne travaillent que la nuit ,c’est une chose,j’ose espérer que vous vous appliquez cette règle à vous-même.
    A vous lire.

  3. Comment? Des agriculteurs riches de tracteurs et de récoltes qui expulsent sans ménagement des jeunes venus de loin en voitures de sports, qui vivent avec peine d’expédients pour faire des « études » qui veulent profiter de leurs vacances à rallonge, chassés sans ménagements par des rustres de la campagne?….
    Moi je dis: Bravo à ces agriculteurs travailleurs, qui se donnent du mal pour cultiver et vivre dealer exploitation. Ils ont bien fait de chasser ces nantis ou ces fils de nantis, ces  » bobos ».

  4. Deux réflexions au passage:
    1. Si les forces de l’ordre ont « sécurisé le périmètre « , ce qui veut sans doute dire en français non-techno qu’ils ont empêché d’autres teuffeurs d’arriver sur les lieux, notons que ce sont les paysans eux-mêmes qui ont pris le plus gros risque en allant à la confrontation à un contre vingt;
    2. On peut se demander aussi pourquoi ces « raves » (qui n’ont rien d’agricole) attirent tant les teuffeurs étrangers. Hypothèse : chez eux, que ce soit en Allemagne, Suisse, Italie, etc., le laxisme de l’Etat ne règne pas comme chez nous. Ce qui est interdit n’est pas toléré. Comme disait l’autre:  » la tolérance, il y a des maisons pour ça « , pas des champs ou des pâturages.

  5. Que ce soient les incendies ou les rave-parties, sans les agriculteurs rien n’est plus possible. On pourrait même dire qu’en France, l’état n’existe plus. Si on laissait faire l’état, il y aurait encore plus de destruction.

  6. Quelle erreur de s’en prendre au monde de l’agriculture ! Ce monde-là a toujours eu de la mémoire. Le moment venu, que ce soit devant une « rave-party » interdite ou une urne électorale il saura pour qui ne pas voter. Madame Rousseau n’en a sans doute rien à « p…. », mais elle subira tôt ou tard les conséquences de son irresponsabilité.

  7. J’ai été élevé à l’époque des films Westerns avec John Wayne qui faisait sa justice énergiquement car le sheriff était incapable de faire respecter la loi !! Serions nous revenu à cette époque où l’état est impuissant et que le bon peuple doit agir pour se défendre ?? Pour quand les chasseurs de prime ?? L’histoire est un éternel recommencement !!

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