A Lille, des magistrats peinent à cacher leur partialité lors d’un procès de militants identitaires
Fermetures intempestives de comptes bancaires ou de réseaux sociaux, perquisitions brutales et gardes à vue prolongées pour une banderole déployée, obstacles dans la recherche d’emploi… En France, les difficultés rencontrées par les militants identitaires sont de plus en plus pointées du doigt au fur et à mesure qu’est exposé le traitement exagérément brutal qui leur est parfois réservé.
L’impartiale justice serait-elle… partiale ?
Dans les tribunaux, le sentiment d’un traitement à part n’est guère moins prégnant. En témoignent les différentes décisions rendues à l’encontre de groupes ou de militants de droite, régulièrement condamnés pour leurs actions à des peines et des amendes parfois particulièrement lourdes.
Il arrive même que le parti pris de certains magistrats se traduise dans le mépris qu’ils peinent à cacher à l’égard de prévenus dont ils ne partagent pas, à en croire leurs réactions épidermiques, les opinions politiques. Pourtant, si la justice est appelée à juger les actes, et non les convictions, la neutralité de ceux qui la rendent devrait être de mise lors d’un procès, d’autant plus lorsque le jugement n’a pas encore été rendu.
Une volonté d’humilier les militants
« Que ce soit la présidente ou la procureur, les deux voulaient nous humilier », explique à BV Camille, porte-parole lilloise du groupe identitaire Nouvelle Droite. Elle comparaissait pour la première fois ce mercredi 26 août devant le tribunal d’instance de Lille, pour une action menée le 6 mars dernier lors d’un meeting de La France insoumise à Faches-Thumesnil.
Avec sept autres militants, elle était poursuivie pour « violences sur un élu public commises en réunion », après avoir perturbé le meeting insoumis à l’aide de pancartes qui affirmaient : « Aurélien Le Coq soutient la Jeune Garde ». L’élu présent ce jour-là, ainsi que l’ancien maire de la commune, Patrick Proisy, qui avait reçu de la farine au cours de l’action, avaient porté plainte, de même que six autres participants à la réunion publique.
Une désapprobation politique à peine cachée
Si ce type d’action militante non violente est régulièrement débattue devant les tribunaux, les magistrats ont effectivement semblé avoir ici particulièrement eu du mal à dissimuler leur désapprobation, non seulement à l’égard de l’action menée, mais aussi du fond politique qui la sous-tendait.
Au lendemain du meurtre de Quentin Deranque, tué par des membres de La Jeune Garde en février, cette action avait pour but de démontrer la proximité idéologique entre le mouvement antifasciste et La France insoumise, a tenté d’expliquer Camille à l’assemblée. « Ah oui, vous allez chercher loin quand même. » Si la présidente du tribunal a peiné à voir ce que même La France insoumise ne cherche pas à cacher, il a fallu que la militante lui rappelle les propos d’Aurélien Le Coq, qui avait apporté un « soutien total, plein, inconditionnel dans ses modes d’action » à La Jeune Garde, en son nom « mais aussi en celui de La France insoumise, de son mouvement et de son groupe parlementaire, qui comprend en son sein l’un des porte-parole de la Jeune Garde, Raphaël Arnault ».
Voici la vidéo des propos de Aurélien Le Coq, député et militant de la France insoumise : pic.twitter.com/EELsEXmUSi
— Camille Nouvelle Droite (@CamilleNDLille) August 28, 2026
Qu’importe pour la présidente du tribunal, qui a enjoint les militants à « reprendre [leur] Larousse », car, selon elle, il ne s'agissait en rien d’un « happening ». La procureur de la République a, de son côté, jugé que l’opération relevait du « niveau zéro de l’action politique ».
« Lorsque nous lui avons expliqué que nous utilisions des lunettes Meta pour filmer nos actions afin de les diffuser sur les réseaux sociaux et de disposer d’images en cas de déclarations mensongères concernant nos méthodes d’action, celle-ci [la procureur] a répondu : “On se croirait dans un mauvais film d’espionnage.” » Des tentatives d’humiliation, selon Camille, qui se sont aussi illustrées par les propos de la procureur qui a traité de « lâches » les prévenus absents du procès. Une compassion à double vitesse en revanche lorsque Cyril, l’un des militants, a déclaré à la barre avoir été poussé au sol par l’une des intervenantes au meeting et que la procureur lui a répondu : « Oui, mais quand vous venez perturber une réunion, vous devez vous attendre à une réaction de la salle. »
Autant d’écarts où l’on pouvait sentir poindre un brin de subjectivité dans les déclarations des magistrats, mais qui, pour Alice Cordier, relèvent déjà d’un véritable scandale. La militante féministe identitaire, qui connaît la justice pour s’y être frottée à l’issue d’actions militantes réalisées avec son collectif Némésis, souhaite dénoncer « ce que la justice nous fait subir et les moyens déployés quand il s’agit de militants de droite ».
Ce qu’il se passe concernant les militants identitaires en ce moment est absolument SCANDALEUX.
Il va vraiment falloir qu’on dénonce en masse ce que la justice nous fait subir et les moyens déployés quand il s’agit de militants de droite, pour le vivre et le voir c’est… https://t.co/2RVXeizPk7
— Alice Cordier (@CordierAlice2) August 27, 2026
La justice ne s’en est pas arrêtée aux remarques piquantes lors du procès des militants de Nouvelle Droite, puisque la procureur a requis pas moins de 18 mois d’emprisonnement à l’égard des huit activistes, y compris ceux qui n’ont fait que filmer l’opération. Preuve, pour Camille, qui verra le délibéré tomber le 18 septembre prochain, d’une « réelle volonté de condamner notre mouvement et nos idées plus que nos actes ».
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